• Solution du chien méchant n°271: le Clued-Unil d’Halloween

    L’assassin est…

    …une cheffe de rubrique (dont le nom sera gardé secret, par souci d’anonymat)! En effet, vous aurez remarqué la tâche de vin sur le pull de la cheffe de rubrique, qui provient de la bouteille de vin français retrouvée à côté du cadavre. Apparemment, le prof de grec a eu une relation avec les deux cheffes de rubriques, à l’origine de ce fratricide. Morale: les rédac chefs détenaient l’info cruciale, il se passe des choses à l’uni dès 23h et l’abus d’alcool nuit à la santé.

  • A la rencontre de Christophe Terribilini

    A la rencontre de Christophe Terribilini

    Photo : ©Inès Terribilini

    Propos recueillis par : Furaha Mujynya

    Dans quel genre placerais-tu tes livres ?

    C’est justement la grosse question. La première fois que je suis arrivé chez Payot on m’a demandé « on le met dans quel rayon ? » Soit ce sont les romans, soit ce sont les polars, soit c’est l’histoire de l’art, soit c’est histoire et c’était difficile à [déterminer]. Le dernier livre qui est sorti, la maison d’édition elle fait un truc roman noir, même si ce n’est pas vraiment noir noir, comme ça, c’est catalogué et ça part dans les thrillers et c’est clair dans l’histoire. Donc ce n’est pas lié à l’histoire de l’art ou à l’histoire en général mais c’est catalogué dans les thrillers. Ça c’est une option qu’ils ont choisie, parce que c’est vrai qu’aussi les lecteurs ça marche un peu mieux dans les thrillers que dans d’autres domaines.  Pour certains [livres] c’est plus énigmatique et moins policier ou roman noir etc. D’ailleurs je n’aime pas rester dans un genre.

    Pourquoi est-ce que l’art se trouve toujours au centre de tes romans ?

    Enfaite c’est parce que j’adore l’art, j’adore lire –bon la pièce de théâtre [Le Journal de Franck], elle est pas du tout dans le même domaine – mais c’est venu un peu par hasard, j’ai toujours aimé l’art et puis c’est sur la recherche d’une œuvre que je suis arrivé à écrire.

    Pourquoi lier art et crime ?

    Quand j’étais plus jeune j’adorais les Yann Pierce, c’était un auteur qui écrivait sur un commissaire à Rome, qui était dans le secteur des œuvres d’art, des recèles d’œuvres d’art ou des choses comme ça, avec son inspectrice, et puis il y avait encore un consultant anglais qui arrivait là. C’était toujours dans ce domaine, justement il y avait une œuvre qui disparaissait et j’adorais ce mélange-là, j’ai toujours été titillé par ce genre de roman là, donc voilà. Comme je suis libre d’écrire ce que je veux, j’écris dans le domaine que j’aime.

    Quel est le travail historique que ce type de roman demande ?

    Ça dépend tout du roman, surtout de l’œuvre par laquelle je démarre, alors c’est chaque fois en fonction de l’œuvre – ça va faire des recherches sur internet, dans les bibliothèques, dans les voyages, je vais sur place, je vais dans les musées et bibliothèques sur place ou encore dans les lieux. Par exemple la première œuvre, elle est partie en Angleterre, je l’ai fait analyser etc. ça part un petit peu dans toutes les recherches. C’est ça que j’adore ; je pars d’une petite idée, soit une œuvre soit une idée, puis là tu vas creuser et plus tu creuses et plus y’a des choses extraordinaires plus y’a des choses qui se relient entre elles et c’est là que ça crée l’histoire toute seule, derrière les recherches et c’est ça le côté intéressant, c’est vraiment d’aller chercher les infos, et puis creuser, c’est le bon moment avant d’écrire. 

    Dans ces récits, est-ce que la réalité historique se mélange à la fiction ou s’agit-il de narratifs complétement fictionnels ?

    C’est ce que j’aime : laisser le doute aux gens, on me pose souvent la question. Non mais bon, ce qui se passe dans le présent c’est généralement narratif, c’est inventé, je crée mes personnages et mes histoires sur le présent et tout ce qui est historique, 80-90% de ce qui est historique est vrai. C’est aussi ce qui m’intéresse, je ne vais pas inventer des vies complétement farfelues à des personnages historiques, donc le contexte, les personnes, [sont réels]. Si on veut creuser les petites choses, je vais aller très profond pour être sûr d’avoir les informations, que celui-là a pu rencontrer celui-ci à cette époque, à cet endroit et que y’a des documents etc. J’aime bien aller apporter quelque chose de réel dans ce qui est historique. 

    Est-ce que tu as toujours été passionné par l’art ?

    J’ai été baigné dans l’art. Depuis tout petit j’ai été baigné dans la Toscane, la Florence et les musées en général donc ça fait partie de moi. 

    Pourquoi présenter les œuvres dans un contexte fictionnel et pas une étude historique traditionnelle ?

    Et bah ça a débuté normalement ; par une étude, justement la première œuvre c’était une fresque qu’on a dans la famille – enfin un banc de fresque qu’on a hérité quand j’étais tout petit dans la famille – et puis je me suis dit, y’a maintenant pas mal d’années, mais on dit toujours que c’est « notre Léonard de Vinci » mais qu’est-ce qu’il en est vraiment ? Et puis un moment donné, mon père était déjà décédé, je me suis dit je vais un peu chercher l’histoire de cette fresque, d’où elle nous est venue, qui nous l’a légué, pourquoi, qu’est-ce qui avait comme documents – il y avait déjà des recherches qui avaient été faites dans les années soixante – comment elle a été retrouvée et pis tout son pedigree et je suis allé la rechercher et puis cette fresque, je voulais avoir un avis professionnel, je l’ai donné à Christie’s à Genève qui ont trouvé très intéressant et ils m’ont donc demandé s’il pouvait la faire analyser à Londres, donc elle est partie à Londres et puis elle est partie [se faire analyser] sous toutes les coutures ; carbone 14, test des pigments d’encres. Donc effectivement le support est d’époque, c’est de la Renaissance, c’est très proche d’un dessin que Léonard De Vinci avait fait à Milan. Donc je suis allé à Milan, voir le musée qui m’a ouvert les portes pour aller voir les dessins préparatoires qui étaient dans les tiroirs. Je suis allé à Rome, parce que c’est là qu’elle a été découverte, retrouvée, amenée. Donc j’avais quelques objets historiques et c’est en cherchant toutes ces informations-là, c’est après ces recherches où je me suis dit « nan mais c’est extraordinaire, j’ai toute l’histoire de cette fresque qui est là, il manque quelques petits bouts à raccommoder » et puis est-ce que je vais livrer ça à ma famille – parce que le but c’était savoir ce qu’il en était vraiment de cette fresque – le côté théorique avec les recherches et ce qui est en est. Et puis je me suis dit, il suffit de rajouter un petit peu de sauce autour et puis ça fait un roman, donc j’ai à peine rajouté quelques éléments et ça m’a fait mon premier roman. C’était pour offrir donc cette étude que j’ai fait sur cette fresque à mon entourage, aux personnes que ça intéresse, sous une forme un peu plus ludique que juste un travail de recherche simple et puis je me suis pris au jeu.

    Quelles sont tes influences dans le monde littéraire et le monde de l’art ?

    Dans le monde de l’art, à la base, c’est vraiment la Renaissance italienne, c’est vrai que c’est resté encré en moi, l’impressionnisme, le postimpressionnisme, le 20ème siècle. Après justement en fonction de mes recherches et des lieux que j’ai étudié, je me suis intéressé à d’autres lieux, d’autres périodes de l’histoire de l’art. Toutes les périodes sont intéressantes quand on s’y plonge. Après la littérature, chez nous c’était une bibliothèque entière, mon père qui lisait jour et nuit, toujours un livre dans la main, on a aussi toujours été baigné là-dedans, j’ai une approche littérature assez éclectique, ça va des classiques français – des Balzac, Anatole France au plus modernes américains, ou Frédéric Lenoir ou Jonathan Coe. C’est assez divers, j’aime bien changer, varier les genres, des auteur·e·s suisses aussi, j’aime bien découvrir des noms qu’on connaît pas. Y’a les prix de Lausanne, y’a des gens qui sont proches qui écrivent des choses, y’a tellement de bouquins qui sortent chaque année qu’on n’entend jamais en parler. On ne pioche pas toujours quelque chose de magnifique mais parfois y’a des petites merveilles, donc je pars à gauche à droite.

    En quoi la pièce de théâtre « Le Journal de Franck » diffère des autres récits que tu as publié ?

    C’est une pièce de théâtre. Le journal de Franck ; je me baladais dans un parc et j’ai eu une idée un peu saugrenue, qui n’avait rien à avoir avec l’art et je me suis dit ah bah tiens je vais creuser quelque chose, puis je me suis dit une forme de pièce de théâtre ça peut être sympa et je peux me lâcher et c’est un peu d’humour noir. Je travaillais à la revue de Lausanne, et on s’amusait à écrire des sketchs et des chansons et de les jouer. On écrivait quand même pas mal de sketchs, rarement des pièces de théâtre comme ce n’était pas le style qu’on faisait. Je me voyais déjà sur les planches à imaginer mes personnages dans un humour un peu particulier.

    Quelle est l’idée de départ de cette pièce ?

    Je me voyais un personnage ignoble, et un jeune qui souffrait et qui s’est dit « J’aimerais qu’une fois mon père soit bon » mais d’une façon cuisinée. C’est parti de ça.

    Que fut le processus de création derrière ton dernier roman Le Vol de la Muette ?

    Le déclic, c’était un voyage en famille, on revenait de vacances du sud de l’Italie et on est passé par Pesaro et on s’est dit on va aller à Urbino qui n’est pas loin, parce que c’est quand même la ville natale de Raphaël. Au palais Ducal, dans la ville natale de Raphaël, il n’y a qu’un seul tableau de lui ; c’est la Muette. Puis il y a un petit explicatif écrit à côté, [qui explique que] longtemps il était attribué à son maître Perugino [Le Pérugin] et non pas Raphaël, ensuite on n’est pas sûr du sujet, on ne sait pas qui c’est, on ne sait pas qui a commandité le tableau, donc il y a beaucoup de peut-être. Normalement on n’écrit rien ou on écrit des certitudes, mais là y’a beaucoup d’incertitudes. Après y’avait un dessin à côté qui montrait qu’il y avait eu des retouches plus tard du tableau. Y’a beaucoup de choses comme ça qui m’ont titillé. Déjà ce tableau il est sympa, c’est une période quand même assez particulière et puis ils attribuaient la commande à quelqu’un, où ça m’étonne en fonction de l’époque. J’ai fait mes propres recherches et je n’arrive pas aux mêmes conclusions que le musée Ducal. Quand j’arrive à creuser à gauche à droite, et je vois un peu l’historique, je n’arrive pas aux mêmes conclusions qu’eux sur qui a commandité l’œuvre et puis qui peut-être le sujet de l’œuvre. Donc je me suis dit autant l’écrire sous forme de roman.

    Est-ce que Le Vol de la Muette est le premier roman qui a été édité par Cohen&Cohen ?

    Oui c’est mon premier. Là je suis tombé sur un bouquin chez Payot, de chez Cohen&Cohen, justement dans le milieu de l’art, une aventure policière avec énigmes etc. Et je me dis tiens intéressant, c’est un peu mon domaine. Là je vais voir sur le site de l’éditeur, et c’est exactement ce qu’ils font. Donc c’est une petite maison d’édition parisienne spécialisée dans les livres d’art, les beaux livres. Ils ont justement beaucoup de prix pour les livres qu’ils font, parce que ce sont vraiment des beaux ouvrages. Mais ils ont aussi une collection parallèle sur des policiers et autres romans noirs, dans le domaine de l’art. Et je me dis, c’est exactement mon domaine. Et là effectivement je les ai contactés et c’est passé tout droit. Pour moi c’est quand même assez honorifique, que mon travail soit reconnu, parce que ce sont des spécialistes du monde de l’art.

    Est-ce que c’est plutôt avec des éditions suisses que tu as travaillé auparavant ?

    Alors moi, les premiers bouquins, j’ai fait en auto-édition. Y’a pléthores de possibilités, évidemment ce n’est pas une garantie d’égalité parce qu’on peut éditer son bouquin, mais au moins on peut sortir son bouquin et puis le proposer. Ce n’est pas trop cher, parfois ça coûte même rien du tout. Ça permet quand même de pouvoir diffuser son bouquin facilement. […] Tous les bouquins sont disponibles par internet, en passant par les Amazon, par Fnac, par Payot, partout. Toutes les librairies [en ligne] sont accessibles même en auto-édition, les bouquins sont tous accessibles. Mais au moins avec un éditeur, le bouquin est présent dans les librairies.

    Tu as écrit nouveau roman qui va bientôt sortir « Le Goût de Rembrandt », est-ce que celui-ci rentre dans le même genre que tes romans précédents ?

    Il est en attente chez l’éditeur et devrait voir le jour bientôt. Et je viens d’en terminer un autre [artiste], un ancien italien ; Arcimboldo. Je viens de le terminer et il sera un peu plus gore comme roman. 

    C’est un bouquin [le goût de Rembrandt], où je ne suis pas parti d’un tableau, je suis parti de l’absence d’un tableau. J’ai lu un article qui disait qu’on vient de retrouver un Rembrandt, vendu aux enchères aux États-Unis ou à Paris. Il a été vendu à une quelque centaine d’euros, parce qu’on croyait que c’était un vieux tableau [anonyme]. Il a été découvert qu’il s’agissait d’un Rembrandt de ses premières œuvres. Il avait fait 5 œuvres, les cinq sens de Rembrandt, ce sont ses premières œuvres reconnues, mais peu connues et elles ont disparues avec le temps et une ou deux ont été retrouvées, et celle-là a été justement retrouvée il y a quelques années par ce biais-là. Et il en manque un ; le goût, pour faire les cinq sens. Il y a une exposition qui s’est faite à Oxford, où sont exposées les cinq et il y avait un cadre vide pour le goût et les enfants ou les adultes pouvaient s’amuser à dessiner comment est-ce que le tableau aurait pu représenter le goût par rapport aux autres sens. Et c’est justement retrouver ce tableau-là ; j’ai fait les recherches pour comment on y arriverait. On est donc plus dans l’histoire inventée que dans le réel. En attendant de retrouver le goût, moi je l’ai retrouvé dans mon bouquin.

  • Rencontre avec Alicia Mendy

    Rencontre avec Alicia Mendy

    Illustration : screenshot du court-métrage réalisé par Alicia Mendy, Entre Mer et Ciel (2022)

    Propos recueillis par : Furaha Mujynya

    (Interview intégrée dans l’article « À Lausanne on respire le cinéma »)

    Est-ce que tu suis une formation de cinéma ? Si oui, laquelle et depuis combien de temps ?

    Je suis en 3ème et dernière année de bachelor à la HEAD en cinéma en option réalisation.

    Quels sont les avantages d’une formation officielle en cinéma, dans ta production de film ?

    Un cadre, une structure qui te pousse à te lever et être sûre de travailler et en vrai ça t’apporte des outils d’ouf que t’as pas…. Tu ne vas pas avoir accès à ce genre de matériel comme ça et puis pour apprendre à l’utiliser, c’est plus simple quand y’a des gens qui sont là pour te former et t’expliquer. Et à la HEAD on a que des intervenants différents toutes les semaines ou deux, trois semaines ou un mois, on a que des ateliers. Du coup, on travaille tout le temps avec des professionnels du cinéma qui sont là pour nous former, que ce soient des scénaristes, des chefs déco etc. Comme ça on est constamment formé par des gens qui travaillent là-dedans.

    Quelles sont tes influences cinématographiques ? (réalisateur/trice, genre de cinéma, pays, période) 

    J’avoue que moi j’ai l’impression que mes plus grandes influences visuelles, c’est des photographes ; plutôt de la photographie, principalement de photographes ouest-africains, beaucoup du Nigéria comme ça. Après, ce sont plus des genres qui m’influencent, je suis hyper influencée par le cinéma fantastique, d’ouf, malade depuis toujours, depuis que je suis petite. Genre vraiment mes influences fantastiques c’est Pirates des caraïbes et Twilight, vraiment le cinéma fantastique ça m’a toujours hyper fasciné et c’est ce que je veux faire. Mais y’a pas un réalisateur, y’a pas un courant où je suis adepte d’un truc, y’a des défauts et des points positifs dans tout. Et du coup y’a pas un truc que je kiffe fanatiquement.

    Dans la production de tes courts métrages, quel est ton/tes rôle(s) ?

    Là principalement, je fais souvent mon image et je réalise en même temps. Je fais principalement mon image, ma réalisation, le scénario et la musique, je compose la musique aussi.

    Combien de courts métrages (vidéo) as-tu déjà réalisé ? Qu’as-tu le plus apprécié dans la production de ceux-ci ?

    À partir de la HEAD, en première on en a fait 3, et en deuxième j’en ai fait deux, donc ça fait cinq. Moi, j’aime beaucoup les tournages parce que j’essaye un peu, chaque fois, de créer des ambiances où les personnages, ils peuvent s’amuser aussi. Je ne vais pas aller tourner en haut d’une montagne où il fait froid. Mais j’essaye toujours de créer des environnements cools pour les personnages et du coup mes acteurs y prennent aussi du plaisir. Tu peux créer des relations intimes avec une personne. Moi, la caméra ça me permet des fois quand j’ai envie de créer une relation avec quelqu’un, par rapport à un travail que j’ai envie faire, mais que je ne sais pas trop comment aborder la personne socialement, bah la caméra ça me permet d’avoir un prétexte enfaite pour créer un lien avec cette personne, que ça soit un tonton ou un jeune, c’est comme si on allait boire un café mais du coup c’est version caméra.

    Tu mettrais tes productions cinématographiques dans quel genre ?

    Plutôt genre fantastique, c’est ce que je vais essayer de faire le plus. Enfin par rapport aux normes occidentales c’est considéré comme du fantastique.

    Est-ce que c’est facile de trouver des acteurs/actrices ainsi que des lieux pour filmer tes projets ?

    Non. Mais vu qu’on est un peu des étudiants, en galère je pense qu’on ne vise jamais le summum, mais on trouve en fonction de ce qu’on a. On dit : « bon bah je sais que j’ai ça chez moi ou à côté de chez moi, je pourrais avoir accès à ça ». Donc je crée avec ce que j’ai déjà un peu sous la main. On ne va pas se dire que j’ai envie de faire un court-métrage au Louvre. Les acteur·trice·s c’est galère ; parce que c’est tellement galère d’être acteur·trice, du coup tu fais plutôt parfois des castings en fonction des personnages, « ah ce mec il est trop cool, il parle comme ça, je sais qu’il est capable de jouer ça ». Des fois t’écris même parfois par rapport aux personnes qui t’entourent. Moi j’ai jamais fait un casting, où j’ai fait postulé des gens ou quoi. J’essaie de trouver des gens – pas forcément toujours dans mon entourage – ça peut être sur les réseaux sociaux ou dont j’ai entendu parlé ou des fois même des gens que j’ai croisé dans la rue. C’est ça le casting sauvage ; tu vas dans la rue et dès que tu croises quelqu’un t’es là « hey salut » pleins de fois j’ai dû prendre des numéros et tout et puis y’en a même avec qui j’ai tourné des fois et tout, donc c’est plus une question de feeling.

    Est-ce que tu te vois poursuivre une carrière à Lausanne ou en Suisse ? Si non où ?

    Pas à 100%, dans le sens que par rapport aux choses que j’ai envie de défendre politiquement etc. ça sera plutôt dans d’autres environnement, donc pas à 100%. Mais après je ne suis pas fermé à l’idée de faire des films et des choses ici, on verra bien où je peux trouver des fonds pourquoi et comment est-ce qu’ils s’accordent, donc ça dépendra de beaucoup de choses.

    Où voudrais-tu donc filmer en dehors de la Suisse ?

    Plutôt d’où vient mon papa, donc plutôt vers le Sénégal et la Guinée Bissau.

    Considères-tu qu’il existe suffisamment d’opportunités en Suisse pour que les jeunes réalisateur·trice·s montrent leur travail au public ? (Festival, concours amateur)

    En fait ça dépend à quel point. Parce qu’avec des festivals de cinéma tu vas toujours toucher les mêmes publics – ça sera des vieux bourgeois et de temps en temps quelques jeunes qui travaillent là-dedans et puis les gens du milieu. Mais c’est quand même un certain type de population qui sera dans des festivals de films, donc franchement ça dépend de quelle population tu cibles, ça dépend de qu’est-ce que c’est ton but et ça dépend à quel pays tu compares et je ne sais pas ce que ça veut dire « assez ». Mais en tout cas y’a déjà des festivals de cinéma en Suisse, donc déjà ça c’est cool. Dans tous les festivals de films en Suisse y’a toujours des sections étudiantes.

    Ton dernier court-métrage s’appelle « Entre mer et ciel », n’est-ce pas ? De quoi parle-t-il ? Quand est-ce qu’il sortira sur les réseaux ?

    Je l’ai mis sur YouTube en privé mais bientôt je le remettrai en mode « public ». Ça parle de quoi ? Ça parle d’exil, d’exil forcé dû aux migrations du continent africain et c’est un peu une représentation de ce que les îles, enfin de ce que tu peux vivre à partir des mondes que tu crées pour survivre. Ça parle d’exil, de migration, de rêves, de beaucoup de rêves qu’on a et de rêves qui se brisent quand tu viens dans un pays et que c’est pas du tout comme tu t’y attendais, ça c’est un truc qui me touche le plus. Les tontons, ils nous parlent de leur exil ; c’est qu’ils avaient tellement une autre image de l’Europe, même pas sur les plans technologiques et tout ça, mais un endroit où on traite les gens avec dignité et c’est pas trop le cas quoi, en tout cas pas pour les populations racisées, immigrées. Et du coup mon court-métrage parle d’un concierge qui est parti de son pays. J’ai filmé au Sénégal, en Guinée-Bissau et en Suisse.

    C’était ta première fois en Afrique ?

    Oui première fois que je filmais [là-bas]. J’avais pas prévu de filmer en Guinée Bissau mais tous les matins ma famille me réveillait pour que je vienne filmer des trucs, parce que y’avait pas moyen que je sois là avec une caméra et que je les filme pas. Tout le monde voulait être filmé, parce qu’en Guinée Bissau… bon ils savaient qui j’étais et d’où je sortais, c’est ma mif, mais ils étaient trop chauds au village alors qu’à Dakar les gens ils ne veulent pas être filmés. Pas du tout. J’ai dû faire un clip là-bas et on a tellement galéré à trouver une fille.

    As-tu déjà participé à un concours/festival ?

    Non parce que j’avais jamais inscrit mes courts-métrages avant. C’est la première fois que j’inscris mon court-métrage parce qu’avant c’était un peu des expériences, des tests… Maintenant je veux un peu voir ce que ça donne, du coup j’ai commencé à les inscrire, mais seulement depuis même pas un mois. 

  • Le couple face au monde numérique

    Le couple face au monde numérique

    Rédigé par : Lucie Ostorero

    COMMUNICATION • Aujourd’hui, il est possible d’avoir accès à Internet depuis n’importe quel endroit, à tout moment : nous vivons dans une société hyperconnectée. Ce phénomène impacte considérablement le quotidien et les relations sociales de chacun·e.  Quels sont les effets de cette connexion constante sur les relations amoureuses ? 

    Selon une étude menée en 2020 par la Haute école de Zurich, les jeunes passent en moyenne 5 heures par jour sur leur téléphone. En Suisse, le taux d’utilisation d’Internet a augmenté de manière considérable : en 1997, seulement 7% des personnes âgées de 14 ans et plus disaient utiliser Internet plusieurs fois par semaine. En 2020, selon les données de l’Office fédéral de la statistique (OFS) ce taux est monté à 89%. Ces chiffres montrent bien le phénomène d’hyperconnectivité, provenant de la multiplication et la généralisation d’accès aux technologies de l’information et de la communication (TIC). Ces outils font partie intégrante de notre quotidien, chacun·e ayant accès à Internet et à autrui dans sa poche. L’hyperconnexion ou hyperconnectivité transforme inévitablement la manière dont les individus communiquent et plus généralement les relations sociales.

    Des tensions dans le couple ?

    L’arrivée des TIC dans la sphère privée a transformé les échanges entre individus ; en effet, l’accès au monde « extérieur » est facilité par ces outils technologiques. Sophie Demonceaux, maître de conférence à l’université de Bourgogne, souligne que ce phénomène a pour conséquence de renforcer d’individualisation dans la société mais également dans le couple. Selon elle, il y a une « augmentation de l’autonomie des partenaires sur le plan communicationnel ». La communication au sein du couple diminue et celle-ci est remplacée par les activités sur Internet.

    Etant chronophages, les activités numériques sont souvent la source de conflits dans les couples

    Selon certains chercheurs en sciences sociales tels que François de Singly et Erving Goffman, les activités communes semblent être indispensables pour le bon fonctionnement de la relation amoureuses, cependant ces moments privilégiés à deux sont mis à mal par les usages que certaines personnes font des TIC. Par exemple, lorsque le téléphone vibre durant un échange verbal du couple, ils coupent court à la discussion – la notification prend le dessus sur la conversation. Etant chronophages, les activités numériques sont souvent la source de conflits dans les couples. Des phénomènes comme la cyberfouille – consistant à regarder le téléphone de son·sa partenaire sans son accord -sont les résultats de cette hyperconnectivité : il y a une méfiance de l’autre, car il est impossible de savoir exactement ce qu’il·elle fait sur son appareil.

    De nouvelles formes de communication

    Malgré le discours pessimiste de certain chercheur·euse·s quant aux effets de l’hyperconnectivité sur la communication dans le couple, les TIC apportent également des nouvelles manières d’être ensemble. Les spécialistes montrent que :  «[…] l’individu construit son identité tant dans ses relations familiales que dans ses relations à l’extérieur du foyer.» Les TIC peuvent, de ce fait, être un bon moyen de cultiver cet épanouissement personnel. En plus d’accentuer le bien-être de chacun·e au niveau individuel, ces types d’activités peuvent également être partagées entre les partenaires et il existe alors la possibilité de créer des nouveaux liens avec l’autre. Les technologies d’information et de communication permettent également au couple de maintenir un lien rapide et efficace lorsqu’il est séparé.

    les TIC apportent également des nouvelles manières d’être ensemble

    A travers les messages, les appels téléphoniques et autres moyens de communication, la paire garde une certaine continuité dans leurs échanges. Cependant, il ne faut pas oublier que cette connexion constante peut parfois donner l’impression de ne plus avoir de sujets de discussion lorsque le couple est réuni physiquement.

  • Coqs en stock

    Coqs en stock

    Illustration : ©MAH Musée d’art et d’histoire, Ville de Genève. Ancien fonds

    Rédigé par : Killian Rigaux

    COMBAT • Les duels de coqs, faisant partie intégrante de la culture Sud-Est asiatique et de certains départements français, sont remis en cause dans ces derniers. Tour d’horizon de l’histoire d’une pratique millénaire.

    Plus de 46’000 (17.09.2022) internautes Français·es souhaitent que leur emblème national ne soit plus l’objet de combats dans des gallodromes, d’après une pétition lancée par la militante Gabrielle Paillot. Les duels de coqs sont déjà interdits dans la plupart des départements mais demeurent dans le Nord, le Pas-de-Calais, la Martinique et la Guadeloupe, où ils sont considérés comme traditionnels. Ils sont ainsi autorisés, au même titre que les corridas ailleurs en France. Lors des combats, deux coqs s’affrontent devant leurs propriétaires et l’arbitre dans une arène bordée de parieur·euse·s.

    Une pratique royale
    Si le coq provient d’Asie du Sud-Est, où il a été domestiqué aux alentours de 6000 av. J-C., les traces des premiers combats documentés apparaissent dans le monde grec, au milieu du VIIe siècle av J.-C., d’après le magazine L’Histoire. La revue mensuelle rapporte que les propriétaires de coqs de l’époque les nourrissaient alors d’ail pour stimuler leur agressivité. Les confrontations rassemblaient aussi les parieur·euse·s, qui misaient sur le sort des créatures dont la vie est estimée à quatre ou cinq combats. Les combats ne sont pas restés cantonnés au pourtour méditerranéen et ont notamment gagné l’Angleterre. Une gravure de William Hogarth effectuée durant la guerre de sept ans, Le combat de coqs, décrit une confrontation dans l’arène royale du parc londonien de St James.

    Des combats remis en cause
    Les duels de coqs sont aujourd’hui loin de leur stature royale passée. L’association de défense des droits des animaux Stéphane Lamart dénonce une pratique « douloureuse pour les coqs à la fois dans sa phase de préparation et dans le déroulement des combats ». L’association déplore la préparation des coqs antillais, qui sont notamment en partie plumés et enduits de rhum. Les conditions de vie des gallinacés, isolés de leurs congénères, sont aussi dénoncé·e·s. Pour leur partisan·e·s, la pratique n’est nullement barbare, les coqs ayant une tendance naturelle à se battre lorsqu’ils aperçoivent d’autres mâles. Lors des combats, les coqs sont par ailleurs équipés d’ergots en corne ou en métal – souvent acérés, comme l’illustre un fait divers rapporté le 27 octobre 2020 par Le Matin : un policier philippin a été tué lors de l’interruption d’un combat illégal, un ergot lui ayant sectionné l’artère fémorale. Bien que moins mortel, le combat de reines avait aussi été remis en cause au mois de mai 2022 par la branche suisse de l’association PETA (People for the Ethical Treatment of Animals). L’initiative française s’inscrit ainsi dans la lutte actuelle de protection des animaux, opposant à nouveau le bien-être animal aux coutumes.

  • Musées isolés et adorés

    Musées isolés et adorés

    Photo : © »Citrouille » de Yayoi Kusama par Kirill

    Rédigé par : Furaha Mujynya

    TOURISME • Des musées esseulés sur des îles ou au milieu de la forêt parviennent à attirer suffisamment de public pour subvenir à leurs besoins. Tout en faisant découvrir des œuvres en symbiose avec l’environnement dans lequel ils se trouvent, ces musées sensibilisent la population sur les questions relatives à la santé de leur planète.

    Il existe plusieurs musées qui, loin d’être au centre-ville ou dans des régions denses, se trouvent cachés dans la forêt, dans le désert ou isolés du monde sur une île. Parmi eux, on compte le parc artistique d’Inhotim au Brésil, le musée James Turrell en Argentine ou encore l’île-musée de Naoshima au Japon. Non seulement ces musées attirent un public toujours grandissant, mais ils ont également fait, dans certains cas, renaître l’économie moribonde de ces régions isolées. Le site artistique de Benesse, créé à la fin des années 1980 par Tetsuhiko Fukutake et Chikatsugu Miyake, a permis de raviver l’intérêt envers cette île japonaise. Fukutake, président d’une compagnie d’édition, et Miyake, maire de l’île de Naoshima, ont su créer un centre culturel florissant qui attire de nos jours un public international. Le premier musée du site artistique a été ouvert en 1992 et a été suivi de dix-sept autres constructions à travers les années – qu’il s’agisse de musées, d’installations externes ou bâtiments complémentaires. La pêche et l’industrie de fusion de cuivre constituaient les deux activités économiques principales de l’île de Naoshima avant l’arrivée du projet.

    Le site artistique Benesse a transformé l’île en un espace hybride liant agriculture, nature et art

    Des musées reclus et pourtantprospères
    Cependant, grâce à la conception translocale de l’espace, le projet Benesse a pu transformer l’île en un espace hybride liant agriculture, nature et art. Bien que commencé sur l’île de Naoshima, le site Benesse est de nos jours constitué des trois îles ; Naoshima, Teshima et Inujima, toutes situées dans la mer intérieure de Seto. Les installations artistiques servent donc à raviver l’économie des îles fortement dépendantes de leur production agricole et piscicole. L’anthropologue J.W. Traphagan souligne que la promotion du tourisme est une solution qui est employée par de nombreux·ses fonctionnaires gouvernementaux·ales dans des zones rurales, en périphérie des villes ou isolées comme les îles et montagnes. Ainsi, le potentiel de ces îles japonaises, en tant que destinations touristiques rurales, est amplifié par la mise en place de jardins botaniques, notamment le « Jardin de Vie », ou de balades artistiques comme la « Forêt des murmures » et bien d’autres installations. Afin d’attirer du public, des hôtels, spas, parcs, restaurants et plages furent également développés, transformant ainsi la visite de musée en une expédition pouvant s’étaler sur plusieurs jours.

    L’art en symbiose avec la nature
    La première construction de Naoshima fusionne l’hôtel et le musée. Les chambres offrent non seulement une magnifique vue du site, mais elles permettent d’entrer en contact avec les œuvres du musée. Bien que le projet artistique japonais ait été conçu dans une optique de régénération économique, il a tout de même permis aux îles d’obtenir le statut de réserve naturelle, une première au Japon.

    © Inhotim par Camilla soares

    Il existe également plusieurs installations qui ont été conçues pour l’île et qui s’intègrent parfaitement dans cette recherche d’une « coexistence de l’art, la nature et l’architecture » – l’objectif du site artistique de Benesse, d’après leur site officiel. En incorporant plusieurs œuvres dans le paysage naturel de l’île, le site permet ainsi d’étendre les expositions des musées en dehors de leurs murs. Parmi les installations externes, se trouvent « Tom Na H-iu » par Mariko Mori – une sculpture en verre qui brille en fonction des données reçues sur la mort de supernovae – ainsi que la « Forêt des murmures » – une balade à travers des carillons, qui sonnent au rythme du vent– ou encore la sculpture « Citrouille » de la célèbre artiste Yayoi Kusama. En dehors du site Benesse, il existe d’autres musées qui prônent la fusion entre art et nature.

    L’objectif du site Benesse : « La coexistence de l’art, la nature et l’architecture. »

    L’institut artistique et jardin botanique d’Inhotim est l’un des plus grands complexes muséaux en plein air du monde. Il offre l’opportunité de découvrir des œuvres d’art contemporaines, tout en restant plongé dans la végétation de la forêt atlantique et la savane tropicale du Cerrado. Cette fondation permet ainsi au public de découvrir plus de quatre mille espèces botaniques, tout en aidant à préserver l’environnement de la région.

    L’art isolé, écologiquement engagé
    Les cas des sites artistiques d’Inhotim et de Benesse démontrent qu’il existe un futur prospère pour les musées à l’écart du monde et de la densité des mégapoles. Cet engouement envers une nouvelle manière d’expérimenter le musée, en faisant de celui-ci une destination artistique à part entière, est marqué par la naissance de nouveaux projets comme le musée Xinatli. Ce musée se veut orienté écologiquement et cherche à atteindre l’équilibre entre art et nature tout en se réappropriant le plan des pyramides à degrés. L’utilisation de l’expérience artistique pour ouvrir un discours sur l’écologie est loin d’être nouvelle, mais celle-ci confirme un intérêt grandissant autour de la valorisation et protection de notre planète. Les destinations artistiques sont donc peut-être l’avenir du musée, permettant ainsi de sensibiliser la population sur les dangers écologiques tout en découvrant des lieux atypiques reclus.

  • Des plans sur la comète

    Des plans sur la comète

    Rédigé par : Marine Fankhauser

    EXPLORATION • Débutée il y a presque septante ans, la conquête spatiale a suscité un enthousiasme planétaire, mais également des convoitises et rivalités entre États. Nouvelle mission sur la Lune, colonisation de Mars… Quels sont les derniers enjeux ?

    Pour commencer, deux dates : celle du 4 octobre 1957 et celle du 20 juillet 1969. La première correspond au premier vol orbital par le satellite soviétique Spoutnik 1 et la seconde aux premiers pas sur la Lune par l’américain Neil Armstrong, suivi quelques minutes plus tard de son collègue Buzz Aldrin. À l’époque, en pleine guerre froide, les tensions sont cristallisées entre ces deux pays. La conquête spatiale, à ses tous débuts, suscite alors logiquement la concurrence entre les deux puissances. Un peu plus de soixante ans plus tard, après des années de coopération internationale, la désormais ex-République soviétique a annoncé son intention le 26 juillet dernier de rompre l’alliance autour de la Station Spatiale internationale (ISS) dès 2024 et de lancer sa propre station orbitale. Selon la NASA, la Station spatiale internationale est pourtant « […] le programme d’exploration spatiale le plus complexe sur le plan politique jamais entrepris ». Cette annonce est intervenue alors que la Russie se retrouve de plus en plus isolée face au reste du monde occidental, sept mois après le début de l’invasion de l’Ukraine, débutée le 24 février dernier. De très nombreux pays ont répliqué en infligeant d’énormes sanctions à la Russie, gelant des avoirs détenus à l’étranger et interdisant certaines transactions commerciales. Comme une sensation de déjà-vu.

    La Lune à nouveau au centre des enjeux
    La NASA a remis au goût du jour l’exploration lunaire avec la mission Artémis. L’objectif ? « Avec les missions Artémis, la NASA fera atterrir la première femme et la première personne de couleur sur la Lune. […] Nous établirons la première présence à long terme sur la Lune. Ensuite, nous utiliserons ce que nous avons appris sur la Lune et autour de la Lune pour faire le prochain pas de géant : envoyer les premiers astronautes sur Mars ». Les équipes ont tenté plusieurs fois début septembre de lancer la première fusée de la mission Artemis-1, non habitée, afin de vérifier qu’elle pourrait accueillir dans le futur des astronautes, mais les décollages ont à chaque fois été reportés pour cause de problèmes techniques. Et le retour des humains sur la Lune ? En 2025 au plus tôt.

    « Avec les missions Artémis, la NASA fera atterrir la première femme et la première personne de couleur sur la Lune. »

    De là, la NASA souhaite ensuite construire une base lunaire, baptisée Gateway, « portail » en français, qui permettrait alors de développer la technologie nécessaire à un voyage sur Mars. Il s’agirait d’un voyage de plusieurs années qui pourrait avoir lieu « à la fin de la décennie 2030 », selon Bill Nelson, administrateur de la NASA.

    Un paradigme modifié
    Auparavant, seules les structures étatiques pouvaient intervenir dans le domaine spatial. Depuis quelques années cependant, le vent tourne. Les sociétés privées de multimilliardaires (notamment SpaceX, issu de la volonté d’Elon Musk, ou encore Blue Origin, fondé par Jeff Bezos) multiplient les investissements pour développer une nouvelle ère de la conquête spatiale. Le pari s’avère gagnant : en 2014, la NASA choisit SpaceX pour envoyer des astronautes sur l’ISS avec des lanceurs réutilisables. En 2022, l’agence spatiale américaine prolonge son contrat avec la société jusqu’en 2028. Elon Musk ne cache pas ses ambitions : surpasser la NASA, être le premier à envoyer des hommes sur Mars et à terme, établir une colonie sur la planète rouge.

    La voie vers le tourisme spatial est lancée.

    Si des sociétés privées parviennent à s’imposer sur le devant de la scène spatiale, ce n’est pas le seul changement. Auparavant uniquement réservé à des astronautes entraîné·e·s, aller dans l’espace ne sera bientôt plus un fantasme pour le commun des mortels. En 2021, Jeff Bezos devient la première personne à franchir la Ligne de Kármán, considérée comme la frontière spatiale, à 100km d’altitude, à l’aide d’un engin développé par sa compagnie. Depuis, quelques vols touristiques ont eu lieu – le prix d’un billet oscillant entre 250’000 dollars et 55 millions de dollars. La voie vers le tourisme spatial est lancée.

  • Tour de table à l’Unil

    Tour de table à l’Unil

    Rédigé par : Charlotte Haas

    JEÛNE • À l’Unil, un panel de restaurants propose des repas variés. Toutefois, ceux-ci représentent un investissement financier non négligeable. À l’inverse, l’Allemagne propose une alternative de service à volonté pour un coût moindre. Tour d’horizon.

    En Allemagne, les universités proposent une alternative aux traditionnelles cafétérias : le système de Mensa remplace les restaurants universitaires. Répertoriées sur le réseau TripAdvisor, les différentes cantines présentes dans chaque ville sont également accessibles aux visiteurs. Tandis que certaines se démarquent pour leurs spécialités, d’autres sont prisées pour leur offre végétarienne et végane. Ce modèle permet aux étudiant·e·s de se servir à leur guise : ils·elles composent leur assiette d’aliments cuisinés – pâtes, riz, choux, brocolis – qu’il·elle·s paient quelques euros avec leur campus card. Le service à volonté leur permet de remplir leur assiette abondamment et, ainsi, de faire quelques réserves pour leur domicile. Financièrement, ce modèle met l’eau à la bouche. Toutefois, ces avantages budgétaires demandent des concessions culinaires.

    Anecdotes culinaires
    Lors de son Erasmus à Berlin, Jeanne, étudiante à l’Unil, a pu tester ce modèle. Elle souligne les coûts très bas de ces repas à volonté ainsi que la possibilité de « faire ses courses » à l’université en emportant chez soi certains aliments dans des tupperwares. Au fil des repas, les étudiant·e·s développent des tactiques pour économiser quelques centimes, comme le raconte Jeanne : « On mettait la sauce sous les pâtes afin que les caissières ne voient que les pâtes. »

    Mi-figue mi-raisin
    Les étudiant·e·s rencontré·e·s soulignent surtout les bénéfices financiers du modèle allemand. Alors que la précarité étudiante augmente, Isaac, étudiant en lettres, s’enthousiasme : « C’est une idée bienvenue, notamment si cela permet aussi de faire quelques courses et, ainsi, s’alimenter facilement et à bas prix. » Certain·e·s y voient également d’autres aspects positifs, à l’instar de Camille, étudiante en sciences sociales : « Je trouve chouette de pouvoir choisir les aliments que nous préférons parmi une sélection proposée ainsi que la quantité qui nous convient, le tout pour une petite somme. » À l’inverse, Isaac émet quelques réserves quant au manque de diversité : « Personnellement, j’aime le concept de plats proposés déjà faits. Si la cafétéria se transformait en Mensa, que mangerais-je concrètement si ce qu’elle propose se résume à des pâtes au beurre ? » D’ailleurs, l’équilibre des repas fait déjà l’objet d’une remise en cause : l’analyse des menus des restaurants de l’Unil, réalisée en 2015, relève quelques lacunes, notamment au niveau des protéines. Il semble donc que des améliorations pourraient être apportées, et ce quel que soit le modèle en vigueur.

    Il semble que des améliorations pourraient être apportées, et ce quel que soit le modèle en vigueur

    Au regard de ces témoignages, une réflexion sur la mise en place d’autres solutions émerge : Isaac mentionne la possibilité pour les universités d’intervenir en subventionnant les cafétérias afin que celles-ci puissent proposer des repas à CHF 5, tandis que Sophie, étudiante en lettres, soumet l’idée de créer des structures offrant des denrées alimentaires aux étudiant·e·s qui doivent, en contrepartie, s’impliquer dans la préparation de paniers. Somme toute, malgré les avantages économiques, les étudiant·e·s. semblent réticent·e·s à déguster chaque jour une assiette de choux.

  • Semaine au rabais

    Semaine au rabais

    Illustration : ©Natalia Montowtt

    Rédigé par : Pauline Pichard

    ÉCOLOGIE • Si quelques études suggèrent des bénéfices de la semaine à quatre jours sur l’environnement, le sujet est loin de faire l’unanimité auprès des spécialistes. Le professeur Dominique Bourg nous apporte son point de vue éclairé sur la question.

    La nouvelle est tombée en avril de cette année : le gouvernement lithuanien a autorisé de manière permanente les employé·e·s du secteur public avec enfants à ne travailler que 32 heures par semaines sans voir leur salaire baisser. D’autres pays, comme la Belgique, ou les Emirats arabes unis ont récemment enjoint leurs collaborateur·trice·s à ne travailler que quatre jours par semaine, augmenter la productivité, en plus de favoriser un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Si ses avantages semblent reconnus par une majorité de spécialistes, son impact environnemental donne davantage lieu à des controverses.

    Une question encore peu étudiée
    La réflexion de certain·e·s expert·e·s environnementaux à ce propos peut se résumer en ces termes : les personnes qui possèdent suffisamment peuvent se permettre de travailler moins, donc de gagner et de consommer moins, ce qui pourrait augmenter le bien-être et réduire les impacts sur l’environnement sans mettre à mal le monde de l’emploi. Néanmoins, une revue systématique de 2021, publiée dans les Environmental Research Letters, souligne sa marginalité : « le sujet de la réduction du travail est presque complètement absent de la plupart des documents de l’Intergovermental Panel on Climate Change (IPCC), des stratégies climatiques au niveau international, national et subnational, ainsi que des discussions à large échelle sur la politique climatique ».

    « Cette mesure universaliste ne pourrait de toute façon pas être appliquée à grande échelle »

    – Dominique Bourg

    Est ainsi mise en cause la faible proportion d’informations sur les effets de la réduction de travail sur l’environnement. Aussi, une compréhension plus fine de cette stratégie semble nécessaire.

    Une mesure contre-productive ?
    Pour le Professeur Dominique Bourg, spécialiste en questions environnementales, ces chercheur·euse·s éludent un certain nombre de complexités : « Il est probable que les personnes sujettes à ce modèle se tournent vers des activités d’autant plus énergivores, comme les voyages en avion pour leurs week-end prolongés. »

    « Il est probable que les personnes sujettes à ce modèle se tournent vers des activités d’autant plus énergivores »

    – Dominique Bourg

    Pour aller plus loin, le spécialiste décrit l’automatisation accrue qu’un tel système pourrait engendrer : « La réduction du temps humain dans la production ne suffit pas à encourager la décroissance. Au contraire, cela augmenterait l’automatisation, ce qui est contreproductif ». À contrario, d’autres spécialistes, à l’instar de Frey et Osborne dans leur étude de 2017, arguent que l’automatisation et l’intelligence artificielle vont nécessairement surpasser les performances des êtres humains dans de nombreux emplois, rendant la semaine de quatre jours inévitable. Il semble par ailleurs impossible d’appliquer ce modèle à l’intégralité de la société : « Cette mesure universaliste ne pourrait de toute façon pas être appliquée à grande échelle : rien que l’hôpital français a déjà très mal vécu le passage aux 35 heures. Sans parler des agriculteur·trice·s, pour qui ce modèle est absolument inenvisageable », déplore Dominique Bourg.

    De nouvelles perspectives de recherche
    Si, pour Dominique Bourg, « la priorité est bien davantage de reprendre la main sur le pouvoir réglementaire, en contraignant matériellement tous les objets », les auteur·trice·s de la revue systématique offrent d’autres pistes de recherche sur le sujet : « Il est préférable de collecter et d’utiliser des données d’un même foyer pour la réduction du temps de travail et pour les dépenses ».

    « La priorité est bien davantage de reprendre la main sur le pouvoir réglementaire »

    – Dominique Bourg

    Néanmoins, tous·tes les expert·e·s s’accordent à dire que la réduction du temps de travail ne résoudra jamais à elle toute seule la problématique du réchauffement climatique.

  • Sexiste, la recherche ?

    Sexiste, la recherche ?

    Rédigé par : Max Haizmann

    RECHERCHE • A l’Université de Lausanne, 54% des doctorant∙e∙s sont des femmes. L’égalité de genre serait-elle atteinte ? La discrimination est-elle devenue inexistante au sein de la recherche académique vaudoise ? Petit tour d’horizon.

    Parler d’égalité des sexes dans la recherche implique forcément l’évocation du leaking pipe. Il s’agit d’un phénomène largement reconnu et quantifié qui décrit la « fuite » de l’égalité dans les carrières scientifiques et notamment de recherche. Carine Carvalho, cheffe du Bureau de l’égalité de l’Unil le confirme : « La situation est connue et classique en Suisse et à l’international ». La parité est atteinte aux premières étapes de la formation, mais elle se perd en montant dans les échelons. Par exemple, selon les chiffres de l’Office fédéral de la statistique, en Suisse, dans les universités et les écoles polytechniques fédérales, 56.3% des assistant∙e∙s et doctorant∙e∙s sont des femmes, pour seulement 31.8% des professeur∙e∙s. Ce phénomène se retrouve à l’Unil avec des chiffres respectifs de 55.5% et 27.8%. On comprend facilement que l’égalité n’est pas encore atteinte lorsque l’on s’intéresse aux causes de ce phénomène. Le rôle attendu des femmes dans la famille et l’environnement de travail passivement et activement sexiste sont parmi les facteurs-clés qui influencent les carrières des potentielles chercheuses, selon deux études de 2012 et de 2018, réalisées par les chercheurs américains Williams et Ceci ainsi que par Biggs et autres. En réalité, les études qui démontrent le sexisme et ses causes foisonnent. A titre d’exemple, la chercheuse et docteure Klea Faniko, chargée de cours à l’Université de Genève, a récemment publié « Manque d’ambition ou manque de soutien? Les expériences professionnelles divergentes des hommes et des femmes expliquent la persistance des préjugés sexistes ». Au Bureau de l’égalité de l’Unil, il n’y a pas de désillusion : « Les raisons de cette fuite sont complexes. Il y a une vraie volonté, mais on vient de très loin, le défi est immense. L’objectif de l’Unil est clair : la parité, à tous les niveaux ».

    La recherche à l’Unil
    L’Université de Lausanne plante le décor sur sa page internet : « Le sexisme n’est en aucun cas toléré à l’Université de Lausanne ». La direction de l’établissement s’est exprimée sur le sujet à plusieurs reprises en condamnant fermement le sexisme en son sein. Le site internet de l’Unil donne entre autres une définition du problème et propose un « Guide pratique pour lutter contre le sexisme au travail ». De plus, les données présentées mettent le leaking pipe en évidence. Le problème ne semble donc pas être sous le tapis, et pour cause. La problématique du sexisme est largement présente sur le campus de Dorigny. Les associations étudiantes et le monde culturel rendent la problématique visible à travers de nombreux événements.

    On comprend facilement que l’égalité n’est pas encore atteinte lorsque l’on s’intéresse aux causes de ce phénomène.

    Les nombreux·ses bénévoles actif·ve·s jouent ainsi un rôle central dans la mise en lumière des divers problèmes encore présents à l’Unil et dans la continuité du combat féministe. Des événements officiels se joignent à l’activisme ambiant. A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes 2021, deux webinars inscrits dans l’actualité ont traité des inégalités dues au genre au temps du Covid-19. En août 2022, le Décanat a introduit la possibilité d’allouer des subsides aux événements scientifiques présentant au moins 40% d’oratrices. Si l’incitation aide certainement à bouger dans le bon sens, l’objectif de l’Unil n’est pas en vue.

    Un combat sans fin
    Les revendications d’égalité entre les sexes ont ainsi pris de l’importance à travers les années à l’Unil et dans notre société. Les débats publics très actuels sur l’âge de la retraite des femmes et le droit à l’avortement exemplifient bien la place importante qu’occupent les droits des femmes dans les débats publics. Inutile de s’étaler ici sur les soixante années de lutte qu’ont vécu les Suissesses pour faire valoir leurs droits. Que dire face au résultat de ce combat dans la recherche académique, un éloquent leaking pipe ?

  • La nageuse

    La nageuse

    Illustration : ©yulie-lune

    Texte rédigé par : Andrea Barbieri

    Championnes et champions de natation se réunissaient chaque année autour du plus grand lac du continent. L’une parmi les autres était particulièrement médiocre. Beaucoup de bruits s’écoulaient à son propos : personne n’osait croire qu’elle allait, cette année aussi, être de la course en relais. Mais Francesca n’aurait raté l’occasion pour rien.

    Si le ton semblait le même que l’an dernier – elle avait été raillée, ignorée –, un événement changeait pourtant la musique. La pluie battante. Sur l’eau, des milliers de petits ressacs en sol majeur que Francesca admirait depuis la rive.

    Après la pluie, les cigales. Chantantes, elles prirent le relai loin des sols, se tenant réactives dans les buissons. Elles importunaient les gens, athlètes comme fanatiques et à une Francesca tout ouïe, rappelaient sans gêne sa petitesse. Francesca n’accomplissait rien en grand, il est vrai, et aspirait à ne devenir rien de moins qu’une copie d’elle-même. Petite elle faisait les choses en petit.

    La tension avait monté d’un cran depuis la fin de la pluie. Les visages sans sourire ; les corps tendus. Pour Francesca, une joie saisie sur le bord de l’eau tenait bon sur ses lèvres. Elle rejoignit ainsi son groupe qui par tradition inclina les yeux devant elle et l’interpella à la troisième personne. Francesca ne répondit aucun je et consentit au plan. C’est elle qui allait ouvrir la course.

    Les athlètes commencèrent alors à s’échauffer ; les bras, le cou, les chevilles sous un silence de quelques mesures. Les cigales, au rythme du soleil, annoncèrent de nouveau leur présence perçante, réveillant à neuf chez l’assemblée, y compris la foule, les souvenirs d’une crise, d’une douceur, d’une révélation, d’une illusion.

    Selon l’ordre déterminé, les membres de chaque équipe se rendirent ensuite aux points X autour du lac, points de relai. Francesca qui ouvrait la course n’avait nulle part où aller. En attendant l’envoi, elle retrouva la plage.

    Le lac ne jouait plus en sol majeur, toutefois en une tonalité apparentée. Mi mineur transformait nostalgiques les lieux sans laisser savoir dans l’instant ce qui était regretté. Sous cette musique, composée par les cigales, le lac et d’autres sons floraux et fauniques, Francesca se releva avec un secret, inédit, entre elle et son soi futur.

    Une fois près de la ligne de départ, elle – au côté d’autres – retira ses vêtements. En dessous : son maillot de bain vert. Sur sa tête : son bonnet de bain vert. Autour de son poignet : ses lunettes à nage, et droite elle se tenait, piétinait pourtant, ses orteils vers le haut vers le bas, mais rien ne distrayait son regard fixé sur l’étendue d’eau, ni même les cigales.

    La première cohorte de nageuses et nageurs, en vert, rouge, bleu, jaune, rose, mauve, dorée, turquoise, orange occupaient maintenant leur plot attitré, en position départ plongé : les deux mains accrochées à l’avant, un pied placé devant, le second à l’arrière. La foule installée sur la rive lança quelques cris, puis un sifflement similaire à celui des cigales retentit, moins vif, interminable, fffssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssss, Francesca soudain dans les airs, les bras de chaque côté de sa tête, réunis par ses mains à l’avant en une forme-flèche prête à percer l’eau.

    La course continua, et sans que nous voulions commenter la performance des athlètes. Nous nous en tiendrons à la perspective de Francesca. Alors qu’elle se plaçait tantôt les yeux dans l’eau tantôt sur le côté pour reprendre, au crawl, son souffle, j’ai commencé à ne plus sentir mes doigts, glacés ai-je pensé ? non, disparus, ai-je constaté, la ligne droite et étroite que je formais est devenue ronde et ample, le plus troublant reste la couleur verte qui encore et encore prenait terrain sur mon corps, puis la racine repoussante à mes orteils me rattachant au fond lacustre, je n’ai pas pu crier puisque ma peur n’avait de sons, seul en bouche le silence, par lequel tout allait être à nouveau éprouvé, j’y ferai la répétition d’une joie, joie difficile, inégale, je la comprendrai de telle, de joie, de difficile, chaque son du lac, des cigales, des êtres y sera réécouté avec le seul silence, jamais unique, avec le nénuphar en moi.

    La pluie soudaine tonna tonna des tons majeurs, mineurs. Francesca riait en sourdine dans le bourgeon de son corps nénuphar, fleurissante auprès des quais tout juste atteints, après quoi on la relaya.

  • Le chien méchant n°270 : réponses

    Bleu : Faculté des Lettres

    Rose : SSP

    Rouge : Faculté de Droits et Sciences criminelles

    Or : HEC

    Jaune : Faculté de Biologie et Médecine

    Brun : Faculté de théologie et Sciences des religions

    Vert : Géosciences

    Orange : EPFL