• Interview: Effective Altruism Lausanne

    Interview: Effective Altruism Lausanne

    ASSOCIATION · Un article de notre numéro de mai était consacré à Effective Altruism Lausanne, l’association d’étudiant·x·e·s qui discute et diffuse les idées du mouvement sur le campus. Voici l’interview intégrale de Tara, le·a présidentex de l’association, et de Alix, la coprésidente d’Effective Altruism Switzerland.

    Comment expliqueriez-vous l’Effective Altruism?

    Alix

    Pour moi, il y a une question de départ: comment fait-on le bien de la manière la plus efficace possible ? Et à partir de là, il y a deux dimensions. La dimension théorique, soit la réflexion sur la nature de cette question : C’est quoi le bien ? C’est qui les autres ? C’est quoi le plus efficace ? Une partie du mouvement réfléchit à cela. Et puis, il y a la dimension pratique : une communauté qui met en pratique des manières efficaces de faire le bien en travaillant pour des associations, en faisant de la recherche sur un domaine spécifique, en donnant son argent à des associations caritatives qui ont été déterminées comme avec un rendement par dollar donné qui est élevé. Voilà, c’est à le fois des idées et des mises en pratique.

    Tara

    Il y a aussi l’idée centrale du compromis et de la priorisation, je trouve. On veut faire de notre vie quelque chose de positif, mais on a du temps et des ressources limitées: quel est le domaine et quelle est l’action dans lesquels je peux m’engager avec le plus d’impact en adéquation avec ma vie personnelle ?

    L’optique est donc de maximiser le bien qu’on peut faire ?

    Alix

    En quelque sorte oui. Même si poussée à l’extrême, cette maximisation peut être nocive. Le mouvement ne s’arrête donc pas à ce critère de maximisation et a à cœur d’être aussi dans la déontologie. Nous discutons et dépassons une approche strictement utilitariste. D’autres valeurs prévalent pour la plupart des membres du mouvement.

    Tara

    Je pense que les idées de EA sont assez communément partagées. Si on faisait un sondage, je crois que la majorité de la population repondérait être en faveur de la maximisation le bonheur des gens. Mais, en gardant constant des principes éthiques qu’on ne veut pas détériorer. C’est exactement l’idéologie de l’EA. La maximisation intervient seulement lorsqu’on a le choix entre deux actions qui ne causent aucun mal.

    La plupart des conférences que vous organisez portent sur des enjeux globaux et les manières de les résoudre: est-ce que le but de EA Lausanne est de sensibiliser les étudiant·e·x·s à ces enjeux?

    Alix

    Oui. L’association s’adresse à des étudiant·x·e·s et je pense que lorsqu’on est étudiant·x·e, on est souvent en quête de sens, on a envie d’avoir un effet positif sur le monde, de le rendre meilleur. L’association essaie donc de proposer des méthodes, un cadre de pensée et des espaces de discussion pour nous aider, nous étudiant·x·e·s, à trouver une orientation académique qui ait du sens. Et en effet, une façon de trouver du sens, ça peut être de s’engager dans un enjeu global, car l’échelle des bienfaits produits est importante. On cherche d’ailleurs à rendre sensible les gens à l’échelle et à ne pas avoir d’élans altruistes uniquement instinctifs et émotionnels. Emotionnellement, on a de la peine à saisir la différence entre soigner dix milles et cent mille personnes. Pourtant, il y a une différence qui n’est pas forcément décisive, mais qu’il faut considérer.

    Tara

    En effet, le sous-entendu, c’est qu’un enjeu global touche davantage de monde, et qu’il y a donc potentiellement plus de biens à faire en s’engageant à sa résolution.

    Quel est ce cadre de pensée que vous proposez aux étudiant·x·e·s ?

    Alix

    Un cadre qu’on utilise régulièrement est composé de trois critères pour évaluer l’importance d’un problème: échelle, tractabilité et significativité. L’échelle, c’est : Combien de personnes sont concernées par ce problème? On préfère attaquer un problème qui touche 10% de la population plutôt que 10’000 personnes. La tractabilité, c’est: est-ce que des solutions existent déjà pour ce problème ou est-ce qu’on est assez proche d’en avoir? C’est peut-être plus utile d’aller donner une heure ou 100 dollars à ces solutions-là. Et la significativité c’est: ton aide va-t-elle avoir de l’impact dans la résolution de ce problème? Si tu rejoins un domaine de recherche ou une œuvre caritative qui a déjà cent-mille personnes, ton impact marginal est plus petit qu’en devenant la cent-unième personne d’un autre projet.

    Tara

    Oui, le champ peut être déjà saturé. J’ajouterais aussi qu’il y a quand même une distinction entre les actions et le cadre de réflexion. L’échelle, par exemple, est un critère important. Mais après, c’est à chaque personne de choisir quelle importance elle lui donne, à un moment ou à un autre. Personnellement, j’ai déjà été aidé à la soupe populaire de nombreuses fois et, oui, ce n’est pas l’emploi de mon temps qui est le plus efficace, mais cela fait du sens pour moi pour d’autres raisons. Donc on peut très bien faire les deux choses. C’est uniquement un cadre de pensée. Ce n’est pas prescriptif.

    Alix

    Oui, l’idée n’est pas d’optimiser sa vie en entier! L’objectif c’est de se rendre compte de nos propres biais, comme notre non-sensibilité à l’échelle, afin que quand on ait envie de faire plus, on puisse le faire. Mais effectivement, ce serait déraisonnable de vouloir l’appliquer à toutes les actions et portions de notre vie, car ce n’est pas le genre de choses qui rend heureux. Et quand on est malheureux, on ne peut pas faire le bien. Il faut trouver cet équilibre aussi.

    Tara

    De ce point de vue-là, c’est réconfortant d’appartenir à une communauté. L’ambition d’être efficace et impactant peut être submergeante, mais en échangeant, on réalise qu’on est seulement humain·x·e et qu’à plusieurs on peut s’investir étape par étape. On apprend à accepter qu’on a un temps et une énergie limités à investir. Et on découvre en discutant comment donner le meilleur de nous-mêmes sans se sacrifier non plus.

    La mission d’EA Lausanne, c’est donc davantage de sensibiliser les étudiant·x·e·s et de les orienter dans leur choix de carrière plutôt que d’organiser des œuvres de charité ?

    Alix

    Pour ce qui est d’EA Lausanne et EA Switzerland, oui. Ce sont des associations de community building. EA Switzerland est aussi une faîtière dont le but est de développer et soutenir la communauté EA suisse. Mais, il y a beaucoup d’organisations et d’entreprises dans le mouvement qui sont axées sur le travail direct: la recherche, l’implémentation de solutions existantes, le travail associatif et caritatif. Cela peut revenir à aller faire du lobbying ou aller travailler dans les gouvernements, par exemple. Nous, on est là pour transmettre à de nouvelles personnes cette envie d’aller effectuer ce travail direct. Mais c’est aussi valorisant car on contribue à démultiplier les forces du mouvement. Grâce à notre investissement, des personnes vont peut-être passer d’une carrière intéressante à une carrière cent fois plus impactante et utile socialement.

    Tara

    A EA Lausanne, nous sommes un groupe universitaire et comme la majorité de nos membres sont en fin de Bachelor ou en Master, des moments où on se pose des questions sur sa carrière, nos activités vont dans ce sens-là. Nous sommes une sorte de rampe de lancement pour se diriger vers une activité professionnelle utile. On souhaite aussi mettre en œuvre des projets caritatifs, mais c’est compliqué parce que les étudiant·e·x·s ont peu de temps à investir. On se concentre donc sur transmettre des idées et notre envie d’aider les autres.

    Combien de membres compte EA Lausanne et comment en devient-on membre?

    Tara

    Tous les étudiant·x·e·s de l’EPFL et de l’Unil peuvent devenir membres. Des personnes extérieures peuvent aussi intégrer l’association, avec un seuil légal de 20%. La procédure pour devenir membre est simple: il suffit de remplir ce petit Form. Il n’y a pas de critères d’entrée. C’est uniquement pour faciliter la communication autour des événements et donner accès un groupe Telegram dans lequel les membres peuvent discuter. Mais en réalité, il n’y a pas besoin d’être membre pour venir aux événements et participer à la vie de l’association : il suffit de suivre nos annonces sur notre channel public Telegram et de venir quand vous en avez envie !

    La moitié de vos conférences portent sur les défis de l’intelligence artificielle. Pourquoi investissez-vous ce sujet en particulier?

    Tara

    La première raison, c’est que la majeure partie des membres étudient à l’EPFL et l’IA y est un sujet qui a du succès parmi les personnes qui s’intéressent à l’informatique, l’éthique et/ou la morale. Ensuite, l’IA va bouleverser nos vies et il est important de réfléchir à comment l’utiliser et quelles règles lui imposer pour qu’elle fasse le bien et pas des dégâts. Par règles, j’entends de la législation et des solutions techniques pour que ces systèmes fassent exactement ce qu’on veut et ne puissent pas être utilisé pour par exemple planifier des attaques terroristes ou déstabiliser des systèmes politiques à l’aide de deep fakes, propagande ou du trucage d’élections.

    Alix

    On observe déjà ces dérives aujourd’hui. Des IA influencent une partie de la population sur les réseaux sociaux.

    Tara

    L’échelle du problème mérite qu’on s’y penche, je pense. Et c’est un problème négligé aussi. Avant la popularisation de ChatGPT, 300 personnes travaillaient sur la sécurité des systèmes d’IA et son versant éthique, alors que plusieurs milliers ou dizaines de milliers réfléchissaient à comment les diffuser, développer et augmenter leurs performances. Il y a un énorme déséquilibre. Et justement, il faut que des ingénieur·x·euse·s, mais aussi des sociologues, des juristes, des économistes ou encore des historien·ne·s réfléchissent à l’utilisation de l’IA et participent à sa réglementation. C’est pourquoi, on essaie de sensibiliser des étudiant·x·e·s de différentes facultés à cette problématique. On a besoin de toutes les compétences. Et on serait très heureux·e·s que des étudiant·x·e·s d’autres facultés intègrent l’association pour amener d’autres questionnements et diversifier les profils d’EA Lausanne.

    Je tien quand même à mentionner que des groupes de membres s’intéressent principalement à d’autres questions, comme le développement de protéines alternative (i.e. sans exploitation animale), ou bien la biosécurité.

    Vous proposez sur votre site des dons déductibles des impôts: est-ce que c’est parce que vous pensez que la charité est plus efficace que la fiscalité ?

    Alix

    C’est une très bonne question. La déduction des impôts est proposée par les États pour encourager les gens à donner. Mais en effet, la question se pose: est-ce qu’on soustrait de l’argent à l’aide publique en faisant des dons déductibles ? Non, on ne vole pas de l’argent aux professeurs, à l’administration publique ou à l’aide sociale. La quantité d’argent déduite des impôts est minime par rapport aux budgets des départements de l’Etat concernés. La recherche montre qu’une association caritative peut avoir un impact jusqu’à 1000 ou 10’000 fois plus important que la moyenne. Avec la même somme d’argent, on peut donc garantir 1000 années de plus pour des gens malades, ou sauver peut-être 1000 fois plus d’animaux de l’agriculture intensive. Donc, oui, ça peut être plus efficace de faire des dons plutôt que de de laisser l’État réfléchir à comment investir nos impôts.

    Tara

    Il faut se rendre compte que l’Etat a aussi ses critères d’investissement et qu’on ne partage pas forcément. En particulier, l’Etat suit (la grande majorité du temps) une logique nationale. De ce fait, il ignore plein de personnes qui auraient besoin d’aide dans d’autres pays, et qui en auraient peut-être même davantage besoin. Ce n’est donc déjà pas un choix neutre de donner à l’Etat plutôt qu’à des ONG internationales.

    Alix

    Oui, quand on regarde les chiffres, on peut aider beaucoup plus en envoyant de l’argent à l’étranger et notamment on peut sauver beaucoup plus de vie. Une des associations qui est souvent prise en exemple, c’est Against Malaria Foundation. En fait, acheter des énormes stocks de moustiquaires imprégnés d’anti-Moustiques ça ne coûte pas très cher, et ça sauve beaucoup de personnes de la malaria.

    La faillite et les malversations de la plate-forme d’échange de cryptomonnaies FTX a jeté du discrédit sur l’Effective Altruism dans les médias. Le fondateur de la plate-forme, Sam Bankman-Fried était en effet une des figures économiques de proue du mouvement. Qu’en pensez-vous?

    Alix

    Cet événement a amené beaucoup de membres de la communauté EA à réfléchir à la façon dont nous en sommes arrivés là, à l’impact que cela aura sur notre travail à l’avenir et à la manière dont nous pouvons réduire le risque qu’une telle chose se reproduise. Ce que Sam Bankman-Fried et d’autres dirigeants de FTX ont fait en mentant ou en fraudant les clients ou en agissant de manière immorale et contraire à l’éthique, n’était certainement pas conforme aux principes de l’altruisme efficace. Une telle activité est incompatible avec nos valeurs et n’a pas sa place au sein de la communauté.

    Tara

    L’altruisme efficace est enraciné dans le désir d’aider les autres, ce qui requiert de l’intégrité. La communauté de l’altruisme efficace a majoritairement soutenu que nous devrions toujours agir dans un cadre moral solide d’honnêteté, de confiance et de collaboration. Nous regrettons l’affiliation étroite d’EA avec Sam Bankman-Fried et la dépendance à son égard en tant que donateur majeur. Nous éprouvons une profonde empathie pour toutes les personnes touchées par la fraude. La communauté EA est vaste et mondiale. La grande majorité des personnes pratiquant l’altruisme efficace n’avaient aucun lien avec FTX ou Sam Bankman-Fried.

    Pour calculer l’efficacité d’une action, vous comparez donc les souffrances?

    Alix

    Oui, c’est une grosse question effectivement, quels critères utiliser pour comparer? Il y a beaucoup de désaccord. Est ce qu’on veut optimiser le volume des gens ou est ce qu’on veut optimiser la quantité de d’années vécues ? Quelle pondération on accorde aux inégalités ? Qu’est-ce qu’on veut optimiser ? Qu’est-ce qu’on considère comme un besoin ou comme une souffrance ? On débat beaucoup de ces questions.

    Tara

    Mais ce choix, si on ne le fait pas explicitement, on le fait implicitement. Amener le thème sur la table, c’est un peu dérangeant, mais c’est nécessaire parce que nos actions sont basées sur une pondération inconsciente des souffrances : une souffrance à l’étranger est considérée comme moins importante qu’une souffrance en Suisse par exemple. La non-action est une action finalement.

    Est-ce qu’au final, ce que vous demandez aux gens c’est de donner plus avec le cerveau, et moins avec le cœur?

    Alix

    Non. On a besoin du cœur. C’est lui qui pousse à vouloir aider les autres, à trouver du sens à son engagement, à vouloir rendre ce monde meilleur. Ça vient vraiment du cœur. Mais oui, il faut aussi mobiliser le cerveau car on a beaucoup de biais cognitifs qui font qu’on va agir de façon précipitée et finalement pas forcément en adéquation avec nos valeurs. La motivation doit être émotionnelle, mais l’action doit être réfléchie.

    Tara

    Je n’aime pas opposer le cerveau et le cœur. C’est un système commun pour moi et les émotions nourrissent les réflexions autant que l’inverse.

    Quelles événements organisez-vous prochainement?

    Alix

    On organise le mardi 7 mai une table ronde consacrée à la gestion des risques des pandémies (lien vers l’événement). Il y aura 3 intervenant·e·s. Le premier présentera les risques des pandémies et le besoin de biosécurité. Le deuxième nous donnera une perspective technique, alors que la troisième intervenante traitera des solutions politiques.

    Tara

    Quand il fera définitivement chaud, on organisera aussi un buffet canadien au bord du lac (plus d’infos). Ce sera l’occasion de discuter et de rencontrer du monde! Sinon, on organise aussi des hackatons et des soirées de réflexion sur des sujets variés. Comme mentionné précédemment, EA Lausanne a aussi deux commissions qui s’intéressent respectivement au développement de protéines alternatives (lien vers leur Instagram) et à la sécurité des systèmes d’IA (lien vers leur Telegram).

    Et vous, qu’est-ce qui vous a amené à l’Effective Altruism?

    Alix

    Je me suis intéressé à l’EA alors que je faisais ma thèse de master en bio-ingénierie. J’avais l’impression de développer des techniques hyper innovantes, mais qui ne seront accessibles qu’au « premier monde ». C’était un peu une crise existentielle pour moi. En en parlant avec des gens, j’ai fini par découvrir le site de 80’000 hours, une fondation focalisée sur aider les gens à trouver une carrière qui ait du sens pour eux et qui leur donne plus d’impact. C’est sur leur site que j’ai découvert l’EA. Je me suis ensuite mise à fréquenter EA Lausanne. Je m’y suis plu et je me suis engagée comme à différents niveaux lorsque j’étais en doctorat à l’EPFL et puis maintenant je co-dirige l’association nationale.

    Tara

    Moi, c’était vers la fin de mon Bachelor. Je me demandais ce que j’allais faire ensuite. Je voulais choisir un Master qui ait du sens pour moi. Je cherchais des ressources pour répondre à mes questionnements moraux et philosophiques et je suis tombéx sur EA. C’était justement un espace pour discuter avec des gens de ces questions-là et aussi l’opportunité de m’impliquer. Je me suis impliquéx de plus en plus, et voilà maintenant je suis présidentex.

    H.B.

  • À la recherche du toit perdu

    À la recherche du toit perdu

    Photo : Yasmine Zamparo

    LOGEMENT • Comment se loger quand on est étudiant·e? Vous étiez encore nombreux·ses à chercher une réponse à cette question à la rentrée. Car crise du logement oblige, les chambres se font rares. Pourtant les différentes associations et fondations du campus rivalisent d’ingéniosité pour trouver de nouveaux lits.

    En juin, l’Unil et l’EPFL lançaient une campagne afin de trouver 600 chambres supplémentaires pour la rentrée universitaire. Leurs efforts ont payé et cela leur a permis de trouver de nombreux lits. Mais malgré cela, les logements manquent toujours pour accueillir les étudiants·e·s qui sont chaque année plus nombreux·ses. Les différentes associations et fondations qui travaillent avec les deux campus ne manquent pas d’idées pour trouver de nouveaux lits. La FMEL (Fondation Maisons pour Étudiants), qui gère notamment les logements du Vortex, est l’une des plus grosses structures d’accueil d’étudiant·e·s en Suisse. Elle a actuellement une capacité d’accueil de plus de 4000 lits, mais cela ne suffit pas à répondre à la demande. Le prochain projet de la fondation à 75 millions de francs: la construction de 776 lits sur le Campus santé, prévu pour 2026 à Chavannes-près-Renens et qui accueillera notamment la HESAV (Haute École de Santé Vaud). «Mais la fondation reste constamment à l’affût de chambres à proposer à ses étudiant·e·s», assure son directeur Yves Ferrari.

    Pire que la file d’attente du Paléo

    Pour trouver une chambre auprès de la FMEL «c’est comme pour Paléo, premièr·e arrivé·e, premièr·e servi·e» explique Yves Ferrari. La plateforme de la fondation met en ligne chaque deux semaines de nouvelles chambres à disposition. Pour environ 7 à 10 chambres, ce sont environ 1500 connexions. La patience est donc de mise, mais une fois le Saint-Graal obtenu, et à condition d’avoir les finances permettant de payer le loyer mensuel d’environ CHF 710.-, vous êtes entre de bonnes mains. Car être logé·e par la FMEL, c’est bénéficier de conditions idéales: des délais de résiliation de deux mois, pas de garant·e demandé·e et tout est inclus dans le loyer: wifi, assurances et électricité notamment. Les conditions sont très similaires auprès de la FSLE (Fondation Solidarité Logement pour les Étudiant‑e‑s). Ce sont des chambres «clés en main» avec des loyers variant de 590 francs à environ 800 francs. Son directeur, Eran Shoshani, estime que la situation du logement à Lausanne est dramatique. Sa fondation refuse un·e étudiant·e sur dix. La période estivale est la plus critique, car il reçoit de nombreux appels de parents désoeuvré·e·s. L’EPFL et l’ECAL (École Cantonale d’Art) ont signé un partenariat avec la FSLE afin de garantir un certain nombre de chambres pour leurs étudiant·e·s. À ce jour, l’Unil n’a toujours pas signé de partenariat de ce genre.

    Les coopératives à la rescousse?

    Eran Shoshani explique que les coopératives sont désormais des partenaires de choix. Leur concept étant d’avoir de la mixité dans leurs immeubles et de favoriser des logements à de meilleurs prix, elles se montrent favorables à l’accueil d’étudiant·e·s.

    Les logements étudiants manquent

    Le futur écoquartier lausannois des Plaines-du-Loup accueillera d’ici 2034 des logements étudiant·e·s. Les régies privées, quant à elles, se montrent moins accueillantes et flexibles. Le directeur de la FSLE déplore qu’elles continuent de percevoir les étudiant·e·s comme des fêtard·e·s invétéré·e·s. Sans citer lesquelles, il regrette aussi que certaines communes refusent purement et simplement d’accueillir des résidences d’étudiant·e·s à cause du manque à gagner fiscal.

    Envisager la coloc’ avec un sénior

    Genève, une solution originale a été trouvée pour pallier cette pénurie de logements étudiants. Le programme 1h/m2 crée des tandems entre des étudiant·e·s et des seniors. Les personnes âgées offrent une chambre contre une participation de 100 à 150 francs pour les charges et entre 3 et 5 heures de coups de main par semaine. Cette année, 60 étudiant·e·s ont été logé·e·s, mais une dizaine d’entre eux·elles restent sur liste d’attente. Sabine Estier Thévenoz, chargée de projet chez 1h/m2, se félicite de cette formule: «cela crée de la solidarité entre les générations et permet à la fois de trouver des logements étudiants et de lutter, voire prévenir l’isolement social».

    Farah l’a testé pour vous

    Farah, étudiante à l’Unige en faculté de droit, a pu expérimenter la colocation avec une retraitée de 65 ans. Grâce à une annonce affichée à l’Uni Mail, elle a emménagé avec Jeannine*. Du fait de leur nature sociale, les deux femmes ont rapidement trouvé leur rythme. Cette expérience a sensibilisé Farah à la solitude des séniors: «je me suis rendue compte à quel point les personnes âgées pouvaient se sentir seules une fois que leurs enfants ne vivent plus avec eux·elles, ça lui faisait vraiment du bien d’avoir une jeune avec elle». Aujourd’hui, Farah vit en colocation avec sa meilleure amie. Mais elle garde contact avec Jeannine*, avec qui elle a développé une relation qu’elle qualifie d’exceptionnelle et rare. Pour trouver un logement, il faut donc prendre son mal en patience et l’anticipation est de mise. Un conseil d’Eran Shoshani de la FSLE: anticiper son inscription, et ne pas hésiter à postuler dès avril si possible.

    *nom d’emprunt

    Carlotta Maccarini

  • Unilive en backstage

    Unilive en backstage

    Photo : ©Khyoria – Eutrop et Gence, DJ lors du Before Unilive du 19 avril

    Rédigé par : Ylenia Dalla Palma

    FESTIVAL • Le 27 avril se tenait sur le campus de l’Unil le fameux festival estudiantin Unilive. Sur les parkings de la Chamberonne et l’esplanade d’Internef, les étudiant·e·s se sont réuni·e·s dans une ambiance conviviale pour partager un moment musical en ce début de printemps. Zoom sur cette 10ème édition du festival.

    Unilive, festival né en 2013, a fêté cette année sa dixième édition en grande pompe! Le jeudi 27 avril, ce sont environ 10’000 étudiant·e·s des campus Unil et EPFL qui se sont retrouvé·e·s afin de partager un moment festif, entre bières et musique entraînante. En collaboration avec la FAE, le festival Unilive a offert à son public une soirée tournée vers des valeurs égalitaires, écologiques et de partage. De nombreuses associations de l’Unil étaient présentes afin de promouvoir ces intérêts importants pour la communauté estudiantine.

    « C’est une ambiance unique, où le lien se fait très facilement »

    Nous avons pu apercevoir notamment Fréquence Banane qui a fait se déhancher les festivalier·ère·s en début de soirée. Unilive a également invité des organisations lausannoises telles que Tataki qui a pu suivre l’événement. De quoi en ravir plus d’un·e en ce début de printemps.

    Le comité en quelques mots
    Mais si le festival peut se dérouler chaque année dans une agréable ambiance printanière, c’est sans aucun doute grâce à son comité. Composé de 27 membres, il est l’organe qui, séparé en plusieurs pôles, organise l’entier de la soirée. David Raccaud, président de l’association, confie en souriant : « Mes tâches consistent, globalement, à tenir la barque. Je dois assurer tout ce qui est administratif, notamment les suivis des séances de comité, le lien avec l’université, mais aussi avec les autorités locales ». Margaux Eisenhart, vice-présidente et responsable communication, confie quant à elle : « C’est une expérience incroyable, sur le plan personnel cela t’apprend à gérer beaucoup de choses ». Hugo Blaser, adjoint logistique présent au comité depuis six ans, explique : « C’est trop cool comme ambiance ! Il faut certes apprendre à gérer son temps, mais les semaines de montage sont toujours des moments très forts. Je me réjouis de cette dixième édition ».

    ©Ylenia Dalla Palma

    Unilive et son équipe de staff au top
    Le comité du festival est par ailleurs soutenu par toute une équipe de staff très motivée. Également répartie en plusieurs pôles, et elle permet, durant toute la soirée, d’avoir des bières fraîches et une sécurité garantie. Tanguy, l’un des membres de l’équipe, explique : « J’ai staffé au stand consignes à l’entrée, pour prendre les gourdes et autres objets interdits dans le festival. C’est une super expérience, j’ai pu rencontrer beaucoup de nouvelles personnes très sympathiques ! ». Staffer pour Unilive, c’est donc pouvoir être au cœur même de la vie estudiantine et, tout comme pour le comité, le lien aux autres reste primordial.

    Un public en feu !
    Mais au cœur de ce festival se retrouve surtout un public toujours aussi enthousiasmé d’une année à l’autre ! Certain·e·s des festivalier·ère·s sont arrivé·e·s dès le début de l’événement, à 16h30. Marine, une festivalière, confie au début de la soirée : « Il y a une très bonne ambiance qui s’installe petit à petit. Je pense qu’on est parti·e·s pour une soirée très sympa ». Au détour de la scène tech, Killian, un autre festivalier, ajoute : « Je suis arrivé à 16h45 avec mes amis et nous avons attendu le début du concert de Sandokaï avec une bière. Pour le moment, c’est le meilleur groupe que j’ai vu, c’était très sympa ! ».

    « Les semaines de montage sont toujours des moments très forts »

    Mais finalement, ce qui semble être à l’essence même du festival, c’est sa capacité à rassembler les étudiant·e·s et à créer du lien entre eux·elles. Noé confie entre deux concerts : « J’aime beaucoup pouvoir retrouver les autres étudiant·e·s dans la soirée, souvent tu croises toutes les personnes que tu connais. C’est une ambiance unique selon moi, où le lien se fait très facilement avec les autres festivalier·ère·s ». Une expérience, donc, qui a su gagner tous les cœurs avec son rythme effréné des nuits printanières.

  • Dans le brouillard

    Dans le brouillard

    Photo : ©Killian Rigaux – Le nouveau centre de données utilisé par l’Unil et l’EPFL, inauguré en 2022, qui s’ajoute aux trois autres centres préexistants de l’Unil (1977, 2004 et 2013)

    Rédigé par : Killian Rigaux

    UNIL • Les méthodes de stockage et de traitement des données personnelles sont chamboulées par l’arrivée des services Cl, notamment Microsoft 365. Si cette architecture est aussi avantageuse en matière de cybersécurité, la perte du contrôle des données personnelles inquiète.

    Depuis l’apparition de la version Microsoft 365, désignée successeur de Microsoft Office 2019, le choix de l’utilisation de Word pour l’écriture d’un poème, d’Excel pour la gestion de sa comptabilité ou de Powerpoint pour la préparation d’une présentation a changé d’implications. L’Université de Lausanne et la Confédération se sont tournées vers Microsoft 365, après que la multinationale a annoncé qu’elle cesserait de prendre en charge les produits Office à l’horizon 2026.

    « Microsoft tient les organisations en situation de dépendance »

    « Ce n’est pas un changement habituel, étant donné que les nouveaux produits ne seront disponibles que sous forme de solution en nuage public », avertit le communiqué de l’administration fédérale du 15 février 2023. L’utilisation d’un Cloud, ou nuage public, signifie que les données d’un fichier informatique sont conservées et traitées avec des serveurs rassemblés dans des centres de données et non plus uniquement sur l’ordinateur utilisé. Dans son communiqué, l’administration fédérale précise que « les utilisateur·ice·s auront en outre l’interdiction de sauvegarder des données sensibles et documents confidentiels dans le nuage de Microsoft » et admet qu’elle « dépend aujourd’hui des produits Office de Microsoft ».

    Les données de l’Unil sur le campus
    La Confédération a par ailleurs prolongé jusqu’en 2024 la phase de test de Microsoft 365, dans le cadre du projet CEBA (Cloud Enabling Büroautomation). Elle dit être en recherche d’alternatives, un message encourageant pour le délégué à la protection des données de l’Université de Lausanne Mikhael Salamin. Il explique : « Microsoft tient les organisations en situation de dépendance. Pour en sortir, un investissement conséquent par une alliance d’État est nécessaire, en repensant les outils de bureautique autour de la collaboration et de la protection des données, en y incluant les contraintes écologiques ». L’Unil utilise aujourd’hui Microsoft 365, dont le déploiement a commencé peu avant la pandémie de COVID-19 et s’est poursuivi par la suite. Juridiquement, l’Unil est soumise à la loi du canton de Vaud sur la protection des données personnelles, qui pose des exigences pour la sous-traitance et le transfert de données à l’étranger. Pour l’utilisation de Microsoft 365, lorsque les étudiant·e·s de l’Unil utilisent OneDrive ou SharePoint, les données sont transférées sur les serveurs de Microsoft sis à Zurich. Seules les données qui ont une valeur historique ou qui doivent être conservées légalement, comme un diplôme, sont archivées ; elles sont conservées dans les centres de données du campus lausannois.

    Des lois bientôt à jour
    Alors que la Confédération déploie Microsoft 365, la situation juridique en Suisse reste ambiguë, la plupart des lois censées régir l’utilisation des données et leur sous-traitance étant toujours en cours d’élaboration. Au niveau fédéral, la révision totale de la loi sur la protection des données n’entrera en vigueur que le premier septembre 2023. L’État de Vaud travaille encore sur une nouvelle loi, l’actuelle datant de 2008. Ces révisions permettront à la législation suisse d’être conforme au Règlement général de l’Union européenne sur la protection des données (RGPD). Contrairement à d’autres pays européens, la Suisse n’a toujours pas établi de jurisprudence ou fait de déclaration politique forte en la matière.

    la situation juridique en Suisse reste ambiguë

    Le ministre français de la Formation a en effet récemment interdit l’utilisation de Microsoft 365 dans l’administration et les établissements de formation de son pays. Les données étant hébergées par des serveurs d’une entreprise américaine, elles sont aussi soumises au CLOUD Act. Cette loi extraterritoriale permet aux autorités américaines d’accéder à des données personnelles dans des cas spécifiques, sans respecter les normes européennes de protection des données.

  • EPFL VS Unil

    EPFL VS Unil

    Photo : ©Wikimedia Commons

    Rédigé par : Furaha Mujynya

    STÉRÉOTYPES • Entre haine et amour, la relation entre l’EPFL et l’Unil est tumultueuse et passionnelle. Le corps estudiantin a beau se lancer des stéréotypes au visage, tou·te·s semblent sociabiliser, indépendamment de leur appartenance à une faculté ou une université précise. Qu’en est-il de ces présupposés ? Sont-ils nés d’une réalité dure à accepter ?

    Après avoir interrogé une cinquantaine de jeunes étudiant·e·s sur l’existence et le partage de stéréotypes concernant l’EPFL et l’Unil – c’est une écrasante majorité (94,5%) qui confirme la présence de clichés bien ancrés dans la communauté universitaire. Ainsi, 68,5% des interrogé·e·s affirment avoir déjà entendu des stéréotypes à propos des deux institutions tandis que 18,5% à propos seulement de l’EPFL et 7,5% concernant uniquement l’Unil. Si les stéréotypes formés sur l’Unil et l’EPFL sont souvent créés en opposition les uns par rapport aux autres, ils confrontent souvent la Faculté des Lettres à l’entièreté de l’EPFL – à l’exception de la Faculté d’Architecture, souvent considérée comme le mouton noir de l’EPFL en termes de difficulté d’apprentissage. Car, oui, ce sont surtout des questions de différences de complexité de cursus qui viennent opposer nos chères hautes écoles, et par extension leurs corps estudiantins.

    Prof ou Pôle emploi
    Parce que l’EPFL a la réputation d’être difficile à réussir, ses étudiant·e·s sont stigmatisé·e·s comme des geeks ou des nerds, qui passent soi-disant tout leur temps à étudier, au dépend de leur vie sociale. À l’inverse, les étudiant·e·s de Lettres, qui s’intéressent plus aux sciences humaines, à la culture, et aux langues, sont considéré·e·s comme des personnes qui ne font rien, et qui possèdent comme seules possibilités d’avenir l’enseignement ou le chômage. Bien évidemment ces clichés, bien loin d’être propres à ces deux écoles spécifiques, découlent de présupposés qui trouvent leur origine dans les tréfonds de notre société.

    L’Université de Lausanne possède le label de gauchiste libéral

    Il existe des dictons qui prétendent que « ceux·elles qui savent faire, font ; ceux·elles qui ne savent pas faire, enseignent ». Ce sont justement ces maximes qui laissent suggérer un ordre hiérarchique entre les métiers éducationnels et ceux d’ingénierie, médecine ou autres. En partageant ces idées préconçues sur les voies professionnelles qui découlent d’une éducation supérieure en Sciences Sociales ou en Lettres mais aussi sur leur valeur hiérarchique ou utile dans la société humaine, les étudiant·e·s ne font donc que répéter et reproduire des stéréotypes déjà bien ancrés dans le monde professionnel – une tendance dont a pris conscience l’EPFL qui précise de manière explicite, sur la page de son site internet, les différences entre l’EPFL et l’université : « [qu’il] n’y a pas de formation qui soit meilleure qu’une autre. Les évaluations et les choix doivent être faits selon les priorités et les ambitions de chaque individu ».

    Gauchistes vs misogynes
    En dehors des présuppositions effectuées sur les difficultés éducationnelles auxquelles font face les étudiant·e·s de l’EPFL et l’Unil, ce sont surtout les stéréotypes concernant le genre et les positions politiques du corps estudiantin qui posent problèmes. L’EPFL, qui possède effectivement une majorité d’étudiants hommes, est souvent considérée comme un phare à attitudes misogynes. S’il existe bien une réalité troublante concernant les comportements inappropriés envers les femmes, ou toute autre minorité, celle-ci est cependant loin d’être propre au campus epflien, comme le démontrent les pages Instagram de @payetonunil @payetontournage, et @payetonimpro. Au contraire, ce n’est pas parce que l’Université de Lausanne possède le label de gauchiste libéral que ses étudiant·e·s ne subissent pas pour autant des violences verbales ou physiques.

    « Ceux·elles qui savent faire, font ; ceux·elles qui ne savent pas faire, enseignent »

    Donc, au lieu de se cacher derrière des étiquettes, il est plus intéressant de se rencontrer sans a priori et juger, au cas par cas, si l’on est face à quelqu’un de confiance, aux idéaux et morales semblables aux nôtres ou pas – ce que font déjà la plupart des personnes, conscientes finalement que ces stéréotypes ne sont rien d’autre que ça ; des vieux clichés sans réel fondement.

  • Des cerveaux en ébullition !

    Des cerveaux en  ébullition !

    Photo : ©EPFL

    Rédigé par : Jessica Vicente

    CAMPUS · L’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) accueille du 10 au 22 juillet une quarantaine d’enfants agé·e·s de 11 à 13 ans pour un camp intitulé Kids@Science. Ce dernier est le fruit d’une collaboration entre son Service de promotion des sciences et la Fondation Science et Jeunesse (FSJ). Qu’est-ce que ce camp hors du commun offre-t-il de si particulier ? Un petit tour d’horizon s’impose. 

    L’EPFL offre divers programmes d’études dans les disciplines de l’ingénierie, des sciences exactes et de l’architecture. Force est de constater qu’encore aujourd’hui, toutes facultés mélangées, elle compte 70% de sa population estudiantine qui est de sexe masculin et seulement 30% de femmes. Le manque de femmes dans les disciplines qu’on appelle communément les MINT (mathématiques, informatique, sciences naturelles et techniques) est un phénomène général en Suisse et dans d’autres pays. L’EPFL avec de nombreux programme œuvre pour contribuer à augmenter la proportion des femmes dans ces domaines.

    Favoriser le lien et le savoir

    Kids@Science respectivement sous-intitulé Girls@Science et Boys@Science propose deux semaines d’introduction aux disciplines scientifiques dans un cadre ludique et collaboratif. Ce concept existe depuis 2 ans. Chaque jour les enfants sont invités à découvrir diverses thématiques telles que : la robotique, la géologie, la physique, l’électricité, la photographie, l’astronomie, entre autres. Par ailleurs, ce qui est aussi enrichissant c’est que les enfants peuvent confronter et mobiliser diverses connaissances en passant d’un thème à un autre. Le camp est organisé de sorte à prendre en charge les enfants du lundi au vendredi 24h/24h. Ils·elles participent aux activités de neuf heures à seize heures environ encadrés pédagogiquement par des médiateur·ice·s scientifiques de l’EPFL, ensuite prennent part à d’autres loisirs tels que piscine, activités sportives, jeux de sociétés avec des moniteur·ice·s de la Fondation Science et Jeunesse, avant de regagner l’auberge de Jeunesse pour y passer la nuit. La participation à ce camp est gratuite. L’accent est néanmoins mis sur la localisation géographique du domicile de l’enfant. Comme l’explique Xénia Villiers, responsable de projet et de communication pour la Suisse romande de la Fondation Science et Jeunesse: « Évidemment nous avons beaucoup de demandes pour participer mais nous privilégions les enfants qui vivent loin du campus de l’EPFL afin qu’ils·elles puissent aussi avoir l’occasion de connaître cet endroit. » Il y a donc une volonté de faire dialoguer les différentes régions linguistiques de Suisse également. Xénia Villiers souligne que l’un des objectifs de ce camp est aussi de favoriser la cohésion d’équipe, et la collaboration. « D’où l’importance d’acquérir des compétences humaines qui sont nécessaire aussi au domaine scientifique, les filles doivent pouvoir être capables de s’exprimer, ne pas craindre de prendre leurs marques, travailler ensemble,… » ajoute-t-elle. 

    Non-mixte c’est plus fun !

    L’une des plus grandes particularités de ce camp c’est que filles et garçons sont séparés durant l’ensemble des activités qu’ils·elles réalisent. Plutôt curieux et peut-être contre-intuitif au premier abord, n’est-ce pas ? 

    « On constate que dans les activités mixtes, les garçons prennent naturellement plus de place.(…) cela se passe ainsi en partie parce qu’ils ont eu petit certainement plus d’expériences techniques et donc cela leur permet de prendre davantage confiance en eux. Ils prennent les choses en main et les filles vont alors prendre en charge des tâches plutôt secondaires mais pas vraiment participer au même titre que les garçons », explique Farnaz Moser-Boroumand, Directrice  du Service de promotion des sciences de l’EPFL. Une autre explication apportée par l’ingénieure est que les filles se sentent davantage en confiance lorsqu’elles sont en groupe entre elles. 

    Farnaz Moser-Boroumand, Directrice du service de promotion des Sciences de l’EPFL (© Alain Herzog)

    D’autres programmes sont mis en place depuis 2003 par Farnaz Moser-Boroumand et son équipe du Service de promotion des sciences pour favoriser l’éveil et l’intérêt des jeunes pour les sciences et les technologies dont certains exclusivement pour les filles et d’autres avec des configurations de classes mixtes. Dans les activités mixtes pour lutter contre les stéréotypes féminins associés au manque d’expérience antérieure, la stratégie éducative doit être adaptée. Comme le souligne Farnaz Moser-Boroumand : « Il faut que le contenu, les images et le langage tiennent compte de la dimension du genre. Ainsi le programme parle autant aux filles qu’aux garçons. L’intervenant·e doit être préparé à donner le même temps de parole aux filles comme aux garçons ». De cette manière, la pédagogie inclusive donne les mêmes chances aux deux sexes de se lancer dans des études scientifiques et techniques. 

    Une expérience qui porte ses fruits 

    Vendredi 15 juillet, c’est le jour de clôture de la semaine spéciale Girls@Science. Malgré la canicule et la fin de la semaine, les filles, toujours aussi enthousiastes ont pris part à la dernière activité proposée : le lancement des fusées en plastiques recyclés confectionnées par elles-mêmes. Puis, une cérémonie y est organisée dans les locaux de l’EPFL et à laquelle tous les parents sont chaleureusement invités. C’est surtout un moment convivial et l’occasion pour les jeunes filles de démontrer ce qu’elles ont appris et surtout comment elles ont vécu cette expérience hors du commun. Et les retours sont pour le moins très positifs. 

    crédits: Jessica Vicente
    (De gauche à droite: Xénia Villiers accompagnée de l’équipe de médiation scientifique et des moniteur·ice·s ; Larisse, Fabrizia, Shan, Guilain, Anthony, Carole, et Jenny (© Jessica Vicente)

    « On s’est très bien entendus dès le début, c’était vraiment chouette de rencontrer des nouvelles copines ! » – s’exclame Céline, participante de 12 ans. « Tout était parfait, sauf peut-être les repas (en référence à la semaine composée de plats végétariens exclusivement) » plaisante Léonie, participante de 13 ans. Une cinquantaine de parents sont venus admirer les prouesses scientifiques de leurs filles. Pour cette occasion, des petites vidéos récapitulatives de ce qui s’est passé cette semaine ont été filmés, et montés avec l’aide de l’équipe de la médiation scientifique de l’EPFL. Une expérience qui s’est avérée concluante et qui aura certainement ouvert de bonnes perspectives pour les choix de formations de ces générations.

  • Les mains derrière Balélec

    Les mains derrière Balélec

    Image : ©Balélec

    Propos recueillis par : Ylenia Dalla Palma

    INTERVIEW • Chaque année depuis maintenant exactement 40 ans, se tient l’un des plus gros festivals estudiantins d’Europe sur le campus même de l’EPFL : Balélec. Mais qui nous permet de remplir notre tête de souvenirs tous plus beaux les uns que les autres ? L’auditoire est allé à la rencontre de Andréa Montant, l’une des vice-président·e·s au comité du festival.

    Tout d’abord, comment as-tu eu envie de devenir bénévole pour Balélec ?

    Alors, je ne suis pas très représentative parce que je suis passée par la porte de comi-staff, qui est le bras droit d’un·e membre du comité qui n’arrive qu’au deuxième semestre. C’est une amie de mon grand-frère qui avait besoin de quelqu’un de jeune pour renouveler le comité, enthousiasmée à l’idée, j’ai dit oui. Mais pour te donner une idée du parcours un peu plus représentatif, généralement, on envoie une communication en expliquant ce qu’est Balélec, avec des aftermovies pour donner envie. Les personnes intéressées nous contactent et on leur fait passer des interviews. À l’issue de ce parcours, on décide qui fera partie de notre équipe.

    Souvent, les personnes qui souhaitent faire partie de l’organisation de Balélec le font car cela change du milieu estudiantin. C’est une organisation qui est assez pro, tout en ayant une belle ambiance de famille. On a notre local où tout le monde peut venir traîner. On a aussi une énorme communauté d’ancien·ne·s, c’est-à-dire que dès que quelqu’un a fait partie de Balélec une année, il·elle reste affilié·e à l’organisation. Ce sont des gens essentiel·le·s pour nous, puisque ça nous permet de fonctionner sur un mode de transmission de savoir-faire de génération en génération. Particulièrement, pour ce retour post-COVID, ils·elles sont important·e·s pour briefer les nouveaux·nouvelles du comité.

    D’ailleurs, avez-vous des attentes en tant que bénévoles pour ce retour en présentiel post-Covid ?

    En 2020, on s’était fait prendre de court car on avait été annulé·e·s juste avant le festival à cause du COVID, alors que tout était presque prêt. Donc, sur le moment on a décidé de faire une édition en ligne. Mais cette édition n’a pas eu beaucoup de succès puisque les festivalier·ère·s sont évidemment plus adeptes du réel que du virtuel.

    En 2021, on était dans le doute durant toute l’année, étant donné que les mesures COVID n’arrêtaient pas de changer. C’était un moment difficile pour l’équipe, notamment pour trouver de la motivation, sachant qu’on risquait d’être annulé·e·s à tout moment. Les ancien·ne·s ont là aussi été très important·e·s pour nous. Finalement, nous avons pu faire Balellipse. C’étaient des petits concerts répartis sur le campus, ce qui nous a permis de retrouver nos valeurs de base, notamment en promouvant des artistes locaux·les.

    Nous sommes donc très heureux·ses de pouvoir organiser cette édition en présentiel et de retrouver l’ambiance du festival.

    Pourrais-tu me parler un peu de l’organisation du comité ?

    Dans le comité, nous sommes 60 en tout. Il y a l’équipe administrative qui gère la stratégie du festival et qui est composée d’un président et cinq vice-président·e·s qui sont responsables de différents pôles. Il y a le pôle Finances qui gère toutes les questions de comptabilité et de sponsoring, le pôle Opération qui gère toutes les problématiques liées à la foule pendant la soirée (sécurité, flux, accréditations…), le pôle Logistique pour tout ce qui est montage d’infrastructures sur le site (éclairage, barrières, scènes,…) et le pôle Affaires Artistiques pour tout ce qui touche à l’identité visuelle ou musicale du festival. Enfin il y a deux postes transversaux qui gèrent les relations publiques et l’amélioration continue.

    J’ai lu que vous aviez une charte suite aux témoignages de faits sexistes sur le campus. Est-ce que le comité a prévu de mettre quelque chose en place lors du festival ?

    C’est une chose à laquelle on avait pensé́ depuis plusieurs années et dès 2020, on a créé un poste de responsable pour réfléchir à cette question. Lorsque les problématiques de sexisme et de harcèlement à l’EPFL ont commencé́ à être dénoncées, plusieurs associations du campus ont rédigé cette charte, que nous avons signée sans hésitation. En faisant des recherches, nous nous sommes rendu·e·s compte à notre plus grande surprise qu’il n’y avait pas grand-chose qui avait déjà été mis en place dans les autres festivals. C’était donc un vrai défi que de trouver des solutions. Ensuite, nous avons réfléchi à quelles mesures prendre concrètement dans le cadre de notre festival. Pour le moment, nous avons renforcé́ toutes nos communications et formations sur le sujet, que ce soit sur nos réseaux sociaux pour le public, au sein de nos staffs, pour les personnes qui tiennent les stands ou pour les membres du comité́. Il y a aussi des procédures sécuritaires précises impliquant des professionnel·le·s qui sont formé·e·s à agir dans ce genre de situation. Nous réfléchissons à d’autres projets qui seront implémentés pour les futures éditions également. Autrement, la problématique est présente dans tous les postes, on peut citer par exemple l’éclairage du site qui permet d’éviter toute zone sombre propices à des comportements malveillants.

    Par rapport aux artistes, comment les choisissez-vous ?

    En début d’année, on réfléchit à notre public cible, qui sont majoritairement les étudiant·e·s. On regarde les artistes qui tournent au moment du choix, les écoutes sur Spotify ou d’autres plateformes ou encore les articles de presse pour tenter d’esquisser les préférences du public. Concernant la recherche, ce sont les programmateur·ice·s qui sont le point de contact, un·e par scène. On essaie donc d’avoir des personnes qui s’y connaissent en différents styles musicaux pour plus de diversité. Pour cette année, cela me tenait à cœur d’avoir un maximum de groupes locaux, et d’artistes qui pouvaient ne pas venir en avion par souci de durabilité. On a aussi cherché à avoir de la parité au sein des artistes, mais cela a été difficile car les artistes féminines ont de plus gros cachets que leurs homologues hommes du même niveau. Nous avons finalement cette parité grâce à de plus petites artistes montantes dans lesquelles nous croyons !

    Comment fais-tu pour gérer ton temps entre tes études et Balélec ?

    À mes débuts en tant que comi-staff, cela ne me prenait pas tant de temps que ça, puisque mon rôle était d’alléger celui de ma référente de comité, surtout que j’étais encore en première à l’EPFL. En revanche, quand tu passes en comité tu es obligé·e d’organiser ton temps entre les cours et l’association. Ces temps-ci, à l’approche du festival, avec mon binôme on reçoit environ 200 mails par jour à l’approche du festival, et j’y passe donc environ 8h par jour. Mais c’est aussi parce que ça nous passionne énormément ! Ça prend le temps que tu lui donnes. Bien sûr c’est très variable selon les postes au comité.

    Que dirais-tu que cette expérience t’apporte sur le plan personnel ?

    Personnellement, je suis arrivée à Balélec intimidée par la taille de l’association. En faire partie m’a aidée à prendre confiance en moi. Tu as beaucoup plus de responsabilités et donc tu es obligé·e d’oser y aller. Par exemple, à l’époque, je gérais les loges, donc c’était important que j’aie assez confiance en moi. Puis, en devenant vice-présidente, se sont ajoutés les enjeux stratégiques et plus de la gestion humaine, ce qui m’a énormément fait grandir. Je me suis prise une sacrée claque mais ça permet d’apprendre à gérer les émotions et le travail. Ce qui est sûr, c’est que cela apporte beaucoup de bonheur et de belles amitiés. Je remercie Balélec pour cet aspect-là.

    Finalement, quel est ton plus beau souvenir de Balélec ?

    C’est une question difficile, haha ! Le premier, c’est quand j’étais responsable des loges. On avait aussi accès aux backstages, et avec mon amie on a pu regarder le concert de Meute depuis tous les angles. C’était un petit moment de pause dans la soirée très rafraîchissant. Je me suis vraiment rendu compte de l’ampleur du festival à ce moment-là et j’en étais fière. Le deuxième, c’était Balellipse. Étant donné que c’était un moment assez dur pour le comité et qu’on était en pleines montagnes russes émotionnelles, pouvoir concrétiser un projet comme Balellipse était une bouffée d’air frais et d’espoir dans cette ambiance COVID. C’était super fort pour moi de voir à nouveau les gens motivé·e·s. Ensuite, le moment que j’adore lors de Balélec, c’est la fin de la semaine de montage. On est tous·te·s fatigué·e·s, on dit n’importe quoi mais on est ensemble, heureux·ses de ce qu’on a réalisé. C’est ce que j’ai le plus hâte de retrouver.

    Plus d’infos : https://balelec.ch/fr/

    Le comité vous conseille de venir en avance (1h d’attente environ)

  • Fécule : vous reprendrez bien une frite ?

    Fécule : vous reprendrez bien une frite ?

    Image : ©Fécule

    Propos recueillis par : Johanna Codourey

    FESTIVAL • À l’occasion de la 15ème édition du Festival Fécule, L’auditoire s’est entretenu avec Jonas Guyot, organisateur du festival, et Céline Bignotti, l’une de ses stagiaires.

    15ème édition, c’est un chiffre anniversaire. Qu’est-ce qui change cette année ?
    CB : Surtout le fait qu’on soit sur deux sites différents entre la Grange et le Vortex. Dans la programmation, il y a un spectacle belge, La grande marche, axé sur la question de l’engagement politique, et un spectacle français, Les êtres de papiers qui s’intéresse à la question de la liberté. Fécule accueille aussi des artistes suisses, comme le groupe alémanique Händel à Paris qui improvise de la musique dans un style baroque. À titre personnel, je gère un projet de court-métrage Piazzale d’Italia produit par le tessinois Enea Zucchetti. C’est un projet vraiment intéressant avec des inspirations riches dont Michelangelo Antonioni. À l’issu de la projection, il y aura une discussion (en italien) ouverte à tous·te·s.

    Quelle est la programmation de cette 15ème édition ?
    JG : Il y aura du théâtre, de la danse, de la musique, une exposition sonore, une comédie musicale et des lectures. C’est un festival pluridisciplinaire qui était initialement dédié au théâtre. Au fil des éditions, il s’est ouvert à d’autres disciplines. Cette année, on compte 34 projets sur deux semaines avec plus de 300 étudiant·e·s impliqué·e·s. Le festival a aussi le sous-titre festival des cultures universitaires. Pour y participer, il faut donc être inscrit·e à l’université ou dans une haute école. La majeure partie des productions sont issues de l’Unil et de l’EPFL, mais aussi d’autres universités en Suisse romande comme celle de Neuchâtel avec une adaptation d’un texte antique.
    CB : Il y a aussi des soirées spéciales. Par exemple, on présente une soirée spéciale « cinéma » où on projette trois films différents. Il y a aussi une soirée « antique » et une autre soirée « improvisation ». Si on s’intéresse au théâtre, le festival propose cette année à la fois des textes classiques, avec J. Ford et O. Wild mais aussi F. Dürrenmatt, des textes antiques actualisés et des créations contemporaines sur la question de l’immigration de l’altérité, etc. On accueille aussi une forme un peu absurde inspirée des sitcoms actuelles avec Expo 22.

    Deux salles deux ambiances, qu’est-ce qui va habiter le Vortex particulièrement ?
    JG : C’est une scène assez propice aux concerts, donc il y aura de la musique : du rock, de la musique barock et du swing avec le Big Band de Dorigny. Nous avons même une DJ qui va clôturer le festival. C’est l’édition la plus musicale depuis la création, aussi grâce au Vortex.

    Quelles performances particulières dans cette édition ?
    JG : Dommage qu’elle soit une putain notamment. C’est un spectacle assez audacieux car il touche à l’inceste, une thématique qui pourrait être mal interprétée. C’est pourquoi, il y aura une discussion à la fin de la représentation afin que le public ait des clés de lecture et n’imagine pas que nous faisons l’apologie de l’inceste. Il nous semble important d’en discuter car le propos est un peu plus complexe.
    CB : On peut aussi évoquer les différents formats, notamment les spectacles qui seront joués à l’extérieur : un format improvisé dont le lieu reste caché pour le public et les improvisateur·ice·s (ICI) ; un dans le jardin de La Pel’ – c’est une forme d’escape room théâtralisé – et un spectacle itinérant avec 5 écrivain·e·s qui présente un portrait singulier de « Chloé », permettant à chacun·e d’ébaucher sa propre image du personnage.

    Quelle est la philosophie du festival ?
    JG : Philosophie s’il y a, c’est un festival étudiant pour les étudiant·e·s avec un public assez éclectique : des ami·e·s, mais aussi les proches. C’est un lieu d’expérimentation où on sent une envie de tester des choses. Fécule, c’est un moyen pour beaucoup d’étudiant·e·s de poursuivre leurs études en confrontant théorie et pratique, en s’emparant d’un objet étudié en cours, adapté en objet de création. On met à disposition le plateau de la Grange dans un contexte bienveillant pour une expérience professionnalisante, car le festival permet de voir ce que de tels projets impliquent, tout en restant encadré·e. C’est aussi une diversité des langues, des parcours, etc.

    Quelles attentes avez-vous après deux ans de « pause » ?
    JG : Elles sont énormes. Lors de la rencontre avec les artistes, on a vu l’envie qu’ils·elles ont de monter sur scène, de re-proposer des choses, de rencontrer un public. Une salle de concert ou de théâtre sont des lieux où tout est basé sur l’échange et je crois que ça nous a manqué. Il y a sûrement des gens qui ont oublié que ça leur avait manqué… On espère que le Fécule va le leur rappeler et qu’ils·elles vont se joindre à nous, en nombre.

    Infos pratiques :
    Entrée : 5.-
    Abonnement : 15.- pour 2 semaines
    Le programme complet est disponible sur le site de la Grange :
    https://www.grange-unil.ch/evenement/festival-fecule/