• Petites particularités helvétiques sous l’œil étonné des étudiants TANDEM en FLE

    Petites particularités helvétiques sous l’œil étonné des étudiants TANDEM en FLE

    Photo : ©Myriam Détraz

    ÉCHANGE • Noël, c’est l’occasion de revenir sur certains moments vécus par les étudiant·e·s de l’École de français langue étrangère (EFLE). Ces anecdotes témoignent pour la plupart de chocs culturels.

    Cultures cellulaires et précision horlogère

    Né en Inde et ayant vécu en Ecosse, j’ai toujours pensé que les Suisses étaient très ponctuels et soucieux du temps. Les grandes entreprises horlogères ont consolidé ma notion.

    C’était ma première semaine en Suisse et mon troisième jour de travail. « Quand avez-vous mis les cultures cellulaires en incubation ? » m’a demandé mon patron. J’ai regardé dans mon journal où j’avais consigné le temps très méticuleusement et j’ai répondu 8h43 les deux premiers matins et aujourd’hui j’étais un peu en retard donc à 8h47 aujourd’hui.

    Il a regardé son collègue et ils ont tous les deux ri en disant : « Tu es plus suisse que nous deux réunis ». 

    (Shashank, Inde/Écosse)

    Ouvrir la fenêtre, un tour de force 

    Mon premier jour ici, il y a beaucoup de choses qui m’ont intriguées. Quand je suis allé à mon hôtel à Genève, j’ai été fasciné par la fenêtre de ma chambre. Au Canada, c’est plus typique d’avoir des fenêtres qui s’ouvrent seulement horizontalement, mais quand j’ai essayé la fenêtre pour la première fois ici, j’ai commencé à tourner la poignée, mais j’ai été surpris car la poignée pouvait tourner à 180 degrés. Quand elle a tourné, j’ai sursauté quand la fenêtre a commencé à descendre.                               

    (Matthew, Canada)

    Premier jour de cours

    Nous savons tous que pour les Suisses, la ponctualité est primordiale. Ce n’est pas le cas en Italie, surtout quand on prend le train, qui est toujours en retard ou n’arrive pas du tout. Sans trop me soucier de l’heure de départ du train, je me prépare calmement comme chaque matin, puis je réalise que je n’ai que cinq minutes pour arriver à la gare. Donc je quitte la maison et commence ma « course du matin » pour essayer de ne pas rater le seul train qui me permettra d’arriver à l’heure en classe. Mais juste quand je suis presque arrivée à la gare, je le vois passer à toute vitesse devant moi. Et c’est ainsi que j’arrive en retard à mon premier cours de français au cours de vacances. Bon début…

    (Elena, Italie)

    Boire de l’alcool en public

    Le fait qu’il soit légal de boire de l’alcool en public m’a surpris aussi. Je ne le savais pas, et un jour, quand j’étais dans le métro, j’ai vu un groupe de personnes pompettes qui buvaient une bouteille de vin. Je les ai trouvés très audacieux et j’ai eu peur pour eux qu’ils aient des ennuis, mais ensuite j’ai découvert qu’ils avaient tout à fait le droit !

    (Dani, Mexique-USA)

    De l’importance de la prononciation

    Mon ami suisse romand est propriétaire d’un petit hôtel. Un jour, il m’a invité chez lui pour le dîner. Avant le dîner, il m’a appelé par téléphone et m’a demandé :

    – Qu’est-ce que tu préfères pour le repas ?

    – J’aime les légumes grillés et le poison /pwa·zon/. J’ai répondu.

    – Quoi ? Bien sûr du poison ? Je suis désolé je n’ai pas de poison. C’est dangereux ! a-t-il dit.

    – J’ai dit « le poisson » mais avec la prononciation /z/, et pas /s/. En fait, je voulais dire « poisson » c’est un animal qui vit dans la mer.

    Finalement, nous avons beaucoup ri ce jour-là. D’ailleurs, c’est vraiment une bonne leçon pour moi. La mauvaise prononciation peut être dangereuse.                         

    (Ibrahim, Turquie)

    Week-end santé !

    Je savais qu’avant d’arriver c’est une culture extrêmement différente ici en Suisse, mais j’ai trouvé ça drôle quand j’ai passé ma première journée d’un week-end à monter sur une montagne. Ceci ne correspondait pas à la manière dont je passais mes week-ends en Grande-Bretagne normalement ! Habituellement, les étudiants britanniques vont sortir les soirs d’un weekend, et passer les journées à récupérer ! Ce n’est pas un weekend sain comme celui que les Suisses semblent connaitre ! Je savais que j’aimais randonner, mais ce qui m’intéresse c’est que ce n’est pas une chose habituelle pour moi à l’université. Donc, même si c’est une différence culturelle entre ma vie en Écosse et en Suisse, cela m’a donné des journées peut être plus mémorables que certaines journées dans mon pays d’origine.

    (Charlie, Écosse)

    Un crime envers le fromage

    Mon anecdote fait référence à la nourriture typique. Un jour, une amie colombienne m’a invitée, ainsi que deux de ses amis suisses, à goûter un dessert colombien particulier et très simple. Ce dessert consiste à mélanger des bonbons à la goyave avec du fromage. Pour moi, c’était un bon souvenir de mon dessert d’enfance préféré, mais pour les amis suisses, c’était un crime contre le bon fromage. Ils ont dit que le bon fromage ne peut jamais être mélangé avec des aliments sucrés.  

    (Ivan, Colombie)

    Transport gratuit ?

    Quand je suis arrivée en Suisse, la première chose que j’ai expérimentée c’est les transports publics. A Santiago, nous avons beaucoup de bons bus et de métros, mais la ponctualité n’est pas des meilleures. En fait, les gens paient dans une machine obligatoirement pour arriver à l’entrée. Nous avons une sorte de garrot dans les bus pour entrer. Donc ici, j’ai pensé que le transport est gratuit parce que je n’ai jamais vu de garrot nulle part ; donc au début je n’ai pas payé jusqu’à ce qu’un ami me dise que les gens paient virtuellement avec une application et qu’ils ne contrôlent pas car ils font confiance aux gens. Ce système ne pourrait pas fonctionner à Santiago parce que les gens ne paieraient tout simplement pas.

    (Victoria, Chili)

    Horaires imprévisibles

    Quand j’ai voulu m’enregistrer à la commune pour un permis de séjour, j’ai essayé de passer après mes cours, à 18h30. J’ai été surpris de constater que le bureau communal avait déjà fermé pour la journée et que je l’avais manqué de quelques minutes. Un peu déçu, j’ai décidé de revenir le lendemain. Quand je suis arrivé le lendemain, j’ai vu que le bureau allait fermer à 12h30. Fatigué mais motivé de finir, j’ai couru pour ramasser tous les documents nécessaires et je me suis finalement enregistré une minute avant 12h30. En général, j’ai été supris que les entreprises suisses ferment pour le déjeuner (pour le dîner en Suisse) et qu’elles ferment si tôt, même pour une clientèle d’étudiants. C’est particulier comme ça avec la Migros de l’EPFL, alors c’est parfois difficile d’avoir un dîner tard, malheureusement.

    (Matthew, Canada)

    Le fait de cracher par terre est amendable…

    Je me promenais avec ma tante au centre-ville, lorsque j’ai vu quelqu’un qui crachait et quelques secondes après, une personne est venue vers lui et lui a infligé une amende pour avoir craché par terre, ce qui est interdit par la loi. J’ai été très surprise d’apprendre cela. J’ai trouvé cela très bizarre parce qu’en Tunisie on peut cracher sans avoir de problèmes.

    (Malek, Tunisie)

    Être en retard, une question d’appréciation

    Tout le monde est ponctuel comme une montre et ils sont toujours à l’heure. Mais, ce n’est pas juste. C’est la vie, parfois on a beaucoup de choses dans notre vie qui sont spontanées et extraordinaires. Par exemple, parfois les transports peuvent être en retard, et c’est normal. Ça m’a impressionnée qu’en Suisse (le pays le plus heureux au monde) les gens se jettent sous le train. Après le train est en retard. D’autres personnes sont mécontentes à cause de ça.

    Ce stéréotype suisse dépend de la région. Dans le canton de Vaud il y a la règle du « quart d’heure vaudois ».  Le quart d’heure vaudois est la seule demi-heure qui dure quarante-cinq minutes.

    (Lisa, Ukraine)

    Maîtriser plus de 3 langues étrangères, un prodige !

    Apprendre une langue est une tâche vraiment difficile pour moi ; c’est pourquoi j’admire les gens qui en parlent plusieurs. Un jour, j’ai dit à Marie que, comme Clara parle couramment sept langues, elle doit être une alien. Deux jours après, j’ai compris que Marie en parle huit. J’ai voulu rire et pleurer en même temps. Parler plus de trois langues est vraiment fascinant pour les Turcs, et particulièrement pour moi !

    (Hilmi, Turquie)

    Cuire des pâtes…

    Quand je suis arrivé en Suisse, j’ai vécu dans un appartement d’étudiant en colocation. Les colocataires étaient de diverses nationalités, originaires d’Italie, d’Allemagne, du Japon et de Colombie. Normalement, tout le monde aimait se rassembler dans la cuisine, donc inévitablement tout le monde remarquait ce que les autres cuisinaient. A cette époque, je ne savais que cuisiner des pâtes, mais pas vraiment. Chaque fois que je commençais à faire cuire les pâtes, l’Italien se rendait dans sa chambre. Pendant quelques semaines, j’ai pensé qu’il avait un problème personnel avec moi, mais un jour mon amie colombienne, qui était une amie de l’Italien, m’a dit qu’un jour l’Italien lui avait dit qu’il ne savait pas comment me dire que les pâtes ne se cassent jamais pour les mettre dans la marmite. Alors, ce qui pour moi était une question de cuisiner quelque chose de simple, n’était pas si simple, pas même pour mon colocataire qui m’observait. 

    (Ivan, Colombie)

    Accent écossais !

    J’ai été invité à dîner par mes voisins que je croise tous les matins lors de ma promenade matinale. Il se trouve qu’un de leurs amis était également l’un des invités. Et bien sûr, j’ai commencé le marché mental d’un non francophone de combien je peux communiquer clairement et dans quelle langue.

    L’ami de mes voisins est un Écossais vivant en France depuis environ 21 ans. Après avoir appris que j’avais vécu en Écosse, il m’a dit : « Ne vous inquiétez pas, nous pouvons parler en anglais. » À sa grande surprise, j’ai répondu en français.

    Ils étaient tous vraiment contents de me voir faire un effort. Mais en réalité, c’était un choix facile entre la douleur de comprendre l’accent écossais et la difficulté du français.

    (Shashank, Inde/Écosse)

    Se moucher en public !

    Je ne comprends pas que certaines personnes en Europe se mouchent à voix haute dans le métro. Cette situation est très mal vue en Turquie.

    (Hilmi, Turquie)

    Multinlinguisme helvétique !

    Une autre différence culturelle qui j’ai connue pendant mon temps passé en Suisse c’est le multilinguisme. Un fois de plus, avant d’arriver, je savais que la Suisse était un pays multiculturel avec plusieurs langues, pourtant j’avais confiance dans le fait que ma connaissance de la langue française serait suffisante. Pourtant, quand je suis arrivé, j’ai trouvé que parfois, je ne reconnaissais pas certains produits dans les magasins, ou que c’était assez difficile de naviguer sur des sites sur l’internet parce qu’il y a beaucoup plus d’utilisation de l’allemand que ce que j’attendais ! C’est assez différent en Grande Bretagne ou seul l’anglais est utilisé.                                                         

    (Charlie, Grande-Bretagne)

    Se servir d’abord ?

    J’étais une fois au restaurant avec ma famille, et comme d’habitude, j’ai pris la bouteille d’eau et j’ai rempli mon verre. Tout à coup, j’ai remarqué que toute ma famille me regardait bizarrement ; j’ai dit : « qu’est-ce qu’il y a ? Ça va ? ». Ma tante m’a répondu : « il faut servir les autres d’abord et puis tu te sers après. »

    J’ai dit : « d’accord, qui veut de l’eau ? »

    J’ai trouvé ça un peu bizarre parce que je n’ai pas l’habitude et dans mon pays on ne fait pas ça, parce que chaque personne se sert seule.                

    (Malek, Tunisie)

    L’anglais en Suisse

    Quand je suis arrivée à Lausanne, j’ai dû faire beaucoup de choses pour des documents administratifs. Et chaque jour, j’ai demandé à quelqu’un de m’aider et je faisais ça en anglais. La première phrase que j’ai apprise, c’est : « est-ce que vous parlez anglais ? ».

    Souvent les gens m’ont dit : « oui, un peu » (et ils essayaient de m’aider). Et après il parlaient un anglais parfait. Mais parfois des gens m’ont dit : « non ». Et ils ne m’ont pas aidée, parce que je ne parlais pas français. Peut-être que c’est normal. Historiquement, les Suisses Romands n’aiment pas l’anglais. Je sais qu’il y a quatre langues ici et l’anglais est hors de la liste. C’est normal de vouloir protéger les règles, les langues dans son pays. Mais l’anglais est international et il nous aide dans la conversation ; c’est important de le comprendre, n’est-ce pas ? dans mon pays, la situation est inverse. Par exemple, si on n’a rien compris, on essaye de gesticuler et de s’expliquer dans notre langue en parlant plus fort.

    (Lisa, Ukraine)

    Dimanche, week-end pour tous

    C’est ce qui m’impressionne le plus. Tout est fermé : les supermarchés, les pharmacies, les boutiques etc. C’est le jour pour les familles.

    Mais, ce n’est pas un secret que pas tout le monde a une famille ou des plans pour être dans la nature, faire le ménage (oh, non, c’est interdit, parce que c’est le dimanche). Nous avons besoin de faire les courses, d’acheter des vêtements ou si c’est quelque chose d’urgent et lié à la santé, nous devons acheter des médicaments, et non pas se présenter aux urgences (à cause d’un bobo).

    Dans mon pays il y a tout qui est ouvert, tout fonctionne et on peut faire tout qu’on veut. Je suis d’accord que c’est important d’avoir le week-end, mais on peut en profiter n’importe quel autre jour.

    (Lisa, Ukraine)

    Salutations un peu froides

    Les gens ici sont très froids ; je me souviens que la première semaine j’ai essayé de saluer tout le monde en faisant un bisou et un câlin, mais certaines personnes m’ont rejetée et m’ont regardée de travers. Plus tard j’ai compris qu’ici les gens ne se saluent pas comme ça. Ils sont très froids.

    Sur zoom

    Quand la pandémie a commencé, j’ai continué à aller sur le campus de l’université.  Puis j’étudiais avec mon ordinateur en classe. Il y avait aussi des étudiants là-bas.  Normalement, le cours commençait à 10h00.  Même après une heure, le cours n’avait pas encore commencé. Tous les élèves dans la même classe utilisaient leurs ordinateurs.  Ils écoutaient et regardaient quelque chose.  Mais je n’ai rien compris à ce qui se passait.  Je n’ai pu poser aucune question car tout le monde portait des écouteurs.  Le professeur n’était pas encore entré dans la classe.

    Après la première pause, j’ai appris que la leçon n’était pas en « face à face » !  C’est-à-dire c’était « en ligne ». C’était la première introduction avec « Zoom ».

    (Ibrahim, Turquie)

    Pièce de monnaie

    J’ai aussi été fasciné par la pièce de monnaie de 5 francs. J’ai comparé la taille avec ma main et j’ai trouvé que c’était la taille de trois doigts ! Au Canada, les cinq dollars sont des billets.

    (Matthew, Canada)

    Les heures d’ouverture

    La chose qui m’a surprise le plus c’est que les épiceries, les magasins, et les restaurants ferment très tôt et sont aussi fermées le dimanche ! Au Mexique et aux États-Unis, ces lieux ferment très tard, et à mon avis je préfère ça. C’était un vrai choc culturel quand je suis allée à la Migros un dimanche pour acheter quelque chose à manger, et que j’ai trouvé que rien n’était ouvert l’après-midi ! Donc, je suis allée à la gare !      

    (Dani, Mexique-USA)

    Les heures de fermeture

    Comme tous les après-midis, mes amis et moi sommes allés au métropole pour prendre un goûter et parler. Ne regardant pas l’heure sur nos téléphones, nous avons continué à parler sans trop nous préoccuper du temps qui passait. Vers 19h, nous sommes allés aux toilettes un moment, sommes retournés à notre table et avons vu que toutes les personnes qui s’étaient assises aux tables précédentes n’étaient plus là, les lumières étaient éteintes et nous étions les seuls à rester. Puis un serveur est venu et nous a demandé poliment de partir parce qu’ils étaient en train de fermer. Comment se fait-il qu’il n’était que 19 heures ?                                                                                                                        

    (Elena, Italie)

  • Anecdotes des étudiant·e·s en échange en Suisse

    Anecdotes des étudiant·e·s en échange en Suisse

    La fondue… 

    J’étais en train de manger de la fondue avec mes colocataires et à la fin j’avais la sensation d’avoir trop mangé. J’ai traduit littéralement une expression qu’on a au Mexique et j’ai dit « J’ai la maladie du cochon ». Ils m’ont regardé en rigolant et je ne savais pas que ce n’était pas une expression ici. Alors j’ai dû expliquer qu’au Mexique on dit ça quand on a trop mangé et qu’on a envie de dormir parce qu’on ne peut même pas bouger. A partir de ce jour-là, ils disent toujours qu’ils ont la maladie du cochon. 

    Mariana, Mexique

    Prononcer à la francophone, même les mots anglais

    Il y a une chose qui est vraiment bizarre pour moi. On avait intégré beaucoup de mots anglais dans la langue française mais on prononce les marques anglaises à la française. Tout le monde dans le cours de programmation prononce Python comme le serpent et il y a quelques années quelqu’un a prononcé même les produits iPad ou iPhone avec un « i » français. En allemand on ne le fait pas. Nous utilisons toujours les prononciations originales des marques sauf pour une marque quin’est pas connue. Ça me gêne toujours si quelqu’un doit corriger ma prononciation. Pourtant si je dis que j’apprends la programmation avec Python (prononciation anglaise) il n’y a personne qui me comprend.

    Sandro, Suisse allemande

    Voitures volantes

    Les Alpes suisses sont les montagnes les plus célèbres au monde. En hiver, il n’y a pas de meilleur endroit pour skier et en été, elles sont parfaites pour randonner. Mais pour conduire ? Les endroits où les voitures et les bus peuvent se croiser me semblent insolites. La nuit, je pensais qu’il y avait des voitures volantes comme dans Harry Potter parce que je ne pouvais pas croire qu’il y avait des personnes qui conduisaient à cette hauteur. Au début, je pensais que j’allais mourir à chaque fois que je montais aux alpages ; maintenant je conduis presque comme un Valaisanne. 

                                                       Esther, Etats-Unis & Honduras

    Le contrôle des habitants, toute une histoire !

    Quand je suis arrivée à Lausanne, j’ai été informée d’une obligation fondamentale en Suisse. Tout le monde doit s’inscrire au Service du Contrôle des habitants. Même ce fait m’a choquée ! Avant, j’habitais aux États-Unis et en Angleterre, donc c’est très officiel à mon avis. Cependant, cette histoire ne concerne pas cela, mais plutôt ma confusion dans un nouveau pays !

    J’ai envoyé les dossiers au Service du Contrôle des habitants à Lausanne. Je me suis dit « Parfait, ce procédé était trop stressant, mais heureusement c’est terminé ! » Bien sûr, le jour suivant j’ai reçu un courriel qui disait « Madame, vous n’habitez pas à Lausanne. Vous habitez à Ecublens, et il faut envoyer vos documents au Service du Contrôle des habitants de cette ville. » C’est embarrassant que je n’aie eu aucune idée du fait que c’était deux communes différentes ! Ensuite, j’ai pu refaire complètement le procédé. C’était ennuyeux, mais au moins maintenant je ne confonds plus les deux !

    Taylor, Etats-Unis

    Un horaire pour faire la cuisine…

    Un jour, alors que je rendais visite à mon meilleur ami ici en Suisse, j’ai décidé de faire la cuisine pour notre dîner. Alors que je préparais les ingrédients pour la cuisson, mon ami m’a demandé combien de temps il faudrait pour préparer ce plat. Eh bien, à ce moment-là, j’ai remarqué que c’est une différence culturelle : le timing semble très important en Suisse, alors qu’il n’est pas le même en Asie. Nous ne mesurons jamais le temps nécessaire à la préparation d’un plat. Quand il est prêt, il est prêt pour nous. J’ai également été surprise d’apprendre par mes amis que toutes les activités doivent être effectuées dans le respect du temps en Suisse. 

    Susu, Birmanie

    L’amour de la randonnée

    Ici en Suisse, on adore la randonnée. Tout le monde fait de la randonnée: les petits, les plus âgés, les familles, les couples, tous. Et pourquoi pas? La Suisse est dotée d’une multitude d’espaces pour profiter de la nature majestueuse qui est présente dans le pays. Donc, pour en profiter moi aussi, je me suis mise en route pour faire une randonnée. On m’avait bien préparée bien sûr, en m’informant des chaussures appropriées qu’il faut mettre, de la nourriture qu’il faut apporter et d’autres informations importantes. Pourtant, on m’avait peut-être surestimé le niveau. Et donc, a commencé ma première randonnée suisse dure. J’étais souvent à bout de souffle, raison pour laquelle on a dû faire beaucoup de pauses. Quand je croyais qu’on était près de notre destination finale, on était quand même assez loin. En plus, à chaque pas, il me semblait que mon sac devenait de plus en plus lourd. Heureusement, quand on a enfin atteint notre destination, j’avais oublié toute la douleur que je venais de sentir pendant quelques heures. La vue a été une des plus belles vues que j’aie vue dans ma vie. Hélas, j’ai appris deux choses de cette expérience. La première, la randonnée est bien pour tout le monde en Suisse, mais bien sûr, en fonction de votre propre niveau (ce qu’il faut annoncer bien à l’avance). La deuxième, où que vous vous trouviez, et quelle que soit la douleur que vous sentirez, la destination finale, ainsi que les souvenirs que vous créerez pendant celle-ci, vaudront toujours la peine. 

    Khadija, Pakistan

    Nourriture épicée, non pas tant que ça !

    Quand je suis arrivée en Suisse, j’ai organisé un brunch avec mes colocataires avec des plats typiques du Mexique. Elles m’ont demandé s’il y avait quelque chose de piquant dans la nourriture et j’ai dit que ce n’était pas si piquant. On a commencé à manger et c’était trop piquant pour elles. Après elles ont dû boire un litre de lait. 

    Mariana, Mexique

    Comment devenir riche en vendant de l’eau !

    La première anecdote, je l’ai vécue (quand j’étais) dans un restaurant avec mes amis. L’Espagne est probablement l’unique pays en Europe où il n’existe pas l’option de demander de l’eau courante. Donc, quand le serveur nous a apporté une bouteille d’eau importée d’Italie, cela ne nous a pas surpris. Je sais que la vie en Suisse est plus chère que la vie en Espagne mais je n’aurais jamais imaginé que, quand le serveur nous a apporté l’addition, l’eau serait plus chère qu’une pizza ! Leçon apprise.

    Marti, Espagne-Catalogne

    Billets de banque, rares

    Une différence entre la Suisse et l’Angleterre que j’ai remarquée tout de suite, c’est les billets de banque. En Angleterre, notre plus gros billet de banque est de 50 livres, et actuellement ils sont extrêmement rares à trouver. Donc à mon arrivée en Suisse, c’était une vraie nouveauté pour moi de voir des billets de 100 et 200 francs ! Une fois, une de mes amies a payé son café avec un billet de 100 francs, et une autre amie a payé pour une tournée de boissons avec un billet de 200 francs ! Je comprends que ce n’est pas nécessairement une habitude suisse, mais en tant qu’Anglaise qui ne voit que des billets de 20 livres, je trouve cela assez amusant.

    Lauren, Angleterre

    La confiance, véritable ou naïve ?

    Depuis que je suis arrivée à Lausanne, j’ai raconté beaucoup de choses sur la Suisse et comme est ma vie ici, à mes amis espagnols. C’est vrai qu’ils ne me croient pas sur beaucoup de choses. Ils ne peuvent pas imaginer que les gens se promènent dans la rue sans masque ou ils ne peuvent imaginer qu’il n’y a pas de contrôle à l’entrée du métro (par exemple).

    Je suis très heureux de vivre en Suisse mais il me manque beaucoup de choses d’Espagne. Surtout en ce qui concerne la nourriture et la gastronomie espagnole.

    Marti, Espagne-Catalogne

    Boire du vin, une tradition en terre romande

    En Suisse allemande on aurait vraiment l’air d’être raffiné si on commandait un verre du vin pendant une sortie mais ici en Suisse romande ce n’est rien de spécial. Ici, on boit beaucoup plus de vin qu’en Suisse allemande. Chez nous, on boit seulement du vin avant ou après un repas et plutôt quand nous avons des invités. Moi, j’aime bien boire du vin rouge mais mes amis pensent toujours que c’est une blague quand je leur demande s’ils veulent partager une bouteille de vin quand nous sommes dans un bar.                

     Sandro, Suisse allemande

    Répartition entre travail, loisirs et shopping

    Traditionnellement, je travaille dur pendant la semaine et pendant les weekends je bavarde avec des amis, je dors, et plus important je fais les courses. Cette habitude ne fonctionne pas à Lausanne parce que les magasins sont fermés tôt le samedi et fermés complètement le dimanche ! Ça se voit, c’est un nouveau concept pour moi, et je l’ai appris à mes dépens malheureusement.

    J’ai décidé de faire du shopping samedi au lieu de vendredi. On peut deviner ce qui s’est passé ensuite. Bien sûr, le marché était fermé quand je suis arrivée samedi ! Je pense qu’il était 18.05. Avec tristesse je suis rentrée chez moi, et encore pire je n’avais pas de nourriture pour le dimanche. Au moins on peut toujours faire confiance aux restaurants fast-food ! Et comme je le sais aussi maintenant, il y a Aldi à la gare !            

                                       Taylor, Etats-Unis

    Un certain sens de l’orientation 😉

    Ma copine de Bâle, qui m’a rendu visite pour un week-end, et moi, nous étions à la recherche d’un restaurant chou près de la Place de l’Europe. Pas de problème, avons-nous pensé… nous avons saisi l’adresse du restaurant sur Google maps et l’application nous a indiqué que le restaurant se trouve à sept minutes de la Place de l’Europe. Avec une grande anticipation nous avons couru dans la direction supposée correcte. Lorsque nous avons atteint notre « destination », nous étions au milieu d’une rue sans aucun signe d’un quelconque restaurant. Nous avons examiné la carte de plus près et décidé, après des procédures d’exclusion, que le restaurant devait se situer au niveau inférieur. Nous avons changé le niveau et Google maps nous a montré de nouveau que nous étions juste devant le restaurant. Apparemment ! Devant nous il y avait tout sauf un restaurant. Troublées, nous avons encore une fois changé le niveau et lancé de nouveau Google maps. Cette fois, nous allions trouver le restaurant… ! Spoiler : jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons toujours pas trouvé le restaurant…

    À cause de l’élévation de la ville, il est assez facile de se trouver en dessous ou au-dessus de la rue que vous voulez atteindre. Les cartes en 2D ne nous ont pas beaucoup aidées, seule l’expérience en trois dimensions peut aider. 

    Fiona, Suisse allemande

    Starbucks et mon expérience du français

    « Si tu veux apprendre le français, tu dois essayer de parler la langue autant que possible. » Cette phrase je l’entends tout le temps. Donc, la première semaine où j’étais à Lausanne je suis allée au Starbucks et mon plan était de passer ma commande de la manière la plus authentique possible. Au début, ça s’est bien passé ; les boissons sont en tout cas écrites en anglais et « petit » ou « grand » n’était pas un problème. Mais le moment est venu où la serveuse m’a demandé quelque chose que je n’avais pas préparé… je lui ai demandé en français si elle pouvait répéter la phrase un peu plus lentement. Et pouf, elle a commencé à parler anglais avec moi. En anglais, qui était pire que mon français.  

    Une semaine après j’ai voulu réessayer de faire tout en français. Et je suis à nouveau tombée sur une question. Je me suis dit que ce n’était pas grave et je lui (c’était une autre serveuse) ai simplement demandé en français si elle pouvait répéter sa question. Et elle a commencé à me parler en anglais…

    Tout à coup, mon objectif est devenu de passer toute ma commande en français sans que la serveuse change en anglais. Comme ça Starbucks a également gagné un nouveau client régulier. 

    À partir de la troisième semaine je n’ai plus eu de serveuse au Starbucks qui m’a parlé en anglais !

    Fiona, Suisse allemande

    Le dimanche en Suisse 

    Quand Je suis arrivée en Suisse, j’ai été très surprise de découvrir que tous les magasins ferment le dimanche ici. Habituellement, le dimanche est le jour où nous faisons nos achats en Asie, car les écoles et les entreprises sont fermées. Mais j’ai pensé que c’était bien que les gens qui travaillent dans les magasins puissent aussi bien profiter du dimanche,comme les autres. Il y a aussi un aspect négatif, à savoir qu’il faut vraiment se dépêcher de faire les courses le samedi, et que les magasins sont aussi très encombrés. En plus de tous ces problèmes de shopping, j’ai eu une autre surprise ! le dimanche est aussi un jour où l’on ne peut pas faire de bruit dans son quartier. Une fois le dimanche, j’avais prévu de faire le ménage et de passer l’aspirateur dans ma chambre. Mais ma colocataire m’a avertie qu’il ne fallait pas passer l’aspirateur car cela dérangerait les voisins, parce que c’est le dimanche. 

    Susu, Birmanie

    Les horaires d’ouverture, une surprise

    Quelque chose qui m’a pris du temps à m’habituer, c’est le fait qu’en Suisse (et dans d’autres pays européens) tous les magasins et supermarchés sont fermés le dimanche. En Angleterre, les magasins sont toujours ouverts le dimanche, mais avec des horaires d’ouverture plus courts. Au cours de mes premières semaines en Suisse, j’oubliais toujours ce fait, et parfois je n’avais plus beaucoup de nourriture le dimanche. Maintenant je sais organiser mes courses pour avoir assez à manger lorsque les supermarchés sont fermés !

    Lauren, Angleterre

    Le sapin qui a causé une confusion 

    Après l’école obligatoire, j’ai passé une année à Yvonand pour apprendre la langue. J’ai travaillé dans une famille et je me suis occupée des trois petites filles. À la fin de l’année je suis tombée amoureuse d’un garçon suisse allemand qui faisait son apprentissage en Suisse romande. Nous passions beaucoup de temps ensemble et il est devenu mon copain. Le matin du premier mai 2013, j’étais en train de préparer le déjeuner, ma patronne ne pouvait pas arrêter de me sourire. Tout à coup Elle m’a alors dit de regarder par la fenêtre. J’ai obéi et je m’y suis dirigée. Là j’ai vu toute de suite pour quelle raison elle ne pouvait pas arrêter de rigoler. Dans le jardin, juste devant la maison, il y avait un grand sapin qui portait mon nom dessus. Il m’a fallu un petit moment pour comprendre mais la situation est devenue claire quand j’ai pris conscience de la date. Dans certaines régions de Suisse allemande (surtout des régions rurales) il existe une vieille tradition à ce sujet. Dans la nuit du 31 avril au 1er mai, les garçons qui sont amoureux d’une fille placent un sapin avec son nom dessus dans son jardin. Ils le décorent avec des rubans et ils l’attachent pour qu’il ne tombe pas. Le sapin reste pendant un mois et la fille ne sait pas qui l’a mis, jusqu’au moment où les garçons viennent le chercher. Afin de le remercier pour son grand effort, la fille préparera un souper pour toute l’équipe. Pour revenir à mon histoire, j’étais très heureuse de ce petit geste et j’étais très fière d’avoir un sapin même en Suisse romande. Un peu plus tard de ce jour-là, on a sonné à la porte et j’ai ouvert. Le visiteur était le pasteur. J’étais toute étonnée qu’il me rende visite. Il m’a présenté toutes ses félicitations pour le bébé qui était né et qui s’appelait « Yasmin ». Il m’a dit, avoir bien remarqué le sapin donc il a dû se renseigner. En riant, je lui ai expliqué que ce n’était pas un sapin de naissance mais un sapin d’amour. Il a bien aimé cette histoire et mon sapin est devenu célèbre dans tout le village. 😊 (En Suisse allemand on dit « Maitanndli», en allemand « Maibaum ») Voici la distinction

    Yasmin, Suisse allemande

    Des Suisses romands qui n’aiment pas l’allemand 

    La deuxième anecdote s’est déroulée de nouveau pendant mon année en Suisse romande. Une fois par semaine j’allais à l’école à Grange Verney. Là nous apprenions tout ce qui concerne le ménage et la santé. Mes amies et moi avons fait connaissance avec des jeunes en dehors de notre classe mais qui allaient à l’école à Grange Verney. J’ai rencontré un garçon qui était super gentil et serviable et je regrette que nous n’ayons plus de contact aujourd’hui. Mais ce que je veux dire c’est, qu’on parlait souvent ensemble et que c’était un peu gênant parce que je ne comprenais presque rien. Il me racontait son weekend et ses activités et je pouvais juste répondre avec les mains (surtout au début). Après quelques mois, quand mon français s’est amélioré, j’ai cherché (de nouveau), désespérée, le mot juste pour lui expliquer quelque chose. Avant que j’aie formulé une phrase, il a commencé à rigoler et il m’a aidé en ALLEMAND ! Et ce n’était pas de l’allemand cassé, appris à l’école obligatoire. Non, il m’a parlé parfaitement en suisse allemand (avec un accent zurichois). Mais ça va ou bien ?! Je devais lui raconter des trucs n’importe comment grâce à mon français sous-développé et il n’a jamais dit un mot en suisse allemand bien qu’il ait su le parler ! Avec un grand sourire il m’a dit que sa maman venait de Suisse allemande et c’est la raison pour laquelle il maîtrisait aussi cette langue. Bon, au début de cette révélation je l’ai grondé un peu mais en fait je pouvais plus profiter, car nous avons parlé de toute façon en français. Il a toujours refusé de parler en allemand. 

    Yasmin, Suisse allemande

    Les heures d’ouverture en Suisse

    En arrivant en Suisse, il est vrai qu’il faut s’adapter aux heures d’ouverture ici. Et, paradoxalement, ça prend du temps. En venant d’un pays chaud, où tout est ouvert jusqu’à tard, je n’étais pas du tout habituée aux fermetures tôt des magasins. Le pire, c’est qu’on était habitué à faire nos courses le dimanche ; ainsi, la première semaine en Suisse, on n’a pas beaucoup mangé. Au fil du temps, pourtant, on a appris. On a appris à décaler notre horaire quotidien pour que tout ce qu’il fallait acheter, on le fasse avant 18h30. On a appris à faire nos courses le samedi au lieu du dimanche et parfois, on les a même faites le jeudi. En outre, on a appris à se détendre. En Suisse, les fermetures tôt sont faites pour que les commerçants aient un horaire de travail 《vivable》 par rapport au reste du monde. Mais en vrai, cela pousse également le public, soit familles ou les individus, à profiter de leur temps libre. On peut passer du temps ensemble, faire une activité à l’extérieur ou bien tout simplement reprendre notre souffle après le stress de notre vie quotidienne. Au début, je m’énervais de ces heures d’ouverture. Mais, maintenant, je me rends compte que ça me fait plus de bien que de mal.

    Khadija, Pakistan

     

    Elections

    En Amérique, nous parlons toujours de démocratie, mais je pense que les Suisses ont un sens de la démocratie beaucoup plus inclusif. Chaque conversation familiale tourne autour de la politique, mais de manière inclusive. Cela m’étonne que les partis politiques doivent travailler ensemble même s’ils ne pensent pas de la même manière et qu’un électeur puisse choisir sans être lié à un seul parti politique. J’aime le fait que les électeurs prennent des décisions en étant informé. J’ai entendu des amis dire « je n’ai pas voté, parce que je ne me suis pas renseigné sur ce sujet ».

    Esther, Etats-Unis & Honduras