• Particularités helvétiques

    Particularités helvétiques

    ECHANGE • Les étudiant·e·s du cours TANDEM «pratique de l’oral en tandems interculturels» de l’École de français langue étrangère, sous la supervision de Mme Myriam Détraz, ont préparé pour L’auditoire des anecdotes sur leur expérience et découverte de la culture suisse.

    Ponctualité helvétique

    Nous étions en route pour le cours et là, je semblais un peu stressé (d’après ce que ma collègue, qui vient d’Italie, m’a raconté), car nous n’avions pas encore pris place 10 minutes avant le début. Ma collègue a un peu souri, car elle m’a dit qu’en Italie, on arrive 15 minutes après le début du cours et que c’est normal chez eux. Ici, en Suisse, on arrive «trop à l’heure», c’est-à-dire environ 5-10 minutes avant le début, selon la devise: «Ponctuel comme une horloge suisse», selon ma collègue.

    (Elena, Suisse)

    Comme dans les magazines

    Je ne sais pas si c’est parce que je suis arrivée en Suisse à la fin d’été, alors qu’il y avait encore beaucoup de soleil, mais la première chose que j’ai remarquée dans le train de l’aéroport a été «wow… tous les gens sont vraiment beaux…». Moi, je ne me considère pas comme moche, mais bien sûr je ressemble à quelqu’un qui a passé les vingt dernières années dans un pays avec un indice UV qui n’atteint que 3 ou 4 même pendant l’été. Tout le monde en Suisse me semblait avoir une certaine allure de jeunesse et de santé qui me manquait. C’était comme regarder les gens dans un catalogue de vêtements; des gens normaux, du quotidien, mais sans doute plus attractifs que la moyenne. Pourrait-il y avoir quelque chose d’autre, de plus que l’exposition au soleil? Et c’est là que j’ai pensé que peut-être c’était la magie d’un régime composé de charcuterie et de chocolat. De toute façon, il n’y avait qu’une seule manière de savoir: vivre comme les locaux. Jusqu’à maintenant je n’ai pas noté de différence dans mon apparence, mais mes poches sont évidemment plus vides.

    (Elyse, Ecosse)

    Les étudiant·e·s de l’Unil, poli·e·s ou timoré·e·s?

    Les Néerlandais·es sont direct·e·s et bruyant·e·s. En général, nous savons cela de nous-mêmes, mais ce n’est qu’à l’étranger que nous y sommes confronté·e·s. Il en va de même dans les salles de cours. Avec un sourire enjoué, le professeur commence son cours en posant quelques questions sur la matière. Qu’avez-vous pensé de cet article?  Et… la salle est restée complètement silencieuse. La question a été répétée: tout le monde avait-il compris? Pas de réponse. Après une troisième fois, quelques étudiant·e·s hochent la tête et marmonnent. C’est avec une grande stupéfaction que j’ai assisté à tout cela. Aux Pays-Bas, vous auriez dû faire de votre mieux pour ajouter quelque chose. Est-ce de la politesse? Est-ce de la timidité?

    (Bouke, Pays-Bas)

    Le dimanche un jour tranquille

    Un dimanche après mon arrivée, j’ai voulu faire ma lessive, mais je n’ai pas réalisé qu’il n’est pas normal en Suisse de faire du bruit excessif un dimanche. Étant donné que la machine à laver fera un bruit qui pourrait déranger les voisin·e·s de l’appartement, je pensais que j’avais réussi à ne pas déranger mes voisin·e·s en ne faisant pas ma lessive le samedi soir (après 22h). Alors, le dimanche matin, je me suis réveillée tôt et j’ai pris ma lessive à laver. Lorsque ma colocataire m’a vue, elle m’a demandé: «Où vas-tu avec tous ces vêtements? Tu voyages quelque part et tu ne me l’as pas dit?» Je lui ai répondu «non, je vais faire la lessive» et elle m’a dit que je ne pouvais pas faire ça parce que le dimanche nous ne faisons pas de bruit. Je suppose que les dimanches sont des jours très calmes en Suisse, alors nous avons regardé des films et mangé des pizzas et des glaces, et j’ai fait ma lessive le lendemain.

    (Ekua, Ghana)

    Baignade, plage et féminisme

    En été, j’ai vu plusieurs femmes qui nageaient dans le lac sans un haut de bikini, qui sont donc à demi nues. Ça m’a vraiment choquée parce que ce n’est pas la norme chez moi. Je ne pourrais pas faire ça, mais chacun son choix! Je me sentais un peu mal à l’aise parce que je ne voulais pas que les femmes pensent que je les regardais et je ne voulais pas non plus sembler irrespectueuse. Je pense que c’est une excellente chose du point de vue culturel, car cela me rappelle le féminisme. Pourquoi devrait-il être normal pour les hommes de nager torse nu, mais pas pour les femmes?

    (Poppy, Angleterre)

    Pourquoi devrait-il être normal pour les hommes de nager torse nu, mais pas pour les femmes?

    Poppy

    Service spécial

    Quand je suis arrivé en suisse, la première chose que j’ai trouvée bizarre, c’est l’horaire des restaurants. Une fois, je voulais manger dans un restaurant à 20 heures 45, une heure dite normale pour manger à Gibraltar. Ils m’ont laissé manger sans problème et le repas était cher mais délicieux. Cependant, pendant mon repas ils avaient un air un peu bizarre et mécontent mais je n’ai pas trop fait attention à ça, sauf que j’étais la seule personne dans le restaurant donc c’était comme un endroit spécial juste pour moi. Cependant à la fin quand j’ai demandé l’addition, ils m’ont dit que j’étais la seule personne car la cuisine fermait à 21:00 heures. Je me suis senti gêné et mal pour eux car ils ont travaillé une heure supplémentaire de sorte que je puisse manger mon hamburger. C’était drôle mais gênant à la fois.

    (Niran, Gibraltar)

    Recevoir en Suisse

    En Suisse, tout doit toujours être exact et parfait quand on reçoit des invité·e·s. Quand nous recevons des invité·e·s, mes parents font toujours en sorte que tout soit rangé et propre. Très important, en été, la pelouse doit être tondue! Mon père fait aussi secrètement un concours avec notre voisin pour savoir quelle pelouse est la plus belle. En Suisse, l’hospitalité est souvent associée à la précision, à l’ordre et à la perfection. Donc aussi un peu chez mes parents.

    (Aïna, Suisse)

    Prendre le temps de se détendre

    Chaque fois quand je me promène sur le campus, il y a toujours beaucoup de gens qui sont en train de «faire le vide», c’est-à-dire qu’ils ne pensent plus à rien, et se relaxent. Ils ne font rien, ils sont juste allongés au soleil pour se reposer. C’est une grande surprise pour moi que le rythme de la vie en Suisse soit plus lent que d’où je viens. Les gens ne sont pas stressés et c’est aussi la raison pour laquelle ils ont du temps pour faire ce qu’ils veulent.

    (Ted, Taïwan)

    Petites confusions

    Au début, je disais «Madame Nicole» ou «Madame Christina». Cela provoquait une réaction de rire et de surprise. Puis on m’a expliqué que lorsqu’on appelle une femme «Madame», il faut ajouter non pas le prénom, mais le nom. Un autre exemple est que j’ai du mal à me souvenir des déterminants. Et pour avoir l’air plus compétente, quand je demande quelque chose, je dis toujours non pas un/une, mais plusieurs. C’est pour ça que j’achète non pas une glace, mais deux. Je demande de me servir non pas une assiette, mais deux.

    (Anastasiia, Ukraine)

    Un dépôt pour un linge…

    Je suis allée à Zermatt un week-end en octobre, et j’ai séjourné dans une auberge de jeunesse, mais après être arrivée je me suis rendu compte que j’avais oublié mon linge. Heureusement, l’auberge avait des linges disponibles, mais pour les utiliser, il faut déposer trois francs et puis après le retour on récupère l’argent. Pas de problème, j’avais de toute façon l’intention de le rendre aux employées et de récupérer mes trois francs. Mais après avoir fini ma douche, j’ai regardé le linge et j’ai pensé «…c’est de la bonne qualité». Si je ne le redonne pas à l’auberge, je perds trois francs, et ils gagnent trois francs. C’est presque comme si je l’avais acheté, non? Personne ne peut dire que je l’ai vraiment volé. Finalement, je ne l’ai pas gardé, mais je me suis demandé s’il ne vaudrait pas mieux ne pas avoir un échange d’argent dans cette situation.

    (Elyse, Ecosse)

    Où acheter de l’alcool en Suisse?

    Ce qui m’a vraiment surpris en arrivant en Suisse, c’est l’absence d’alcool dans les magasins. Comment pouvait-il être si difficile d’acheter une bière? Sans parler des alcools plus forts! Je pense que c’est l’une des différences culturelles les plus visibles. Je viens de Pologne, et dans mon pays, vous pouvez probablement trouver au moins quelques magasins dans une rue qui vendent de l’alcool. On en trouve dans les supermarchés, dans les épiceries locales, dans les magasins de spiritueux et même chez les petits marchands de journaux. Il n’y a pas non plus de distinction entre l’alcool fort et l’alcool léger. Si un magasin vend de la bière, il vendra aussi du whisky, de la vodka ou du vin. Par exemple, à côté de ma maison à Poznan, une ville polonaise d’environ 500’000 habitants, je peux acheter de l’alcool de toutes sortes dans environ 7 magasins qui se trouvent tous à 5 minutes à pied de ma maison. C’est quelque chose de normal, on peut acheter un snack, un café, un Pepsi, des chips mais aussi de l’alcool. Lorsque je suis arrivé en Suisse et que je suis allé à la Migros, j’ai été surpris de ne trouver de l’alcool nulle part. En marchant dans la rue, je n’ai vu que du vin, mais aucun autre alcool. C’était vraiment étrange.

    (Kacper, Pologne)

    Contrôle aléatoire: plus rapide et efficace

    La situation où j’ai eu un choc culturel, c’est que dans le métro, il n’y a personne pour scanner les billets ou le swiss travel pass, ce qui était bizarre pour moi. La première fois que j’ai utilisé les transports publics à Lausanne, je suis monté à l’avant du bus et j’ai montré mon abonnement suisse au conducteur; et il m’a regardé avec un air un peu confus de quelqu’un qui ne comprend pas pourquoi je montrais mon travel pass. Par la suite, quand j’ai utilisé les transports publics, j’ai appris que tout le monde monte dans le bus ou le métro et que l’État fait confiance aux personnes pour payer et c’est la manière de voyager la plus efficace. Par ailleurs, il y a une machine pour scanner le pass dans le métro et dans le bus, et vous n’avez pas besoin de montrer le pass au conducteur comme en Angleterre. Donc quand je suis monté à l’avant du bus, en effet, j’ai ralenti le conducteur, le service et tout le monde attendait à cause de moi.

    (Niran, Gibraltar)

    Confusion gênante

    Le gros problème pour moi, c’est que les mots français se ressemblent quand on les prononce. C’est très difficile de comprendre un discours. Un jour, je me préparais pour une randonnée et mon voisin m’a donné quelque chose et m’a dit : «C’est un sac à dos». Mais à la place j’ai entendu : «c’est un cadeau». J’ai alors rougi. En fait, ce n’était pas un cadeau. Je me sentais stupide. Ça arrive.

    (Anastasiia, Ukraine)

    Abstinence forcée

    Je voulais faire une soirée vin avec une amie. Nous sommes donc allées à 19h20 chez Denner pour acheter du vin. Le problème, c’est que nous ne savions pas que l’on ne pouvait plus acheter d’alcool ici à partir de 19 heures. Donc nous n’avions pas de vin pour notre soirée vin.

    (Nicola, Allemagne)

    L’heure de manger

    Avant d’arriver en Suisse, je ne savais pas que les Suisse·sse·s étaient très attentif·ve·s à l’heure du dîner (à midi). Quelque temps après mon arrivée, j’ai donc prévu d’aller à la banque. J’avais un cours le matin et pensais arriver à la banque quelques minutes après midi. Pensant que je serais à l’heure, que toutes mes affaires seraient rangées et que je pourrais rentrer chez moi, je me suis rendue à la banque. Mais en arrivant, j’ai découvert qu’elle était fermée pour le déjeuner et qu’elle n’ouvrirait pas avant 14 heures. Imaginez ma surprise, car au Ghana, d’où je viens, il n’y a pas d’heure fixe pour le repas de midi et dans un environnement de travail, les gens prennent leur pause déjeuner à des heures différentes, de sorte qu’il n’y a jamais vraiment de fermeture juste pour manger à midi. Alors, après avoir découvert cela, j’ai appelé mon ami qui habite près de la banque et nous sommes également sortis pour manger.

    (Ekua, Ghana)

    Les trains, les montres et les vaches

    La Suisse est le pays des trains et des montres. Si vous combinez les deux, vous obtenez les CFF, l’entreprise qui veille à ce que tous les Suisse·sse·s puissent respecter la ponctualité lorsqu’ils traversent le paysage montagneux. La Suisse, les montagnes, les trains et les montres. Alors, que nous manque-t-il encore…? Le chocolat au lait, provenant des vaches qui paissent sur ces magnifiques montagnes. Alors que les SBB s’efforcent d’être ponctuels, les vaches semblent l’être moins. Après un voyage en train avec les trains allemands, j’ai aspiré à la ponctualité des Suisses. Mais hélas… une approche du train avec une vache. Qui l’aurait cru en Suisse, pays si bien réglementé?

    (Bouke, Pays-Bas).

    Être poli·e·s, même si c’est dans la rue

    À Taiwan, les gens traversent la route quand il n’y a pas de voitures, et les conducteur·ices·s quand il n’y a pas de piétons, même si les feux sont rouges. Donc il y a beaucoup d’accidents de la route tous les jours. Mais les gens en Suisse sont polis et suivent toujours les règles de la circulation, et ça me rend confiant chaque fois que je marche dans la rue.

    (Ted, Taïwan)

    Faire des réserves

    Nous, les Suisse·sse·s, avons toujours du chocolat en masse à la maison, voire même une armoire entière remplie de chocolat. Chez moi, je dois veiller à ce que le seul chocolat ne fonde pas. Je pense qu’il y a des Suisse·sse·s qui aiment manger beaucoup et souvent du chocolat, et d’autres qui apprécient une consommation de chocolat modérée.

    (Elena, Suisse)

    Conduire à droite, une hérésie!

    Je viens d’Angleterre alors on conduit à gauche (mais en réalité c’est le côté correct 😉 ). Cela a été un peu difficile de m’adapter ici en Suisse car ils·elles conduisent sur le côté droit. Le weekend dernier, j’étais en train de traverser la rue, et j’ai juste regardé à gauche, quand une voiture m’a presque percutée. Il y avait d’autres piétons qui ont trouvé cela drôle. C’était assez embarrassant. Je vais faire plus attention à l’avenir… C’était une question de vie ou de mort!

    (Poppy, Angleterre)

    Marijuana

    J’ai l’impression que beaucoup de jeunes gens à Lausanne fument de la marijuana. Quand je me promène au bord du lac, il y a beaucoup de gens qui fument. Je m’attendais à ce que la Suisse soit très stricte avec l’interdiction de la marijuana et j’ai été surpris.

    (Leopold, Allemagne)

    Un petit déjeuner un peu cher…

    Lors de mon tout premier matin à Lausanne, je suis allée à la boulangerie pour acheter un petit déjeuner pour la route. J’ai pris un sandwich avec de la salade…. Alors que je cherchais mon porte-monnaie, la vendeuse a mis mon petit pain dans un sac. Sur la route de l’arrêt de bus, j’ai mangé une part de ce petit pain, mais j’ai soudain remarqué qu’il était fourré au thon. Je ne comprends pas en quoi c’est typiquement suisse. Malheureusement, je déteste le goût du thon. Donc j´ai dépensé CHF 9.-  pour un petit-déjeuner que je n’ai pas aimé….

    (Nicola, Allemagne)

    Dans mon pays, la Pologne, il n’y a pas de pause au milieu de la journée

    Kacper

    La sacro-sainte pause de midi

    L’une des choses les plus étranges que j’ai remarquée en Suisse est l’interruption du travail au milieu de la journée. J’ai trouvé cela tellement bizarre! Ce que je veux dire, c’est que c’est quelque chose de complètement différent de ce à quoi je suis habitué. Dans mon pays, la Pologne, il n’y a pas de pause au milieu de la journée. Je suis allé au bureau de l’agence de location et il était fermé à 13 heures parce qu’il y avait une pause. J’étais tellement en colère, comment peut-on ne pas acheter quelque chose ou ne pas voir quelque chose dans un magasin ou un bureau au milieu de la journée? En Pologne, si les gens bénéficient d’une pause de deux heures au milieu de la journée, ils ne retourneront probablement pas au travail après la pause. En Pologne, la plupart des gens préfèrent travailler en une seule fois, par exemple commencer à 6 heures du matin et travailler jusqu’à 14 heures, ou faire des heures supplémentaires et travailler jusqu’à 16 heures. Mais il est toujours possible de rentrer chez soi après. Je trouve étrange qu’en Suisse, les gens préfèrent avoir une pause plus longue et rentrer chez eux plus tard.

    (Kacper, Pologne)

    Faire du patin

    Avec mes origines néerlandaises, je suis bien sûr une patineuse. Il n’y a rien de mieux que de faire des tours de piste sur la glace en hiver avec une brise fraîche autour de moi lorsque le soleil se lève. Lorsque j’ai parlé de ce hobby en Suisse, j’ai été accueillie avec beaucoup d’enthousiasme. «Bien sûr que nous faisons du patin à glace!» Il y a même une patinoire ici à Lausanne, vous devriez y aller un jour. Je me suis donc rendue avec plaisir à la Vaudoise, munie de mes longs patins à clapet. Il s’avère que patiner aux Pays-Bas n’est pas la même chose que patiner en Suisse. C’est un sport complètement différent!

    (Bouke, Pays-Bas)

    Au pays des clichés

    Le cliché sur la nature en Suisse est complètement vrai. Quand on traverse le pays avec le train, on peut voir des vaches partout, les montagnes et des drapeaux suisses. Je pensais que la Suisse était jolie, mais pas comme ça.

    (Leopold, Allemagne)

    Raclette virale…

    Le premier août, nous faisons toujours de la raclette à la maison. J’aurais préféré quelque chose de différent, par exemple un barbecue avec une salade à cette période de l’année. Mais non, nous mangeons toujours de la raclette ce jour-là. La Suisse est connue pour son goût pour le fromage, dont la raclette. Et en plus le 1er août! Cela ne pourrait pas être plus traditionnel.

    (Aïna/Suisse)

  • Chèr·e détenu·e…

    Chèr·e détenu·e…

    Illustration & rédigé par : ©Elvire Akhundov

    LETTRES • Une vraie prémisse de roman : deux inconnu·e·s s’écrivent et apprennent à se connaître au fur et à mesure de lettres. Il reste une particularité ; l’un·e des correspondant·e·s est un prisonnier·ère pour qui ces lettres peuvent être source de joie.

    On parle souvent de criminel·le·s, mais pas aux criminel·le·s. Comment vivent ces personnes dont les vies sont si différentes des nôtres ? Une existence sous les barreaux, une peine à purger, coupé·e·s du monde extérieur et considéré·e·s comme des gens à part, qui n’ont et ne doivent rien avoir à faire avec nous. Leur écrire est un moyen d’entrer en communication avec eux·elles. Leur parler directement, par lettre est un moyen de les comprendre. Des associations comme le Courrier de Bouvet conseillent d’utiliser un pseudonyme pour correspondre avec les détenu·e·s, ce qui permet de garder l’anonymat et distance si voulu. Les bénévoles s’engagent à ne pas demander les raisons de la détention de leur interlocuteur·trice. Ces histoires de vie sont souvent lourdes et traumatiques. Les détenu·e·s consentent également à ne pas demander d’aide financière. Pour des raisons de sécurité, certaines lettres sont surveillées.

    Lettre pour sauver
    Écrire est une arme, Amnesty International l’a bien compris. L’ONG encourage à écrire des lettres pour libérer des victimes de violation des droits humains, injustement détenues par leur régime politique. L’initiative, qui existe depuis 22 ans, a déjà pu sauver quelques vies. Car ces lettres envoyées par milliers témoignent du soutien mondial pour ces individus, elles contestent l’injustice. Alors qu’une correspondance avec des incarcéré·e·s peut avoir un effet libérateur au niveau émotionnel, les lettres pour Amnesty International libèrent physiquement. Elles sont un symbole militant.

    Écrire pour connaître
    Pourquoi écrire à un·e prisonnier·ère ? Mille et une raisons possibles, peut-être par curiosité de connaître comment vit ce groupe marginalisé de la société, ou par altruisme, vouloir compatir avec le quotidien pas très joyeux d’un·e détenu·e ou par simple envie d’expérience. Leur écrire personnellement les humanise, les visibilise. Cela est une expérience enrichissante des deux côtés. Avoir quelqu’un à qui raconter ses peines et ses joies peut grandement aider contre la solitude et à relativiser. Ces lettres peuvent être le seul contact avec l’extérieur pour les incarcéré·e·s, s’ils·elles sont délaissé·e·s par leur famille. Ce sont des petites joies, une lumière dans une journée sombre. Que ce soit un passe-temps ou une méthode thérapeutique, écrire soulage.

    Leur écrire personnellement les humanise, les visibilise

    La prison accentue la solitude, elle prive les condamné·e·s de tout contact avec l’extérieur et est souvent douloureuse. Impossible d’échapper à ces mêmes quatre murs, impossible de se promener en nature, les détenu·e·s sont coincé·e·s dans une même monotonie. Les prisonnier·ière·s sont réellement isolé·e·s, et on ne cherche habituellement pas à leur parler. Les lettres sont au moins un contact, une ouverture, une surprise. Si le courant passe bien, les deux parties peuvent poursuivre leur relation épistolaire. Elle peut se développer en amitié et même parfois amour. Le Courrier de Bouvet relate d’un mariage grâce au programme, mais précise que « ce n’est pas une agence matrimoniale » !

  • Anecdotes des étudiant·e·s en échange en Suisse

    Anecdotes des étudiant·e·s en échange en Suisse

    La fondue… 

    J’étais en train de manger de la fondue avec mes colocataires et à la fin j’avais la sensation d’avoir trop mangé. J’ai traduit littéralement une expression qu’on a au Mexique et j’ai dit « J’ai la maladie du cochon ». Ils m’ont regardé en rigolant et je ne savais pas que ce n’était pas une expression ici. Alors j’ai dû expliquer qu’au Mexique on dit ça quand on a trop mangé et qu’on a envie de dormir parce qu’on ne peut même pas bouger. A partir de ce jour-là, ils disent toujours qu’ils ont la maladie du cochon. 

    Mariana, Mexique

    Prononcer à la francophone, même les mots anglais

    Il y a une chose qui est vraiment bizarre pour moi. On avait intégré beaucoup de mots anglais dans la langue française mais on prononce les marques anglaises à la française. Tout le monde dans le cours de programmation prononce Python comme le serpent et il y a quelques années quelqu’un a prononcé même les produits iPad ou iPhone avec un « i » français. En allemand on ne le fait pas. Nous utilisons toujours les prononciations originales des marques sauf pour une marque quin’est pas connue. Ça me gêne toujours si quelqu’un doit corriger ma prononciation. Pourtant si je dis que j’apprends la programmation avec Python (prononciation anglaise) il n’y a personne qui me comprend.

    Sandro, Suisse allemande

    Voitures volantes

    Les Alpes suisses sont les montagnes les plus célèbres au monde. En hiver, il n’y a pas de meilleur endroit pour skier et en été, elles sont parfaites pour randonner. Mais pour conduire ? Les endroits où les voitures et les bus peuvent se croiser me semblent insolites. La nuit, je pensais qu’il y avait des voitures volantes comme dans Harry Potter parce que je ne pouvais pas croire qu’il y avait des personnes qui conduisaient à cette hauteur. Au début, je pensais que j’allais mourir à chaque fois que je montais aux alpages ; maintenant je conduis presque comme un Valaisanne. 

                                                       Esther, Etats-Unis & Honduras

    Le contrôle des habitants, toute une histoire !

    Quand je suis arrivée à Lausanne, j’ai été informée d’une obligation fondamentale en Suisse. Tout le monde doit s’inscrire au Service du Contrôle des habitants. Même ce fait m’a choquée ! Avant, j’habitais aux États-Unis et en Angleterre, donc c’est très officiel à mon avis. Cependant, cette histoire ne concerne pas cela, mais plutôt ma confusion dans un nouveau pays !

    J’ai envoyé les dossiers au Service du Contrôle des habitants à Lausanne. Je me suis dit « Parfait, ce procédé était trop stressant, mais heureusement c’est terminé ! » Bien sûr, le jour suivant j’ai reçu un courriel qui disait « Madame, vous n’habitez pas à Lausanne. Vous habitez à Ecublens, et il faut envoyer vos documents au Service du Contrôle des habitants de cette ville. » C’est embarrassant que je n’aie eu aucune idée du fait que c’était deux communes différentes ! Ensuite, j’ai pu refaire complètement le procédé. C’était ennuyeux, mais au moins maintenant je ne confonds plus les deux !

    Taylor, Etats-Unis

    Un horaire pour faire la cuisine…

    Un jour, alors que je rendais visite à mon meilleur ami ici en Suisse, j’ai décidé de faire la cuisine pour notre dîner. Alors que je préparais les ingrédients pour la cuisson, mon ami m’a demandé combien de temps il faudrait pour préparer ce plat. Eh bien, à ce moment-là, j’ai remarqué que c’est une différence culturelle : le timing semble très important en Suisse, alors qu’il n’est pas le même en Asie. Nous ne mesurons jamais le temps nécessaire à la préparation d’un plat. Quand il est prêt, il est prêt pour nous. J’ai également été surprise d’apprendre par mes amis que toutes les activités doivent être effectuées dans le respect du temps en Suisse. 

    Susu, Birmanie

    L’amour de la randonnée

    Ici en Suisse, on adore la randonnée. Tout le monde fait de la randonnée: les petits, les plus âgés, les familles, les couples, tous. Et pourquoi pas? La Suisse est dotée d’une multitude d’espaces pour profiter de la nature majestueuse qui est présente dans le pays. Donc, pour en profiter moi aussi, je me suis mise en route pour faire une randonnée. On m’avait bien préparée bien sûr, en m’informant des chaussures appropriées qu’il faut mettre, de la nourriture qu’il faut apporter et d’autres informations importantes. Pourtant, on m’avait peut-être surestimé le niveau. Et donc, a commencé ma première randonnée suisse dure. J’étais souvent à bout de souffle, raison pour laquelle on a dû faire beaucoup de pauses. Quand je croyais qu’on était près de notre destination finale, on était quand même assez loin. En plus, à chaque pas, il me semblait que mon sac devenait de plus en plus lourd. Heureusement, quand on a enfin atteint notre destination, j’avais oublié toute la douleur que je venais de sentir pendant quelques heures. La vue a été une des plus belles vues que j’aie vue dans ma vie. Hélas, j’ai appris deux choses de cette expérience. La première, la randonnée est bien pour tout le monde en Suisse, mais bien sûr, en fonction de votre propre niveau (ce qu’il faut annoncer bien à l’avance). La deuxième, où que vous vous trouviez, et quelle que soit la douleur que vous sentirez, la destination finale, ainsi que les souvenirs que vous créerez pendant celle-ci, vaudront toujours la peine. 

    Khadija, Pakistan

    Nourriture épicée, non pas tant que ça !

    Quand je suis arrivée en Suisse, j’ai organisé un brunch avec mes colocataires avec des plats typiques du Mexique. Elles m’ont demandé s’il y avait quelque chose de piquant dans la nourriture et j’ai dit que ce n’était pas si piquant. On a commencé à manger et c’était trop piquant pour elles. Après elles ont dû boire un litre de lait. 

    Mariana, Mexique

    Comment devenir riche en vendant de l’eau !

    La première anecdote, je l’ai vécue (quand j’étais) dans un restaurant avec mes amis. L’Espagne est probablement l’unique pays en Europe où il n’existe pas l’option de demander de l’eau courante. Donc, quand le serveur nous a apporté une bouteille d’eau importée d’Italie, cela ne nous a pas surpris. Je sais que la vie en Suisse est plus chère que la vie en Espagne mais je n’aurais jamais imaginé que, quand le serveur nous a apporté l’addition, l’eau serait plus chère qu’une pizza ! Leçon apprise.

    Marti, Espagne-Catalogne

    Billets de banque, rares

    Une différence entre la Suisse et l’Angleterre que j’ai remarquée tout de suite, c’est les billets de banque. En Angleterre, notre plus gros billet de banque est de 50 livres, et actuellement ils sont extrêmement rares à trouver. Donc à mon arrivée en Suisse, c’était une vraie nouveauté pour moi de voir des billets de 100 et 200 francs ! Une fois, une de mes amies a payé son café avec un billet de 100 francs, et une autre amie a payé pour une tournée de boissons avec un billet de 200 francs ! Je comprends que ce n’est pas nécessairement une habitude suisse, mais en tant qu’Anglaise qui ne voit que des billets de 20 livres, je trouve cela assez amusant.

    Lauren, Angleterre

    La confiance, véritable ou naïve ?

    Depuis que je suis arrivée à Lausanne, j’ai raconté beaucoup de choses sur la Suisse et comme est ma vie ici, à mes amis espagnols. C’est vrai qu’ils ne me croient pas sur beaucoup de choses. Ils ne peuvent pas imaginer que les gens se promènent dans la rue sans masque ou ils ne peuvent imaginer qu’il n’y a pas de contrôle à l’entrée du métro (par exemple).

    Je suis très heureux de vivre en Suisse mais il me manque beaucoup de choses d’Espagne. Surtout en ce qui concerne la nourriture et la gastronomie espagnole.

    Marti, Espagne-Catalogne

    Boire du vin, une tradition en terre romande

    En Suisse allemande on aurait vraiment l’air d’être raffiné si on commandait un verre du vin pendant une sortie mais ici en Suisse romande ce n’est rien de spécial. Ici, on boit beaucoup plus de vin qu’en Suisse allemande. Chez nous, on boit seulement du vin avant ou après un repas et plutôt quand nous avons des invités. Moi, j’aime bien boire du vin rouge mais mes amis pensent toujours que c’est une blague quand je leur demande s’ils veulent partager une bouteille de vin quand nous sommes dans un bar.                

     Sandro, Suisse allemande

    Répartition entre travail, loisirs et shopping

    Traditionnellement, je travaille dur pendant la semaine et pendant les weekends je bavarde avec des amis, je dors, et plus important je fais les courses. Cette habitude ne fonctionne pas à Lausanne parce que les magasins sont fermés tôt le samedi et fermés complètement le dimanche ! Ça se voit, c’est un nouveau concept pour moi, et je l’ai appris à mes dépens malheureusement.

    J’ai décidé de faire du shopping samedi au lieu de vendredi. On peut deviner ce qui s’est passé ensuite. Bien sûr, le marché était fermé quand je suis arrivée samedi ! Je pense qu’il était 18.05. Avec tristesse je suis rentrée chez moi, et encore pire je n’avais pas de nourriture pour le dimanche. Au moins on peut toujours faire confiance aux restaurants fast-food ! Et comme je le sais aussi maintenant, il y a Aldi à la gare !            

                                       Taylor, Etats-Unis

    Un certain sens de l’orientation 😉

    Ma copine de Bâle, qui m’a rendu visite pour un week-end, et moi, nous étions à la recherche d’un restaurant chou près de la Place de l’Europe. Pas de problème, avons-nous pensé… nous avons saisi l’adresse du restaurant sur Google maps et l’application nous a indiqué que le restaurant se trouve à sept minutes de la Place de l’Europe. Avec une grande anticipation nous avons couru dans la direction supposée correcte. Lorsque nous avons atteint notre « destination », nous étions au milieu d’une rue sans aucun signe d’un quelconque restaurant. Nous avons examiné la carte de plus près et décidé, après des procédures d’exclusion, que le restaurant devait se situer au niveau inférieur. Nous avons changé le niveau et Google maps nous a montré de nouveau que nous étions juste devant le restaurant. Apparemment ! Devant nous il y avait tout sauf un restaurant. Troublées, nous avons encore une fois changé le niveau et lancé de nouveau Google maps. Cette fois, nous allions trouver le restaurant… ! Spoiler : jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons toujours pas trouvé le restaurant…

    À cause de l’élévation de la ville, il est assez facile de se trouver en dessous ou au-dessus de la rue que vous voulez atteindre. Les cartes en 2D ne nous ont pas beaucoup aidées, seule l’expérience en trois dimensions peut aider. 

    Fiona, Suisse allemande

    Starbucks et mon expérience du français

    « Si tu veux apprendre le français, tu dois essayer de parler la langue autant que possible. » Cette phrase je l’entends tout le temps. Donc, la première semaine où j’étais à Lausanne je suis allée au Starbucks et mon plan était de passer ma commande de la manière la plus authentique possible. Au début, ça s’est bien passé ; les boissons sont en tout cas écrites en anglais et « petit » ou « grand » n’était pas un problème. Mais le moment est venu où la serveuse m’a demandé quelque chose que je n’avais pas préparé… je lui ai demandé en français si elle pouvait répéter la phrase un peu plus lentement. Et pouf, elle a commencé à parler anglais avec moi. En anglais, qui était pire que mon français.  

    Une semaine après j’ai voulu réessayer de faire tout en français. Et je suis à nouveau tombée sur une question. Je me suis dit que ce n’était pas grave et je lui (c’était une autre serveuse) ai simplement demandé en français si elle pouvait répéter sa question. Et elle a commencé à me parler en anglais…

    Tout à coup, mon objectif est devenu de passer toute ma commande en français sans que la serveuse change en anglais. Comme ça Starbucks a également gagné un nouveau client régulier. 

    À partir de la troisième semaine je n’ai plus eu de serveuse au Starbucks qui m’a parlé en anglais !

    Fiona, Suisse allemande

    Le dimanche en Suisse 

    Quand Je suis arrivée en Suisse, j’ai été très surprise de découvrir que tous les magasins ferment le dimanche ici. Habituellement, le dimanche est le jour où nous faisons nos achats en Asie, car les écoles et les entreprises sont fermées. Mais j’ai pensé que c’était bien que les gens qui travaillent dans les magasins puissent aussi bien profiter du dimanche,comme les autres. Il y a aussi un aspect négatif, à savoir qu’il faut vraiment se dépêcher de faire les courses le samedi, et que les magasins sont aussi très encombrés. En plus de tous ces problèmes de shopping, j’ai eu une autre surprise ! le dimanche est aussi un jour où l’on ne peut pas faire de bruit dans son quartier. Une fois le dimanche, j’avais prévu de faire le ménage et de passer l’aspirateur dans ma chambre. Mais ma colocataire m’a avertie qu’il ne fallait pas passer l’aspirateur car cela dérangerait les voisins, parce que c’est le dimanche. 

    Susu, Birmanie

    Les horaires d’ouverture, une surprise

    Quelque chose qui m’a pris du temps à m’habituer, c’est le fait qu’en Suisse (et dans d’autres pays européens) tous les magasins et supermarchés sont fermés le dimanche. En Angleterre, les magasins sont toujours ouverts le dimanche, mais avec des horaires d’ouverture plus courts. Au cours de mes premières semaines en Suisse, j’oubliais toujours ce fait, et parfois je n’avais plus beaucoup de nourriture le dimanche. Maintenant je sais organiser mes courses pour avoir assez à manger lorsque les supermarchés sont fermés !

    Lauren, Angleterre

    Le sapin qui a causé une confusion 

    Après l’école obligatoire, j’ai passé une année à Yvonand pour apprendre la langue. J’ai travaillé dans une famille et je me suis occupée des trois petites filles. À la fin de l’année je suis tombée amoureuse d’un garçon suisse allemand qui faisait son apprentissage en Suisse romande. Nous passions beaucoup de temps ensemble et il est devenu mon copain. Le matin du premier mai 2013, j’étais en train de préparer le déjeuner, ma patronne ne pouvait pas arrêter de me sourire. Tout à coup Elle m’a alors dit de regarder par la fenêtre. J’ai obéi et je m’y suis dirigée. Là j’ai vu toute de suite pour quelle raison elle ne pouvait pas arrêter de rigoler. Dans le jardin, juste devant la maison, il y avait un grand sapin qui portait mon nom dessus. Il m’a fallu un petit moment pour comprendre mais la situation est devenue claire quand j’ai pris conscience de la date. Dans certaines régions de Suisse allemande (surtout des régions rurales) il existe une vieille tradition à ce sujet. Dans la nuit du 31 avril au 1er mai, les garçons qui sont amoureux d’une fille placent un sapin avec son nom dessus dans son jardin. Ils le décorent avec des rubans et ils l’attachent pour qu’il ne tombe pas. Le sapin reste pendant un mois et la fille ne sait pas qui l’a mis, jusqu’au moment où les garçons viennent le chercher. Afin de le remercier pour son grand effort, la fille préparera un souper pour toute l’équipe. Pour revenir à mon histoire, j’étais très heureuse de ce petit geste et j’étais très fière d’avoir un sapin même en Suisse romande. Un peu plus tard de ce jour-là, on a sonné à la porte et j’ai ouvert. Le visiteur était le pasteur. J’étais toute étonnée qu’il me rende visite. Il m’a présenté toutes ses félicitations pour le bébé qui était né et qui s’appelait « Yasmin ». Il m’a dit, avoir bien remarqué le sapin donc il a dû se renseigner. En riant, je lui ai expliqué que ce n’était pas un sapin de naissance mais un sapin d’amour. Il a bien aimé cette histoire et mon sapin est devenu célèbre dans tout le village. 😊 (En Suisse allemand on dit « Maitanndli», en allemand « Maibaum ») Voici la distinction

    Yasmin, Suisse allemande

    Des Suisses romands qui n’aiment pas l’allemand 

    La deuxième anecdote s’est déroulée de nouveau pendant mon année en Suisse romande. Une fois par semaine j’allais à l’école à Grange Verney. Là nous apprenions tout ce qui concerne le ménage et la santé. Mes amies et moi avons fait connaissance avec des jeunes en dehors de notre classe mais qui allaient à l’école à Grange Verney. J’ai rencontré un garçon qui était super gentil et serviable et je regrette que nous n’ayons plus de contact aujourd’hui. Mais ce que je veux dire c’est, qu’on parlait souvent ensemble et que c’était un peu gênant parce que je ne comprenais presque rien. Il me racontait son weekend et ses activités et je pouvais juste répondre avec les mains (surtout au début). Après quelques mois, quand mon français s’est amélioré, j’ai cherché (de nouveau), désespérée, le mot juste pour lui expliquer quelque chose. Avant que j’aie formulé une phrase, il a commencé à rigoler et il m’a aidé en ALLEMAND ! Et ce n’était pas de l’allemand cassé, appris à l’école obligatoire. Non, il m’a parlé parfaitement en suisse allemand (avec un accent zurichois). Mais ça va ou bien ?! Je devais lui raconter des trucs n’importe comment grâce à mon français sous-développé et il n’a jamais dit un mot en suisse allemand bien qu’il ait su le parler ! Avec un grand sourire il m’a dit que sa maman venait de Suisse allemande et c’est la raison pour laquelle il maîtrisait aussi cette langue. Bon, au début de cette révélation je l’ai grondé un peu mais en fait je pouvais plus profiter, car nous avons parlé de toute façon en français. Il a toujours refusé de parler en allemand. 

    Yasmin, Suisse allemande

    Les heures d’ouverture en Suisse

    En arrivant en Suisse, il est vrai qu’il faut s’adapter aux heures d’ouverture ici. Et, paradoxalement, ça prend du temps. En venant d’un pays chaud, où tout est ouvert jusqu’à tard, je n’étais pas du tout habituée aux fermetures tôt des magasins. Le pire, c’est qu’on était habitué à faire nos courses le dimanche ; ainsi, la première semaine en Suisse, on n’a pas beaucoup mangé. Au fil du temps, pourtant, on a appris. On a appris à décaler notre horaire quotidien pour que tout ce qu’il fallait acheter, on le fasse avant 18h30. On a appris à faire nos courses le samedi au lieu du dimanche et parfois, on les a même faites le jeudi. En outre, on a appris à se détendre. En Suisse, les fermetures tôt sont faites pour que les commerçants aient un horaire de travail 《vivable》 par rapport au reste du monde. Mais en vrai, cela pousse également le public, soit familles ou les individus, à profiter de leur temps libre. On peut passer du temps ensemble, faire une activité à l’extérieur ou bien tout simplement reprendre notre souffle après le stress de notre vie quotidienne. Au début, je m’énervais de ces heures d’ouverture. Mais, maintenant, je me rends compte que ça me fait plus de bien que de mal.

    Khadija, Pakistan

     

    Elections

    En Amérique, nous parlons toujours de démocratie, mais je pense que les Suisses ont un sens de la démocratie beaucoup plus inclusif. Chaque conversation familiale tourne autour de la politique, mais de manière inclusive. Cela m’étonne que les partis politiques doivent travailler ensemble même s’ils ne pensent pas de la même manière et qu’un électeur puisse choisir sans être lié à un seul parti politique. J’aime le fait que les électeurs prennent des décisions en étant informé. J’ai entendu des amis dire « je n’ai pas voté, parce que je ne me suis pas renseigné sur ce sujet ».

    Esther, Etats-Unis & Honduras