Esquisses de l’architecture future

Rédigé par : Marine Fankhauser

Photo : Lance Anderson

URBANISME • Toutes les civilisations et époques ont leur style architectural particulier, mêlant souvent art et prouesses techniques de leur temps. Le paysage urbain est appelé à évoluer face à nos défis futurs, en particulier le changement climatique.

L’humain est par nature un bâtisseur. De tous temps, il a construit des abris pour se protéger, des endroits de rassemblement et des lieux de culte. Dans l’Antiquité, Romains et Grecs construisirent amphithéâtres, aqueducs et temples. Les Égyptiens érigèrent les très célèbres pyramides qui attirent chaque année des millions de visiteur·euse·s et des tombeaux, qui furent plus tard pillés un nombre incalculable de fois. L’histoire retient ensuite la période de l’architecture paléochrétienne, soit autour des IIIe–Ve siècles ap. J.-C, avec la construction de basiliques et de catacombes. Au cours de la vaste période du Moyen-Âge, qui couvre plus d’un millénaire, on note notamment les architectures romanes et gothiques, fortement représentées par des cathédrales, forteresses et châteaux.

La pyramide de Khéops aurait nécessité quelque 2 millions de blocs de calcaire

La Renaissance voit se développer un renouveau de l’art antique, avec des constructions imitant les temples de l’époque gréco-romaine. Enfin, après un passage par l’architecture baroque (XVIIIe siècle) et classique (fin XVIIIe et début XIXe), nous arrivons à l’époque contemporaine, avec une multitude de courants et d’inspirations qu’il est impossible de rattacher à une seule origine.

Les sept merveilles du monde
Il est remarquable de constater qu’en dépit des avancées technologiques du monde moderne, certains monuments construits parfois deux mille ans auparavant continuent de fasciner et d’interroger. Ainsi, la pyramide de Khéops, construite aux alentours de 2’650 av. J.-C. et qui aurait nécessité quelque 2 millions de blocs de calcaire (chaque pierre pesant une tonne et demi), reste un mystère. Cette pyramide fait partie des sept merveilles du monde antique, une liste de monuments aux prouesses architecturales dont la pyramide est aujourd’hui le seul vestige. Parmi les sept édifices, on peut citer les jardins suspendus de Babylone ou le phare d’Alexandrie, dont il ne subsiste aucune trace à l’heure actuelle. Cependant, en 2007, une nouvelle liste qui répertorie sept nouvelles merveilles a vu le jour, parmi lesquelles figurent la Grande Muraille de Chine, le Machu Picchu au Pérou, le Colisée à Rome ou encore le Taj Mahal en Inde.

Chefs-d’œuvre d’hier et de demain
Le Taj Mahal est l’un des dix monuments les plus visités au monde. Il est commandé par l’empereur mongol Shâh Jahân en mémoire de son épouse Arjumand Bânu Begam, décédée en 1631 en donnant naissance à leur quatorzième enfant, et est achevé en 1648. La construction mêle des éléments ottomans, islamiques et indiens. Elle aura duré plus de quinze ans et aura nécessité plus de mille éléphants pour le transport des pierres. On y trouve nombre de matériaux nobles : de la turquoise et de la malachite du Tibet, du lapislazuli du Sri Lanka et de l’onyx de Perse, pour ne citer qu’eux. Le Taj Mahal est également agrémenté de jardins. En parallèle de cela, on peut admirer un chef-d’œuvre d’architecture du XXe siècle, très différent dans son genre : le bâtiment de l’opéra de Sydney. Imaginé par l’architecte danois Jorn Utzon, il a nécessité plus d’un million de tuiles en céramique, fabriquées en Suède. L’opéra est soutenu par 580 piliers de béton qui s’enfoncent en profondeur dans la mer, et dont le courant électrique est alimenté par 645 kilomètres de câbles. Encore un autre ouvrage qui défie tous les superlatifs : la Burj Khalifa, à Dubaï, qui est devenue en 2008 la tour la plus haute jamais construite par l’homme, culminant à 828 mètres. Cette tour a nécessité plus de 22 millions d’heures de travail cumulées, 39’000 tonnes de poutres en acier et plus de 330’000 m3 de béton armé. Elle possède en outre cinquante-sept ascenseurs.

Défis à venir
Si les prouesses modernes détonnent souvent en repoussant les limites de la faisabilité, une nouvelle tendance a déjà vu le jour et se développe de plus en plus : l’architecture éco-responsable, conçue pour créer de nouveaux quartiers écologiques et avec le moins d’impact pour l’environnement possible. En témoignent par exemple les « écoquartiers » Les Vergers à Meyrin, ou encore ceux à Gland, Neuchâtel et Nyon. Le concept ? Par une absence de voitures, la mise en place d’espaces végétalisés, une biodiversité encouragée et une participation citoyenne, ces quartiers où il fait bon vivre essaiment un peu partout dans les pays européens. Ils attirent de plus en plus d’individus en quête de changement face à des « cités de béton », logements construits il y a une quarantaine d’années.

Une nouvelle tendance a déjà vu le jour : l’architecture éco-responsable

Ce souci d’écologie se manifeste aussi par la préoccupation de freiner une urbanisation trop envahissante, d’intégrer des problématiques de durabilité, de valoriser les aspects locaux et de limiter les pertes énergétiques. En témoigne le projet « Jalons 13 » de développement durable édicté par le canton de Vaud en 2018, dans lequel figurent clairement les questions qui vont nous habiter dans les prochaines années, à savoir comment bâtir pour préserver les ressources et comment habiter demain ?

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