Le ski alpin, un made in Stöckli ?

Rédigé par : Benoît Mendez

SKI • Dans l’imaginaire collectif, la Suisse est souvent considérée comme la nation du ski alpin. Pour distinguer le mythique de l’historique, il faut remonter aux origines de l’édification de la Suisse comme reine de la glisse.

Les plus anciennes paires de ski sont vieilles de 5000 ans, mais on ne peut pas faire remonter la passion de ce sport alpin aux fabuleux Lacustres, décrits comme nos ancêtres originels jusqu’au XXe siècle. Les premier·ère·s adeptes du schuss n’étaient pas non plus les Helvètes, comme Guillaume Tell n’était pas le premier adhérent de la Fédération Suisse de Ski. N’en déplaise à notre sentiment patriotique, ce n’est qu’au XIXe siècle que la pratique sportive du ski est importée de la Scandinavie à la Suisse. Les moniteur·ice·s étaient alors norvégien·ienne·s. Dans les années 1870, les stations de sports d’hiver telles que Gstaad ou Davos étaient très fréquentées par de nombreux·euses touristes britanniques, c’est donc naturellement que le ski, discipline en plein essor, est devenu un incontournable des sports d’hiver.

Du plaisir familial…
Avant la Première et la Seconde Guerre mondiale, le ski demeurait un plaisir réservé aux familles fortunées. Malgré un tourisme qui battait de l’aile dans les années de guerre, un engouement politique et économique autour du ski est né, notamment par rapport à son accessibilité. Au milieu du XXe siècle, le ski était devenu un classique du cursus scolaire et les familiaux séjours au ski se sont popularisés. Dès la période d’après-guerre, ce sport faisait l’objet d’une importante propagande, tant des milieux politiques que de l’industrie du tourisme.

… à l’industrialisation du ski
Puis, dans les années 1970, les athlètes suisses ont remporté bon nombre de compétitions internationales. L’épisode des Jeux olympiques de 1972 à Sapporo a ouvert un âge d’or. À cette époque de grands succès, les associations firmes-skieurs battaient leur plein. Ovomaltine, Crédit Suisse, Milka… de nombreuses marques ont créé un maillage entre sport et économie. Par la suite, cette période a été remplacée par l’âge de la concurrence. Nouvelles pratiques, rivalité avec le football et le tennis, baisse du nombre de médailles décrochées… Divers facteurs expliquent une baisse de l’engouement populaire pour la descente alpine. Le ski est désormais banalisé, même s’il reste l’une des cinq activités physiques favorites des Suisse·esse·s, selon le rapport Sport Suisse 2020. En étant 35% dans ce pays à pratiquer la glisse régulièrement, notre nostalgique imaginaire national devrait revoir où en sont les pioupious et leur piquer du bâton…

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