Des produits made in l’Unil

Rédigé par : Yasmin Rosario

CAMPUS • Les moutons de l’Université de Lausanne (Unil) gambadent dans les espaces verts depuis plus de trente ans et sont devenus les mascottes du campus. Ils servent principalement de tondeuses écologiques. Ils sont un symbole de la biodiversité et la durabilité sur le campus. Mais quelles autres fonctions remplissent-ils ?

Introduits sur le campus dans les années 1990, à la suite d’un plan économique de l’État de Vaud, les moutons ont d’abord eu comme but de réduire les dépenses publiques. L’université avait alors choisi de ne pas renouveler les postes de jardinier·ère·s et de les remplacer par des moutons, une option moins chère que les machines . En échange, les berger·ère·s, devenus salarié·e·s de l’Unil, ont pris en charge l’entretien des vastes pelouses du campus et ont veillé à l’entretien du troupeau. La première fonction des moutons est donc bien de « tondre la pelouse ». Une fois accompli leur rôle de tondeuse, ils sont également destinés à la consommation. La laine, collectée elle aussi, a été employée de diverses manières, pour des projets d’étudiant·e·s, isoler des maisons ou confectionner des couettes. Malgré ces différents usages, il a parfois fallu la détruire tant elle était abondante.

Valoriser la laine des moutons
Depuis peu, une entreprise suisse a décidé de valoriser la laine en l’utilisant pour fabriquer des chaussures. Baabuk est une entreprise spécialisée dans les baskets, les feutres et les chaussons en laine. Ses fondateur·rice·s, Galina et Dan Witting, respectivement ancien·enne·s étudiant·e·s de l’Unil et de l’EPFL, sont particulièrement attentif·ve·s aux enjeux environnementaux et sociétaux. Leurs chaussures sont fabriquées au Népal avec de la laine de Nouvelle-Zélande et conçues en Suisse. En constante recherche de matières premières, le couple s’est décidé à se fournir en laine universitaire pour fabriquer des chaussures. La laine est ensuite envoyée au Portugal, où elle est travaillée à la main sur des machines pour être transformée en chaussures, mises en vente depuis le début du mois.

La laine est envoyée au Portugal, où elle est travaillée à la main

Les moutons du campus sont polyvalents. Ils remplissent un rôle écologique dans la préservation des terrains du campus et évitent l’utilisation de machines polluantes, tant en bruit qu’en émissions de CO2. Une fois que l’animal a rempli son devoir, il peut être consommé pour sa viande et sa laine utilisée pour créer des vêtements. Le mouton est donc une ressource durable, qui peut être exploitée dans le respect de l’environnement.

La préservation de la biodiversité
Une attention particulière est portée au campus de Dorigny, afin qu’il n’impacte pas négativement la nature dans laquelle il s’inscrit. Les espaces verts servent de lieu d’expérimentation pour l’agroécologie : entre autres démarches, pas de produit chimique, économie d’énergie par l’utilisation des moutons pour la tonte conservation de la biodiversité par la culture des haies vives aptes à accueillir oiseaux et petits animaux. Même les abeilles sont au cœur de la biodiversité universitaire. L’Unil abrite plus de septante-cinq ruches, entretenues pour assurer la pollinisation du campus, produire du miel et préserver la biodiversité. À l’avenir, le campus pourrait devenir un véritable vivier de permaculture, contribuant ainsi à la préservation de son patrimoine naturel, humain et social. Un élan écologique nécessaire, auquel sa mascotte laineuse fut l’une des premières à participer.

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