Les pyramides du XXIe siècle

Photo : ©Kathy Mujynya

Rédigé par : Furaha Mujynya

ARCHITECTURE • Les merveilles du XXIe siècle semblent être marquées par les enseignes de la vitesse, la hauteur et l’écologie. Pour parvenir à s’élever au même rang que les empires impériaux de l’antiquité, il faut réussir à innover dans au moins l’une des trois catégories.

Les merveilles du monde antique impressionnent et passionnent toujours de nos jours, car elles sont preuves d’une grandeur passée. L’intuition d’ingénierie et la créativité artistique de ces constructions est difficile à associer à une population lointaine qui ne possédait ni machinerie, ni internet, ni même électricité. Elles servent d’objets commémoratifs de la puissance de grands empires et souverain·e·s. Malgré les avancées techniques disponibles au XXIe siècle, très peu de constructions semblent parvenir à s’élever au rang de Merveille. Pourtant, il ne manque pas de constructions démesurées qui ont pour unique but d’exposer la grandeur d’une nation ou d’un individu. Au XIXe et XXe siècle, de nombreuses tours furent construites, démontrant un désir de s’élever vers un rang supérieur. La quête de la hauteur par l’architecture est visible partout dans le monde ; la tour Eiffel de 300m de haut, Tokyo et sa tour de 332,6m ou encore les 350,2m du Strat de Las Vegas.

L’Asie comme nouveau centre du monde
Bien que les nations qui se démarquent au XXe siècle soient majoritairement situées en Amérique du Nord et en Europe centrale, le XXIe siècle est marqué par les avancées asiatiques. La construction de gratte-ciels monumentaux – comme le Tokyo Skytree (632m/2012), Canton Tower (604m/2010) et Lotus Tower (350m/2019) – démontre un renversement des puissances mondiales. Ces constructions ne recherchent plus uniquement à atteindre la hauteur, mais aussi à devenir polyvalentes ou encore modèles d’écologie verte. Burj Khalifa à Dubaï, la plus grande tour du monde, qui atteint 828m de hauteur, est le parfait exemple d’une tour à multiples usages. Burj Khalifa contient de nombreux bureaux, restaurants, magasins de luxe et même des appartements sur 160 niveaux, créant ainsi une réelle ville verticale. Bien qu’elle ait une utilité pratique, cette tour peut être considérée comme une démonstration de grandeur. Elle a été nommée en l’honneur de l’émir d’Abu Dabi et elle a été conçue avec le but de dépasser tout bâtiment jamais construit. Il s’agit donc de surpasser les autres nations afin de démontrer son statut supérieur. Quant à l’investissement dans la construction d’édifices écologiques, Singapour se démarque du reste du monde avec sa ville verte. Non seulement la végétation est fortement présente à Singapour, mais la construction d’un énorme jardin botanique au centre même de la ville lui donne l’image de ville-jardin. Les dômes formés par les serres sont dignes d’une esthétique sortie d’un film de science-fiction. De plus la présence d’arbres artificiels, qui s’apparentent à de géantes fleurs met la végétation à une échelle monumentale, créant ainsi un paysage hors du commun. En dehors des Gardens by the Bay, d’autres édifices ont été construit en symbiose avec la nature comme le Parkroyal ou encore la tour Eden Garden. Qu’il s’agisse de la construction la plus haute ou la plus verte, il faut devenir maître de son domaine afin de pouvoir prétendre au trône de Merveille.

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