Le Vorace, avide de local

ALIMENTATION · Un nouveau magasin, le Vorace, sis dans le Vortex, s’apprête à ouvrir boutique au mois d’octobre. Composée presque exclusivement de produits locaux, la boutique est gérée par une association qui suit un modèle de fonctionnement participatif.

Le Vortex prend progressivement vie en ce début d’automne. Alors que nombre d’étudiants ont intégré leurs nouvelles résidences dans divers étages du complexe à la fin de la période estivale, un local situé au rez-de-chaussée se destine à devenir leur magasin. Le lieu fourmille d’activité : des bénévoles s’affairent, transportant des constructions en palettes destinées à accueillir différents produits. C’est une première pour cette équipe composée d’étudiant·e·s de l’Unil, qui a décidé de mettre sur pied cette épicerie durable, nommée le Vorace. Enthousiaste, Margaux Krieg, membre de l’association, expose tour à tour le futur rôle des structures constituées en palettes parsemant le magasin, de celles qui accueilleront le pain frais, à celles destinées aux légumes. Seule une dernière étagère, un peu à l’écart et destinée aux produits de première nécessité, crée une légère entorse à la provenance locale des marchandises, car certaines ne sont proposées par aucun producteur local. L’épicerie restera d’ailleurs fermée le mardi, jour de marché à l’Unil, pour éviter de faire de la concurrence aux marchands.

Avantages pour les bénévoles

Le Vorace a adopté un modèle de fonctionnement participatif, « une sociocratie dans laquelle tous les postes sont tirés au sorts et doublés, pour satisfaire les exigences légales » explique Margaux Krieg. Si pour l’instant l’association compte sept membres officiels, c’est une trentaine de personnes qui participent à la construction du magasin. Les bénévoles bénéficieront de 15% de rabais sur les produits de l’épicerie sur les produits vendus, en échange d’une participation de trois heures par mois à l’épicerie. Les horaires d’ouverture dépendront ainsi du nombre de membres, que Margaux Krieg espère suffisant, afin de pouvoir concurrencer les grands commerces situés non loin, sur le campus.

Un financement en cours

Le financement du projet est aussi source d’inquiétudes. Si l’Unil affiche son soutien par divers dons et en exonérant l’association de loyer jusqu’en décembre, les membres du Vorace ont lancé le 24 août un crowdfunding afin de financer l’équipement de base du magasin. Des 40’000.- demandés, 30’865.- ont été récoltés (19.09, https://wemakeit.com/projects/epicerie-le-vorace?locale=fr). Seulement, « si nous n’arrivons pas à récolter la totalité de la somme demandée avant l’échéance du 28 septembre, tout l’argent sera redonné aux donateurs. L’ouverture, prévue au début du mois d’octobre, serait alors compromise», appréhende Margaux Krieg. L’association étant à but non lucratif, elle prévoit de progressivement baisser les prix de ses produits, au fur et à mesure que les investissements initiaux auront été remboursés. A terme, les membres du projet voient déjà leur épicerie comme un lieu au cœur de la vie locale, dans laquelle les riverains viendront faire leurs commissions, en plus des résidents du complexe estudiantin. L’emplacement du Vorace résume d’ailleurs cette volonté : une porte s’ouvre sur le centre du Vortex et l’autre sur la rue menant aux habitations de la commune voisine.

Killian Rigaux

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