À la rencontre de… Sébastien Wenk, du groupe Époque Bleue

INTERVIEW · L’auditoire a rencontré Sébastien Wenk, chanteur et guitariste du groupe Époque Bleue, créé au sein du collectif La Machinerie et qui vient de sortir son premier diptyque le 30 octobre passé.

Pourrais-tu te présenter et décrire ton parcours musical ?

Sébastien Wenk, je fais le chant et la guitare dans le groupe Époque Bleue. J’ai commencé à jouer du piano à 11 ans, mais je n’en ai fait que quelques mois. En fait, ma professeure enseignait essentiellement du classique et à l’époque ça ne m’attirait pas. Parallèlement, je faisais des cours de solfège que j’ai poursuivi jusqu’à leurs termes. Ensuite, j’ai commencé la guitare à 13 ans avec un professeur, avant de continuer à pratiquer seul. Et puis j’ai acheté une basse quelques années plus tard. Finalement, je me suis mis à composer vers mes 18-19 ans. Mes premières ébauches, je les faisais sur GarageBand. Pour ce qui est du chant, j’ai commencé par moi-même et j’ai quand même pris une année de cours à l’école Ton sur Ton, à la Chaux-de-Fonds.

Qu’en est-il des autres membres du groupe?

Il y a Arnaud Paolini qui fait la guitare, une deuxième voix et aussi beaucoup de prod’. Il a fait un bachelor en musiques actuelles à la HEMU et a également un autre projet musical qui s’appelle Chemical Fame. Puis, Maic Antoine qui fait la basse et avec qui j’ai joué dans un précédent groupe, Nocturn. En fait, Époque Bleue est un peu l’évolution de ce projet qu’on avait ensemble. Il a aussi étudié à la HEMU et s’investit dans plusieurs projets, comme Chuckles, Etienne Machine et Chemical Fame. Ensuite, Mathieu Nuzzo qui est aux claviers et aux synthétiseurs. Il est également passé par la HEMU. À la batterie, on retrouve Thibault Besuchet, qui est aussi à la HEMU. En fait, c’est là qu’ils se sont tous connus et qu’ils ont décidé de créer le collectif La Machinerie. Pour ma part, je les ai rejoints parce que je connaissais bien Maic et que le contact avec les autres s’est trop bien passé. Finalement, Alexis Sudan, qui travaille au A.K.A Studio au Flon, est l’ingénieur son et participe à la co-production du projet en nous donnant des idées ou des suggestions.

Est-ce que tu pourrais dire quelques mots sur le collectif La Machinerie?

C’est un collectif artistique lausannois, principalement musical, qui a été fondé il y a à peu près un an. Différents projets y sont rattachés tels que Etienne Machine, Chemical Fame ou encore Chuckles. Le collectif crée une sorte de cohésion et de force. Il permet de nous réunir souvent et d’élargir nos ambitions. À l’avenir, il pourrait agir comme un label, afin de produire les enregistrements sous notre nom, ainsi que mêler plusieurs arts en incluant des personnes qui feraient notamment des visuels.

Comment est-ce que vous définiriez votre style musical et quelles sont vos principales influences?

Je dirais que c’est une espèce d’indie pop francophone. Parfois, ça peut être un peu psyché dans les changements d’accords ou dans les tonalités. Mais je pense que c’est une musique assez accessible, « facile d’écoute ». Il y a aussi des influences dream pop, du style beach house, avec une rythmique assez répétitive, « c’est tout droit », un peu comme « une autoroute de rêve ». Le projet a principalement été influencé par des groupes et des artistes tels que Men I Trust, Mac Demarco, Beach Fossils ou encore Muddy Munk – actuellement actif sur la scène pop francophone suisse.

Pourquoi l’idée du diptyque (une sortie à deux volets)? Et est-ce qu’il y a un thème ou des émotions récurrentes dans vos chansons?

Au départ, j’étais venu vers Maic, Arnaud et Alexis avec des compos que j’avais faites dans ma chambre; certaines maquettes un peu toutes nues, d’autres déjà pas mal terminées. On devait sortir un EP avec 5-6 titres, qui étaient la base du projet. Mais ce n’était pas cohérent de les réunir toutes ensemble; ce ne sont pas des musiques qui ont été écrites avec une histoire commune. C’est pour donner du sens derrière ces titres qu’on a alors décidé de les diviser. De ce fait, j’ai pu assembler les titres, deux par deux, en fonction des émotions et d’une ambiance générale qu’ils semblaient partager entre eux. En tout, il y aura trois diptyques. Le premier, sorti fin octobre, s’appelle «La Pièce» et traite en quelque sorte de rêves dans un espace renfermé. Le deuxième sera peut-être un peu plus triste et profond, sans pour autant que ce soit une centrale de films déprimants (rires). Et le dernier, qui sera un peu plus joyeux et coloré, sortira l’été prochain.

Pourquoi Époque Bleue?

C’est Maic qui a proposé ce nom. Au début, ça ne me parlait pas plus que ça, sans pour autant que je n’aime pas l’idée. Puis, avec le temps et les différentes compos, ça m’a trop parlé. Les musiques sont assez nostalgiques et c’est une couleur qui s’y prête bien. Finalement, ça a été validé et je trouve ça original, sans pour autant que ce soit trop décalé.

Sur quelles plateformes pouvons-nous vous écouter?

Sur toutes les plateformes pour écouter de la musique: Spotify, Tidal, Apple Music, etc.

Est-ce que la crise du coronavirus a été un frein au niveau du projet?

Le coronavirus a un peu décalé tout le processus de production, car durant le confinement on ne pouvait même plus être trois au studio. On ne pouvait donc ni répéter, ni composer ensemble. Mais est-ce que ça a été un frein? Je pense que non. Ça nous a permis de prendre le temps de réfléchir sur la cohérence des titres et de travailler sur les visuels. Je dirais que ça nous a effectivement un peu repoussé mais c’était à notre avantage.

Comment perçois-tu la scène musicale en Suisse romande? Est-ce que c’est difficile pour de jeunes musicien·ne·s de se lancer et de concrétiser un projet dans le monde musical actuel?

J’ai l’impression que c’est toujours un peu difficile. Pour ma part, je n’ai pas vraiment un avis professionnel; les autres membres du groupe en savent davantage, notamment parce qu’ils ont des cours sur le sujet. Je trouve que la Suisse est un pays très « sport »; les aspects artistiques et culturels ne sont pas mis sur le devant de la scène. Avoir un réseau, ça aide, et La Machinerie nous permet justement de créer des contacts. Il y a aussi un côté administratif; il ne faut pas avoir peur de faire des mails pour contacter des radios, par exemple. Certaines répondent assez volontiers et rapidement. Alors, je dirais que c’est dur mais qu’il ne faut pas se décourager. Il faut y croire.

Quelles sont les dates/informations à retenir?

On aura un premier concert à la Case à Chocs à Neuchâtel le 22 janvier, si ce n’est pas annulé d’ici là – on espère. En fait, ce sera le premier concert du projet. Le premier diptyque est sorti fin octobre. Le deuxième sortira en début d’année prochaine, courant janvier-février-mars. Et le dernier, au début de l’été 2021.

Propos recueillis par Mathilde de Aragao

© Rosalie Evard

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