Portrait de Sylvain Arlettaz, jeune agriculteur suisse

INTERVIEW – Dans le Chablais, sur la paisible commune de Collombey-Muraz, L’auditoire est allé à la rencontre de Sylvain Arlettaz, un jeune agriculteur qui travaille avec ses parents sur l’exploitation familiale. Ils ont mis en place un innovant projet: un poulailler mobile et un magasin de vente directe. Il décrit le paysage d’une agriculture suisse en nous parlant de son parcours, des difficultés actuelles des agriculteur·trice·s, du futur du métier et de potentielles solutions. 

Récit du parcours de Sylvain Arlettaz & de la Ferme des Arlett’

  • Tout d’abord, peux-tu te présenter et expliquer ton parcours?
    • Je m’appelle Sylvain Arlettaz, j’ai 24 ans et je viens de Collombey-Muraz. J’ai toujours été passionné par l’agriculture et j’ai toujours aidé à la ferme familiale qui appartenait à mon grand-père. Quand j’ai eu l’âge de faire mon CFC, je voulais absolument devenir agriculteur mais mes parents m’ont déconseillé ce métier, car ils disaient que c’était un métier trop dur, et que l’on n’est jamais sûr de l’avenir… Alors, j’ai d’abord fait un CFC de charpentier, puis j’ai travaillé deux ans comme ouvrier. Mais je passais tous mes congés et mes week-ends à aider à la ferme familiale. J’ai ensuite obtenu mon CFC d’agriculteur. Au final, je ne regrette pas: je suis fier d’avoir fait deux formations et j’ai beaucoup appris en travaillant ailleurs et en rencontrant d’autres gens. En 2018, j’ai fini mon CFC d’agriculteur et je suis  en train de faire le Brevet fédéral de chef d’exploitation agricole.
  • C’est possible de faire le Brevet en emploi?
  • Oui! Les cours se déroulent en hiver et tu peux choisir les modules que tu veux faire, par exemple un module plutôt bétail ou sur les poules, ou encore sur les cultures. En parallèle, il y a des modules obligatoires comme la comptabilité, la gestion du personnel, le marketing, etc. L’examen final se présente sous forme d’un dossier sur l’exploitation: c’est une analyse de la rentabilité de chaque branche de production, par exemple combien te coûte une vache. C’est très intéressant et très complet.
  • Qu’est-ce que tu apprécies dans ce métier?
    • J’apprécie l’indépendance que donne ce métier. Je peux faire le programme de mes journées comme je préfère. Ensuite, j’adore les animaux, les machines et travailler avec la terre et la nature en plein air. C’est un métier qui est passionnant, il y a tous les jours des défis à relever. C’est aussi un plaisir (la plupart du temps) de travailler en famille. Il y a aussi la fierté de participer à la société en nourrissant la population et en entretenant le paysage. Mais c’est également beaucoup d’administratif, il faut savoir gérer les deux aspects à la fois. En tant qu’indépendant, il faut tout gérer: les assurances, la comptabilité, le vétérinaire… Il faut savoir faire énormément de choses.
  • Quelle est l’histoire de ta ferme, la Ferme des Arlett’?
    • C’est mon grand-père qui a créé cette ferme. Mon oncle a ensuite repris l’exploitation. Il est malheureusement décédé d’une maladie en 2004. Cette ferme tenait à cœur à mes parents et ils ne voulaient pas la laisser partir. Mon père a donc décidé de reprendre la ferme avec son meilleur ami afin que l’exploitation reste dans la famille. Cette collaboration n’a malheureusement pas fonctionné et mon père s’est retrouvé seul sur l’exploitation. Il voyait que j’étais motivé à reprendre derrière lui et mes parents se sont toujours battus un peu pour moi. Il a bossé très dur pendant plusieurs années sur l’exploitation avec l’aide de ma mère et la mienne, mais j’étais encore très jeune. La Ferme des Arlett’ est réellement née en novembre 2019, à la suite de l’arrêt de la production laitière en décembre 2018, qui n’était vraiment pas rentable. On faisait du lait à 52 centimes le litre pour un coût de production autour des 1.–, 1,10.– le litre. J’avais calculé et on travaillait environ pour 3.– de l’heure. Au niveau familial et horaire, c’était extrêmement compliqué. On commençait à 5 heures du matin, on finissait vers 19–20 heures le soir et on n’avait pas de week-ends, et jamais de vacances… Il a donc fallu se réinventer et nous nous sommes tournés vers un poulailler mobile et la vente en direct à la ferme d’œufs dans un magasin self-service que nous avons nommé La Ferme des Arlett’.
  • Comment t’est venue l’idée du poulailler mobile?
    • Au début, on avait le projet d’un grand poulailler industriel de 10’000 poules pondeuses. On cherchait une solution pour remplacer les vaches laitières. Mais après réflexion, l’idée ne nous a pas tant plu que ça car nous n’étions pas dans l’optique de repartir dans un élevage hyper intensif. En plus j’avais peur des poules! Quelques années plus tard, dans le cadre du module marketing du brevet fédéral, je devais étudier et développer un projet. Je suis tombé par hasard sur les poules pondeuses et sur un poulailler mobile dans le canton de Vaud. J’ai flashé là-dessus et nous sommes allés visiter à Nyon ce projet à taille humaine qui nous a beaucoup plu. Puis j’ai fait une étude de marché sur la population de ma commune et les 250 personnes qui m’ont répondu étaient très intéressées par l’idée. On s’est ensuite lancé dans l’aventure, un peu tête baissée… C’était évident pour nous de créer un self-service pour vendre nos produits à un prix correct!
  • Quelle a été ton expérience avec ces projets?
    • En Valais, on était les premiers à faire ça. Dans le canton de Vaud, c’est déjà quelque chose qui se développe. Au début, j’avais peur des poules… J’avais été attaqué par une des poules de ma grand-mère quand j’étais petit et ça m’avait marqué! Et à 18 ans, pour rire, mes copains m’avaient offert une poule pour mon anniversaire et je n’osais pas la porter… Mais ce projet m’avait vraiment plu. Quand les poules ont été livrées, je ne faisais pas le malin, j’avais des gants jusqu’au coude et je les portais sans les regarder, puis en travaillant tous les jours avec, j’ai vu que c’était des animaux passionnants. Je n’ai donc plus peur des poules et nous sommes très fiers de ce projet. Quand on a vu que le projet marchait bien, on a investi dans un deuxième poulailler car les gens nous ont bien soutenus.
Arrivée à La Ferme des Arlett’ à Collombey-Muraz

Les problématiques actuelles pour les agriculteur·trice·s

  • Quelles sont les problématiques principales actuellement dans le monde de l’agriculture?
    • Je dirais qu’un des problèmes en Suisse, ce sont les changements fréquents de la politique agricole qui demandent beaucoup d’adaptation dans un domaine où il est très compliqué de changer rapidement. Les politiques changent tous les 4–5 ans. C’est plus facile pour les exploitations qui ont des liquidités importantes, mais les petites exploitations qui ont peu de liquidités ont vraiment de la peine à s’adapter. Et on est obligé de suivre toutes les politiques pour pouvoir toucher les contributions, car il est impossible de faire tourner un domaine sans ces contributions.
    • Je pense aussi qu’il y a un manque de connaissance sur l’agriculture de la part d’une partie de la population qui a perdu la connaissance de ce métier ancestral. Avant, tout le monde avait deux vaches et un bout de jardin, tout le monde avait un peu la main dans la terre. Aujourd’hui, nous ne sommes plus que 2 à 3% de la population à être agriculteur·trice. Il y a des gens qui se parquent dans l’herbe haute et ne se rendent pas compte qu’il y aura une perte d’herbe pour les paysan·ne·s, ou qui prennent des épis de blés pour faire des décorations de table. Certain·e·s ramassent des bidons de terre dans les champs sans avoir l’impression de voler un outil de production… Si tout le monde fait ça, on ne s’en sort plus. Je pense que c’est dû au fait que de moins en moins de gens s’intéressent à ces métiers. Ce ne sont pas des mauvaises intentions mais plutôt un manque de connaissances.
    • Par exemple, nous avons eu quelqu’un d’un chantier qui est venu entreposer de la terre dans notre champ sans nous demander. On est presque passé pour des malhonnêtes quand on est allé se plaindre. L’ouvrier nous a dit qu’il allait remettre le terrain en place, mais nous avons quand même dû aller semer à nouveau par après… Il ne se rendait pas compte que l’herbe ne pousse pas comme ça!
  • En fait, les gens sont moins au contact de la nature, vivent plus dans les villes et sont mal informés…
    • Oui, c’est le problème. Les gens des villes proposent des initiatives, comme arrêter tous les pesticides avec l’initiative «Pour une Suisse libre de pesticides de synthèses». Oui bien sûr, l’idée est géniale, mais comment allons-nous faire? En Suisse, on serait un modèle car on n’utilise pas de pesticides. Mais il y a de nombreuses cultures qu’on ne pourrait plus faire ou qu’il faudrait faire à toute petite échelle, ce qui nous amènerait à importer le reste des produits. Mais j’ai l’impression que les gens ne se rendent pas compte. Par exemple, ici, dans la région, certains agriculteur·trice·s font de l’agriculture biologique. Mais sans pesticides, il faut aller désherber à la main. Et il n’y a pas de Suisse qui va désherber à la main, c’est du personnel étranger qui s’en charge: on les voit en plein soleil sur leur chariot, couché·e·s par terre avec un parasol en train de désherber. C’est extrêmement dur… Après, bien sûr, il faut qu’on aille de l’avant et que l’on trouve des solutions, mais vouloir que la Suisse arrête de traiter avec des pesticides, c’est une initiative un peu folle et qui nous amènerait à importer beaucoup de produits d’ailleurs. Les votations à venir représentent un défi pour les agriculteurs et les agricultrices suisses. Par exemple, l’initiative «Non à l’élevage intensif en Suisse», contre laquelle on doit se défendre pour pouvoir continuer à travailler avec les techniques que l’on a aujourd’hui.
  • Y a-t-il des problématiques spécifiques au Chablais?
    • Le gros problème spécifique au Chablais, c’est la disparition des terres. Le Chablais est une enclave entre les Alpes, la place est limitée et les industries prennent de la place au détriment des terres, qui sont de bonnes terres arables, faciles à arroser avec la nappe phréatique droit dessous. Mais les terres sont en train de disparaître comme des petits pains. Il y a par exemple le projet «Rhône 3», qui a débuté et qui a pour but d’élargir le Rhône, ce qui supprimerait beaucoup de terres agricoles. Notre domaine est concerné de 6 hectares.. Le problème, c’est que sur nos 46 hectares, seuls 27 hectares sont labourables et productifs en plaine. Et si on perd nos terres en plaine, on n’aura plus assez de surface pour nourrir nos bêtes en montagne. Voilà le problème du Chablais. D’autres régions de Suisse n’ont pas ce problème, par exemple dans le Gros de Vaud, où il y a assez de surface. Ici, nous sommes beaucoup trop d’agriculteur·trice·s par rapport au nombre de surfaces disponibles, qui de plus ne cessent de diminuer.
Vue du ciel de la Ferme des Arlett’
  • Penses-tu qu’il y a un problème d’agribashing (une attitude dénigrante et méfiante à l’égard de l’agriculture par le public notamment) en Suisse?
    • On voit que dans les pays environnants, par exemple en France, il y a de fortes attaques envers les paysan·ne·s, comme le tabassage d’un paysan qui purine ou l’empêchement de travailler le dimanche. Il n’y a pas encore eu ce genre de faits divers en Suisse et j’espère qu’il n’y en aura pas… Mais dans notre quotidien ici, certaines personnes ont des gestes insignifiants mais blessants et dévalorisants pour notre travail. Par exemple, dans notre exploitation, nous sommes proches des villas et il y a des gens qui se mettent l’écharpe sur le nez quand on purine ou quand on met de l’engrais. C’est en même temps un peu contradictoire, car la plupart des gens veulent du bio mais ils ne se rendent pas compte que le jour où on complètement au bio, les meilleurs engrais existants sont le purin et le fumier. Et maintenant, il y a des parcelles et des endroits où je n’ose plus aller… Ce qui nous amène à mettre des engrais chimiques, car on est obligé de mettre quelque chose.
    • J’ai aussi noté un problème avec les réseaux sociaux. Les gens ont tendance à donner leur avis ou des conseils, comme s’ils étaient agriculteurs et agricultrices. Imaginons qu’une bête dehors fassent malheureusement une crise cardiaque et qu’un·e passant·e prenne une photo, en mettant la photo sur les réseaux sociaux cela peut détruire le·la paysan·ne… Ou bien, j’ai vu passer sur les réseaux un agriculteur dont le troupeau a été attaqué par un loup et qui a posté une photo car il était dévasté; les gens disaient «en voilà encore un qui n’a pas su protéger son troupeau»… Sur les réseaux sociaux, tout le monde est agriculteur et a des bons conseils, mais au final, personne ne veut être agriculteur… C’est un stress en plus pour nous.
  • Quelles sont les pressions sociétales ou environnementales sur les paysan·ne·s?
    • Ce qui est dur, c’est que l’on doit produire toujours plus, avec des contraintes toujours plus strictes et pour des coûts plus bas. On a des normes très élevées à suivre et beaucoup de pressions qui s’augmentent avec les journalistes, les antispécistes, les reportages sur l’agriculture… Il y a aussi le regard et la méconnaissance du métier par les gens. Le marketing, par exemple les publicités à la télévision, présentent l’image d’une agriculture idyllique, avec des poules qui pondent directement devant chez le grand distributeur… Cela ne montre pas une image réelle de notre travail et les gens sont ensuite choqués quand ils voient la réalité du métier dans nos exploitations, malgré le fait que les normes soient respectées.

Futur et solutions potentielles

  • Quelles sont selon toi les potentielles solutions à ces problèmes?
    • Je pense qu’il faut sensibiliser la population au métier et aux pratiques, pour qu’ils se rendent compte de notre quotidien, par exemple, en faisant de la vente directe. Bien sûr, ce n’est pas la solution magique, mais c’est un des moyens pour rétablir le lien avec les consommateur·trice·s et pour l’agriculteur·trice de vendre ses produits à un prix correct et décent. Les gens viennent poser des questions, ils voient les poules dehors… C’est important d’établir un lien avec les consommateur·trice·s et d’améliorer la communication avec la population. D’ailleurs, on a beaucoup parlé de la population qui critique les agriculteur·trice·s, mais il n’y a pas que des gens comme ça. Avec notre magasin de vente directe, il y a beaucoup de gens compréhensifs et qui jouent bien le jeu.
  • Comment t’adaptes-tu à ces changements?
    • En fait, on cherche toujours à innover, notamment en développant ce projet de poulailler mobile. On essaie de se diversifier, de se détacher des autres, de sortir du lot, d’innover mais ce n’est pas toujours facile de trouver le petit truc qui va fonctionner, avec lequel on pourra s’en sortir financièrement. On se dit qu’on pourrait ajouter d’autres produits dans notre magasin de vente en directe: on avait fait de la soupe à la courge l’année passée, ce qui avait plutôt bien marché. En tant qu’entrepreneur·euse, on se demande toujours comment améliorer l’entreprise, et je me vois plutôt partir dans de nouvelles idées que de retourner dans un système intensif à fond. Je préfère vendre en direct avec des gens, plutôt que de construire une nouvelle ferme pour 500 taureaux d’engraissements par exemple.
Entrée dans le magasin self-service où les œufs et d’autres produits sont vendus
  • Y a-t-il beaucoup de jeunes dans le métier et comment se sentent-ils·elles?
    • C’est difficile pour moi de répondre à la question car j’ai beaucoup d’agriculteur·trice·s dans mon entourage, donc je n’arrive pas trop à me rendre compte. Mais c’est vrai qu’au brevet, nous sommes quand même pas mal de jeunes intéressé·e·s par le métier. C’est un métier passionnant, où l’on travaille avec la terre et il y a beaucoup de débouchés, comme représentant·e des grandes cultures, production animale… Il y a beaucoup de spécialisations possibles. Mais je constate qu’il y a beaucoup de jeunes qui font la formation d’agriculteur·trice sans avoir aucune exploitation, par exemple familiale, à reprendre. Ils·elles finissent l’apprentissage à 18 ans et redémarrent à zéro. Le problème, c’est que c’est très difficile financièrement de commencer une exploitation agricole. Les terrains ont beaucoup de valeur, les machines, les bêtes, tout ça est très cher: racheter une exploitation, c’est quelque chose de monumental. De plus, ce n’est pas vraiment possible de commencer avec 5 hectares; pour faire vivre une personne ou une famille, il faut un grand investissement de départ.
    • Après, je pense que le regard des gens n’est pas toujours facile pour les jeunes dans le métier, même de la part d’autres jeunes. Et je pense qu’on va rentrer dans un conflit générationnel entre une génération qui a vécu un système plus intensif et une nouvelle génération qui a une autre vision.
  • Quel est selon toi le futur de ce métier en Suisse?
    • Je pense que nous nous dirigeons vers une agriculture qui n’aura pas forcément comme objectif de nourrir le plus grand nombre de personnes possible. Mais vers des exploitations qui seront soit de très grandes tailles, très intensives, soit de toute petite taille, plus artisanales, coopératives, où il est indispensable d’avoir un autre travail à côté. Une agriculture qui doit savoir tout faire:  son produit, le vendre, faire de «l’hôtellerie», de l’agritourisme… Je pense que dans le sens où l’on va, ça va être difficile pour les exploitations «entre deux». Par exemple, nous, nous sommes une petite exploitation et comme les terrains vont disparaître, on ne sait pas trop où l’on va. Il faut aussi savoir que les terres que l’on a, nous n’en sommes pas propriétaires, tout est à la commune, à des privés. Donc si ces personnes décident de les vendre ou de faire un projet dessus, il faudra quitter nos terres.
    • Donc dans le futur, je vois plutôt des énormes exploitations et des petites, qui pratiquent des formes d’agricultures plus alternatives. Ce sera peut-être comme à Zurich, où il y a des petites fermes et des petits jardins où les citoyen·ne·s paient pour venir y travailler. L’agriculture deviendrait un hobby. Les gens de la ville seront peut-être tout contents de venir cultiver leurs fruits et leurs légumes…
  • Comment les consommateur·trice·s peuvent-ils·elles participer à une agriculture plus durable et plus étique?
    • Consommer local, ou du moins suisse. S’informer sur la réalité du métier et être prêt·e à accepter de payer un juste prix! Nos coûts de production sont beaucoup plus élevés par rapport à l’étranger, c’est pourquoi nos prix aussi sont un peu plus élevés. Et cela ne s’applique pas qu’aux légumes et à la viande, mais aussi au prix des restaurants. On trouve souvent le restaurant cher, mais si le restaurant se fournit en œufs étrangers, le prix du plat ne sera pas le même que s’il achète des œufs suisses élevés en plein air!

Propos recueillis par Fanny Cheseaux

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *