100 ans et tous ses étudiants

ANNIVERSAIRE · L’Union des étudiant·e·s suisses célèbre un siècle de combat pour la cause des étudiant·e·s des hautes écoles suisses. Retour sur les moments marquants de son histoire.

Entre instauration des cours en ligne, examens déplacés en plein été ou échanges universitaires supprimés, les étudiant·e·s peinent à faire entendre leur voix dans le flot de décisions prises par les universités et le Conseil fédéral. L’Union des étudiant·e·s suisses (UNES) a fort à faire pour sauvegarder les intérêts des étudiant·e·s. Elle a ainsi publié une liste de revendications sur certains points clés (https://www.vss-unes.ch/wp-content/uploads/2020/04/2020-04-06_f_Statement_SR20200402.pdf). Une action parmi pléthore d’autres : cela fera bientôt un siècle que l’association milite pour l’égalité des chances, la promotion de la participation des étudiant·e·s aux décisions universitaires, la promotion de la durabilité dans les hautes écoles et l’intégration de l’espace européen de l’enseignement supérieur, en représentant aussi politiquement les étudiant·e·s au niveau national.

500 briques pour soutenir les logements

L’UNES fête ainsi son existence séculaire le vendredi 19 juin 2020. Sur les cent ans d’histoire de l’association, Laura Bütikofer, la responsable des événements décentralisés, retient une date symbolique : « Le 1er juillet 2019, lors de l’Assemblée des délégué·e·s de Berne, l’Association des Organisations Estudiantines des Hautes Ecoles Pédagogiques Suisse rejoint l’UNES. Ainsi, les trois types de hautes écoles y sont représentés. » L’unification des voix de toutes les sortes d’institutions suisses survient après une longue lutte pour l’égalité des chances des étudiant·e·s, notamment par le biais de revendications. Ainsi, l’UNES lance en 1972 la première d’une série de trois initiatives afin d’harmoniser les montants accordés par les différents cantons, variant fortement. En 1987, l’association dépose une pétition visant à maintenir les abonnements ferroviaires à prix réduit pour les étudiant·e·s âgé·e·s de plus de 25 ans. Trois ans plus tard, en 1990, une semaine d’action a pour thème la demande de plus de logements abordables ; elle est conclue par l’envoi provocateur d’une pétition accompagnée de 500 briques au chef du département fédéral des affaires intérieures. Depuis 2015, l’UNES soutient les étudiant·e·s réfugié·e·s voulant être admis dans les études tertiaires. Active en Suisse, elle noue aussi des relations avec des associations estudiantines étrangères, notamment dans le cadre des échanges universitaires, un sujet devenu sensible.

Soutien du programme Erasmus+

En effet, les échanges, mis à mal par la votation du 9 février 2014 sur l’immigration de masse, constituent l’une des revendications présentes de l’association : le retour de la Suisse dans le programme Erasmus+. Actuellement, la Suisse renégocie son statut, mais Laura Bütikofer s’inquiète : « L’UE devra présenter dans les mois à venir un programme de mobilité européen à la Suisse, qui pourra entamer les négociations d’adhésion pour éviter d’avoir le statut de pays tiers. Ce dernier serait catastrophique car la solution suisse offre nettement moins de possibilités ». L’UNES a lancé une pétition pour inciter la Confédération à reprendre les négociations et ainsi éviter de conserver le modèle actuel, la solution suisse, proposant une offre nettement réduite par rapport à Erasmus+ ( https://act.campax.org/efforts/erasmus ).

Un siècle après la création de l’UNES, Laura Bütikofer affirme que l’association a toujours des raisons bien réelles d’exister, notamment en « rassemblant et coordonnant les diversités linguistique, culturelle et structurelle des hautes écoles pour les amener au niveau national. » De sa naissance du temps de la grippe espagnole au coronavirus, l’UNES est ainsi aujourd’hui plus que jamais nécessaire pour défendre les intérêts des étudiant·e·s.

Killian Rigaux

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