Tatouer pour mieux guérir

Si les cicatrices présentes sur le corps d’un individu sont indépendantes de sa volonté, le tatouage, lui, est une marque consciemment choisie, permettant de reprendre le contrôle sur son corps.

Les cicatrices, qu’elles soient dues à des accidents, des maladies génétiques de la peau ou à des opérations chirurgicales, sont un constant rappel des événements responsables de leur présence. Si certain·e·s ne ressentent pas le besoin de les cacher ou de les altérer, ce n’est pas le cas de tous·tes. Certaines personnes ont recours à la chirurgie esthétique afin de faire disparaître leurs cicatrices, tandis que d’autres choisissent une intervention corporelle tout autre: le tatouage. Cette pratique permet à l’individu de transformer une marque sur son corps, lui rappelant un moment difficile, en une œuvre d’art. Le tatouage devient dès lors bien plus qu’une simple modification esthétique; il appartient au processus de cicatrisation. Deux types de tatouages servent ce but: le tatouage paramédical ou le tatouage décoratif. Le tatouage paramédical, ou encore nommé reconstructif, doit être performé par un·e professionnel·le de la dermopigmentation réparatrice. Ce type de tatouage est très présent chez les personnes atteintes de vitiligo ou encore chez les patientes ayant subi une mastectomie. Il sert souvent à la reconstruction de l’aréole du sein et est parfois considéré comme faisant partie intégrale de l’intervention chirurgicale et peut donc être remboursé par l’assurance. Le tatouage paramédical cherche donc à redonner un aspect naturel aux seins de la patiente après une mastectomie.

Tatouage par @camillacrofttattoo

Embellir un corps scarifié

Le tatouage décoratif, lui, cherche plutôt à cacher ou embellir des cicatrices laissées par l’opération et n’est donc pas considéré comme un tatouage reconstructif. Les modèles de tatouages choisis par les femmes atteintes du cancer du sein sont variés, mais une tendance vers la représentation de fleurs est récurrente. Certains tatouages s’étalent sur l’entièreté du sein cachant l’aréole souvent disparue après l’opération, tandis que d’autres utilisent avec habilité les cicatrices afin de les intégrer aux tatouages. Bien que le tatouage décoratif puisse être exécuté par n’importe quel·le tatoueur·euse professionnel·le, il doit être préparé avec l’accord du médecin, afin de pouvoir s’assurer de la viabilité des tissus cicatriciels. Plus qu’un simple tatouage, il s’agit d’un processus de guérison intime, tout aussi essentiel que l’opération qui a pu le précéder.

Furaha Mujynya

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