BASKET · Voilà plusieurs mois que la colère monte au sein de la WNBA (Women’s National Basketball Association). Alors que le championnat étatsunien de basket n’a jamais été autant visible, les salaires de ses joueuses, eux, sont loin de refléter cette évolution.
Les matchs de la WNBA n’ont jamais été aussi regardés qu’aujourd’hui. Un succès qui s’accompagne de fortes retombées financières : d’après Bloomberg, les revenus de l’association ont augmenté de 102 à 119 millions de dollars de 2019 à 2023. Pour beaucoup, le succès grandissant du championnat étatsunien de basket féminin est synonyme d’une avancée historique pour la parité dans le sport. Mais malgré cette augmentation des bénéfices, les salaires des joueuses, eux, stagnent. Alors que celles-ci touchent 9,3% des revenus de l’association, leurs homologues masculins, eux, percevraient entre 49% et 51% des gains de la NBA. Une disparité mise en lumière par l’arrivée de la joueuse Caitlin Clark en 2024 ; avec elle, la WNBA a vu ses ventes de marchandises atteindre un niveau record, sans parler des niveaux d’audience jamais vus auparavant dans le basket féminin. Le salaire de la joueuse, lui, est loin de refléter cette avancée.
« Pay us what you owe us »
Ces différences de traitement ont donc poussé la joueuse star de l’équipe Indiana Fever à agir, et avec elle, tout un syndicat de joueuses indignées par ces inégalités dans leur travail. Lors du match All-Star 2025 de la WNBA en juillet dernier, Clark et ses collègues ont arboré un t-shirt floqué de la mention « Pay us what you owe us ». Les demandes des joueuses s’étant jusque-là heurtées à la résistance de l’association, le recours éventuel à une grève dans le cas où les négociations n’aboutiraient pas avant le début de la prochaine saison a été voté quasiment à l’unanimité en décembre. « Les joueuses sont celles qui construisent cette marque et cette ligue. Il n’y a pas de ligue sans les joueuses passées, présentes et futures, ce sont elles qui ont payé de leur sueur et de leur sang cette augmentation des bénéfices » explique Napheesa Collier, joueuse des Minnesota Lynx, au micro de l’ESPN. Le mouvement « Pay us what you owe us » représente le choc dont le basket féminin a besoin pour atteindre une parité demandée depuis trop longtemps. En ce qui concerne les salaires des joueuses de la WNBA, la balle est désormais dans le camp de l’association, qui se doit de statuer sur la question avant le début de la saison 2026 en mai prochain.
Marine Pellissier
